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Barthélemy Boganda : Centrafrique année 0

https://www.franceinter.fr  mercredi 13 septembre 2017 par Jean Lebrun

 

L’histoire a été décidément cruelle pour ce pays car la mort a fauché avant même l’indépendance le seul homme d’état qui aurait pu le diriger.

 

Son père avait été assassiné dans une opération militaire, sa mère battue à mort parce qu’elle n’avait pas porté le quota de caoutchouc à la compagnie concessionnaire. L’enfant que l’Eglise élèvera et prénommera plus tard Barthélemy avait été retrouvé errant au milieu de nulle part.

 

Au milieu du XIXème, nos cartes de la lune étaient plus précises que celles du centre de l’Afrique. Et, en 1910, quand Boganda vient au jour, la colonie de l’Oubangui-Chari que la France a constituée en joignant le bassin de l’Oubangui à celui du Chari n’est qu’une zone improbable, sous-administrée, aux contours incertains. L’histoire lui a été cruelle : elle a été traversée par les razzias des sultans esclavagistes et la colonisation leur a substitué la brutalité des expéditions militaires et une orgie de concessions. Le jeune Boganda grandit dans un pays dépeuplé, une ombre de pays.

 

Il devient en 1938 le premier prêtre indigène de l’Oubangui-Chari. Et quand, après la Deuxième guerre, il faut bien faire évoluer l’Afrique équatoriale française, il en devient le député au Palais-Bourbon. Il siège sur les mêmes bancs que l’abbé Pierre et lui aussi connaît une métamorphose. Il était le plus beau fruit de la colonisation et il passe bientôt pour un agitateur. Mais l’agitateur devient un arbitre et l’arbitre un interlocuteur, immensément populaire chez les Noirs. « Moi Boganda, j’ai dit à de Gaulle : je t’appelle mon semblable et de Gaulle a répondu : moi de Gaulle, j’ai dit oui ».

 

Il voulait, sous le toit de l’amitié franco-africaine, une grande maison. Une Républicaine centrafricaine dix fois plus grande et plus forte que celle de format réduit qui s’est finalement constituée à partir du pauvre Oubangui-Chari. L’histoire a été décidément cruelle pour ce pays car la mort a fauché avant même l’indépendance le seul homme d’état qui aurait pu le diriger.

 

Programmation musicale : A croiser Hymne (Hymne officiel de la Centrafrique)

Les invités

Jean-Pierre Tuquoi

Journaliste

Les références

Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas écrit par Jean-Pierre Tuquoi (La Découverte)

UN REVE d'AFRIQUE.. Administrateurs en Oubangui-Chari, La Cendrillon de l'Empire écrit par Jean-Joël Brégeon (Denoël)

La France libre fut africaine écrit par Eric Jennings (Perrin)

Barthélémy Boganda écrit par Pierre Kalck (Editions Sepia)

Barthélémy Boganda écrit par Cahiers d'Etudes africaines

La promesse de l'aube écrit par Romain Gary (Futuropolis Gallimard)

3 commentaires

S
Est-ce vraiment la mort de Barthélemy BOGANDA ?
N
BOGANDA EST BIEN S
N
NOUS N'ALLONS PAS LE PLEURER POUR L'ETERNITE. AVEC UNE NOUVELLE MONNAIE PUREMENT AFRICAINE, RETROUSSONS LES MANCHES ET TRAVAILLONS. COMERCIALISONS ENTRE NOUS SANS LIMITATION DE FRONTIERES ET L'AFRIQUE SE DEVELOPPERA ET SERA LA PREMIERE PUISSANCE MONDIALE.

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