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 LETTRE OUVERTE Á SON EXCELLENCE  ANTONIO GUTERRES

Bégong-Bodoli BETINA                                                               Saint-Louis, le 24 octobre 2017

Professeur Titulaire/ Écrivain

Université Gaston BERGER

Saint-Louis, SENEGAL

Tél : 00 (221) 643 66 79

Courriel : begongbetina@gmail.com

 

 

 

Objet :                    LETTRE OUVERTE Á SON EXCELLENCE

                               ANTONIO GUTERRES

                               SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES

 

                           ***

 

POUR LA RENAISSANCE DE LA

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

 

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

            Depuis le 24 mars 2013, la République Centrafricaine, mon pays, ne cesse de descendre aux enfers et ce, malgré la présence des Casques Bleus de la MINUSCA, censés stopper cette descente.

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, permettez-moi de profiter de l’occasion de votre visite dans ce pays meurtri et humilié, tant par ses bourreaux que par ceux qui, officiellement, sont allés le protéger, pour vous demander de chercher à toucher du doigt pendant votre séjour les malheurs qui l’affligent.

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, après le pouvoir des Séléka, et  durant presque toute la Transition, l’État centrafricain contrôlait plus de la moitié de son territoire. Aujourd’hui, il n’en contrôle plus que 20%. A qui la faute ?

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, permettez-moi de vous énumérer certains faits qui, à n’en point douter, ont contribué à la désagrégation de ce territoire :

 

  1. Les Centrafricains ont le sentiment que la plupart des Casques Bleus que votre Organisation a bien voulu envoyer pour nous aider se comportent en touristes. La journée, ils se baladent dans les rues, pour ceux qui se trouvent dans la capitale, faisant fi de voir les agressions et, le soir, ils remplissent les bars et les restaurants en bonnes compagnies.

 

  1. Certains Casques Bleus sont devenus des commerçants. Il y en a qui font venir des marchandises de leur pays sans payer des frais de douane pour les mettre sur le marché. D’autres achètent les produits dans la capitale et les revendent dans des zones éloignées ou à risques à prix d’or. Du reste, certaines boutiques ou supermarchés, ayant pignon sur rue, et appartenant à de Casques Bleus, ne manquent pas dans la capitale.

 

  1. D’autres Casques Bleus, profitant de la pauvreté de nos filles, les abusent. Certains auraient même des « Maisons de passe » exclusivement louées à cette fin. Mieux, ceux qui proviennent des pays voisins importent leurs compatriotes filles pour ajouter à l’exotisme.

 

Excellence Monsieur le Secrétaire Général, c’est dire que s’il est vrai

que l’on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, il n’en demeure pas moins que la persistance de cette opinion négative parmi la population centrafricaine à l’égard de la MINUSCA mérite d’être prise en compte. C’est pour cela que j’attire votre attention pour qu’à votre tour vous attiriez celle des responsables locaux établis à Bangui.

 

            Face à cette situation, qui rend inefficace les Casques Bleus en Centrafrique dans l’exécution de leur mission, en dépit de son caractère robuste, je vous exhorte à faire une chose : intercéder auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour qu’il lève l’embargo sur les armes qui frappe mon pays, afin que nos forces de défense puissent prêter main-forte à ces Casques Bleus. Les Casques Bleus ne sont pas allés là-bas pour mourir. Ce n’est pas leur pays. Par contre, les forces de défense de Centrafrique peuvent accepter de mourir pour leur patrie.

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, l’embargo sur les armes était conditionné par l’installation d’un pouvoir élu, légitime. C’est depuis le 30 mars 2016 que ce pouvoir élu a été installé. Que faut-il encore faire davantage pour que cet embargo soit levé ? En République Démocratique du Congo, ce sont les FARDC qui sont à la pointe du combat contre les groupes armés. Les Casques Bleus ne leur viennent qu’en appoint. Même chose au Mali où, après l’élection du nouveau Président de la République et son installation, l’embargo a été levé. Aujourd’hui, ce sont les forces maliennes qui vont dans les endroits reculés pour défendre leur pays. Pourquoi ne doit-il pas en être de même pour la Centrafrique ?

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, trouvez-vous normal que des groupes armés soient plus armés que l’Etat d’un pays ? Trouvez-vous normal que  600.000 personnes soient en déshérence dans leur propre pays et que plus 2,4 millions aient besoin d’assistance humanitaire d’urgence sur une population de seulement 4,5 millions d’habitants ? Trouvez-vous normal que 80% du territoire d’un pays soit occupé par des groupes armés pendant que ceux qui sont envoyés pour le défendre restent impassibles ou les regardent l’œil goguenard ?

 

            Excellence Monsieur le Secrétaire Général, voilà le cri de cœur que je vous lance afin que vous puissiez contribuer à la Renaissance de la République Centrafricaine. Puissent vos oreilles être attentives à cet appel. Avec tous mes respects,

 

Saint-Louis, le 24 octobre 2017

Bégong-Bodoli BETINA

Professeur Titulaire/ Écrivain

1 commentaire

M
Vraiment il me manque des mots un brave fils du pays alors ya n'a qui sont là sois disons president des partis politiques qui voient que leurs intérêts égoïste et clanique il est temps pour les centrafricains de ne plus être Moutons de panurge dernière tous ses Traitres on vous connais on vous attends le momene plus être Moutons de panurge dernière tous ses Traitres on vous connais on vous attends le moment venu grand merci pour cette lettre ouverte au lieu de reste là à faire des critiques unitil vous êtes où maintenant ou vous Entends plus des femmes des peureux des traître on vous connais on a espoir ça va changer un jour si vous penser que en 2021 on n'ai là pour mettre vos tee-shirt et crier derrière vous vraiment vous perdrez vos temps 2021 c'est le moment d'humiliation pour tous ses partis politiques nous sommes plus vos chiffres d'affaires fini fini c'est fini Nous plus les Moutons de Panurge » lire la suite

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