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Au Congo-Brazzaville, les évêques critiquent sévèrement la gestion du pays

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Réunis à Brazzaville du 8 au 9 mai en session extraordinaire, les évêques congolais ont publié, jeudi 10 mai, un message dans lequel ils jugent sévèrement la crise sociopolitique et économique que traverse le pays.

Dans un message, publié jeudi 10 mai, les évêques de la Conférence épiscopale du Congo se sont livrés à un diagnostic sans concession des « origines du mal » qui mine le Congo-Brazzaville. Ils ont également invité les différents acteurs de la vie sociale, politique et économique à sortir de leur torpeur.

Aux yeux des évêques de la République du Congo réunis en session plénière extraordinaire du 8 au 9 mai, les difficultés que traverse le pays sont liées au changement de Constitution intervenu en 2015. Entrée en vigueur en novembre 2015, la nouvelle loi fondamentale congolaise a été adoptée grâce à un référendum. Elle a notamment permis au président Denis Sassou Nguesso de se présenter et de remporter les élections présidentielles de 2016 malgré le mécontentement de l’opposition et d’une partie de la société civile.

 

À la veille du vote du référendum, dans leur message de Noël 2014, les évêques congolais étaient montés au créneau pour mettre en garde contre le changement de Constitution. Ils avaient, en outre, publié en 2016, un message dans lequel ils appelaient le président Sassou Nguesso « à sauver la République en imprimant un nouvel agir ».

La crise du Pool

Les évêques congolais ont, par ailleurs, affiché leur scepticisme sur l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé dans le département du Pool. Cet accord a été conclu le 23 décembre 2017 entre le gouvernement congolais et les rebelles du pasteur Ntumi, qui s’étaient soulevés en avril 2016 contre Brazzaville. « Des accords de paix sur le papier ne suffiront pas, ont-ils prévenu. Il faudra aller plus loin, en intégrant l’exigence de vérité sur les origines de cette crise récurrente. »

Dans ce message fort, les évêques de la République du Congo ont fustigé la gestion des ressources pétrolières. « Comment s’expliquer notre manque actuel de ressources et notre endettement excessif après dix ans d’embellie au cours desquels le pays avait engrangé des richesses si énormes que même un fonds avait été créé pour les générations futures », se sont-ils demandé en appelant à « l’avènement de l’éthique dans le commerce des matières premières ».

Critiquant durement les inégalités socio-économiques, la Conférence épiscopale congolaise a dénoncé le comportement d’une minorité de Congolais qui s’enrichissent alors que « dans les familles, même le repas unique qui était devenu la règle apparaît de plus en plus comme un privilège ». Dans le même esprit, l’épiscopat du Congo-Brazzaville a condamné les pratiques des entreprises spécialisées dans l’exploitation et le commerce des matières premières, estimant que celles-ci ruinent le pays en y installant la corruption.

Traque des délinquants économiques

Dans leur message du 10 mai, les évêques congolais ont, en outre, soutenu l’initiative de la majorité présidentielle, qui, dans une déclaration rendue publique le 4 avril, a émis le vœu de voir tous les délinquants économiques, impliqués dans le vol des deniers publics être traduits en justice. « Ceux qui ont pris de l’argent appartenant au Congo doivent, en effet, le rendre au peuple qui en est le seul propriétaire », ont-ils commenté.

Les évêques congolais ont enfin appelé au dialogue politique et à la libération des prisonniers politiques. Ils ont aussi invité les laïcs à s’engager dans des actions citoyennes pour bâtir et consolider la démocratie et l’état de droit.

Lucie Sarr

 

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