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En sommet à Erevan, la Francophonie s'apprête à introniser une Africaine

 

AFP

Modifié le 11/10/2018 à 14:25 - Publié le 11/10/2018 à 04:20 | AFP

 

La Francophonie, réunie à partir de jeudi à Erevan, doit nommer à sa tête une Rwandaise, consacrant ainsi la victoire de l'Afrique, soutenue par le président français Emmanuel Macron, qui a réaffirmé dans un discours sa vision plurilinguiste de la défense du français.

"Bienvenue en cette terre d'Arménie éternelle", a déclaré le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, débutant son discours inaugural par un hommage au chanteur franco-arménien Charles Aznavour, décédé quelques jours avant sa venue prévue à Erevan. "Il a porté le nom de l'Arménie", a souligné M. Pachinian. Un concert est prévu jeudi soir en l'honneur de l'artiste.

 

Le petit pays de trois millions d'habitants, dont 6 % de francophones, accueille son plus grand événement international: 26 chefs d'Etat et 3.500 délégués participent à ce XVIIe sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui réunit 84 pays et territoires.

La grand-messe de la Francophonie doit porter à sa tête, vendredi à la fin du sommet, Louise Mushikiwabo, pour un mandat de quatre ans. La ministre rwandaise des Affaires étrangères a la voie libre depuis que le Canada a annoncé, avec le Québec, qu'il retirait son soutien à la secrétaire générale sortante, la Canadienne d'origine haïtienne Michaëlle Jean, qui briguait un nouveau mandat.

La nomination acquise de Mme Mushikiwabo consacre le "retour" de l'Afrique à la tête de l'OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains avant Mme Jean, et entérine son rôle incontournable de locomotive de la Francophonie. "L'épicentre de la langue française est sans doute dans le bassin du fleuve Congo", a ainsi répété le président français Emmanuel Macron.

En vertu de son explosion démographique, l'Afrique, continent sur lequel se trouvent 27 des 54 membres de l'OIF ayant droit de vote, représentera 85 % des francophones en 2050, sur un total de 700 millions, contre 274 aujourd'hui, selon l'OIF.

"Organisation moribonde"

"L'Afrique s'impose comme le moteur de la Francophonie", a renchéri le Premier ministre canadien Justin Trudeau, avertissant cependant qu'Ottawa "continuera de promouvoir et défendre (...) les droits de la personne et la langue française", allusion aux critiques que suscite la nomination de Mme Mushikiwabo.

La candidature rwandaise est accusée d'être contraire à la charte de l'OIF, qui a inscrit "le soutien aux droits de l'Homme" parmi ses missions premières. Le Rwanda pratique "censure, menaces, arrestations, violences, assassinats" contre les journalistes qui osent dénoncer l'autoritarisme de ses dirigeants, a récemment dénoncé l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

"Une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde", a tancé Michaëlle Jean dans une attaque à peine voilée, glissée dans son discours au Sommet.

Récemment interrogée par l'AFP, Mme Mushikiwabo avait assuré que "la majorité des Rwandais (étaient) contents du système démocratique".

Les droits de l'Homme ne sont pas le seul grief fait à la candidature du Rwanda, à qui il est souvent reproché le peu de cas qu'il fait de la Francophonie. Le pays a remplacé le français par l'anglais en tant que langue obligatoire à l'école et a rejoint le Commonwealth, pendant anglophone de l'OIF. C'est d'ailleurs en anglais que le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature de sa ministre.

Mais ce plurilinguisme n'est pas contraire à la défense du français, estime M. Macron : "Le combat fondamental pour notre langue est un combat pour le plurilinguisme", a-t-il répété.

Soulignant les reproches parfois faits à une Francophonie "trop institutionnelle", il l'a appelée à se "réinventer" afin de prouver qu'elle n'est pas "un espace fatigué mais un lieu de reconquête", notamment "contre l'oppression faite aux femmes".

"Le premier combat de la Francophonie, c'est la jeunesse et tout particulièrement en Afrique", a ajouté M. Macron, soutenu par le président nigérien Mahamadou Issoufou, qui a souligné le besoin d'éducation des jeunes pour mettre fin aux "mariages et grossesses précoces".

"Il faut investir dans l'éducation de la jeunesse, celle des filles en particulier", a insisté le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra.

Le président Macron a souhaité une révision de la Charte de la Francophonie, notamment quant aux modalités d'adhésion à l'OIF. "Faut-il se contenter de prendre quelques engagements en matière de respect des droits de l'Homme" pour rejoindre l'OIF ?, s'est-il demandé, alors que le sommet étudie la candidature contestée de l'Arabie saoudite en tant que membre observateur.

11/10/2018 14:24:07 -          Erevan (AFP) -          © 2018 AFP

 

 

Centrafrique et Niger préoccupés par le Sahel

Quant aux deux représentants africains, les présidents centrafricain Faustin-Archange Touadéra et nigérien Mahamadou Issoufou, ils ont pointé dans leurs discours l'engagement de l'instance et de la force G5 Sahel oeuvrant dans la région, née en 2014 dans le cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité.

 

 

DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À EREVAN, LE 07 OCTOBRE 2018 (2)

105e CPF : Bilan de l’action politique, diplomatique et économique de la Francophonie
 
 
Mesdames et Messieurs les Représentantes et les Représentants personnels,
Mesdames, Messieurs,

Sous ce point de l’ordre du jour, j’ai à cœur de dresser le bilan de l’action politique, diplomatique et économique menée par la Francophonie face aux grands défis auxquels notre espace est confronté.

Nous avons beaucoup travaillé ensemble, au cours des quatre dernières années, pour que la Francophonie agisse encore davantage au rythme du monde, pour reprendre le titre de mon Rapport d’activités transmis le mois dernier aux chefs d’État et de Gouvernement, et que j’aurai l’honneur de leur présenter vendredi.

Face aux menaces transversales que sont le crime organisé, la piraterie, le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme violents, qui frappent tragiquement et sans répit notre espace, nous nous sommes mobilisés sans relâche.

Dans la continuité de la Conférence internationale que la Francophonie a organisée en juin 2016 pour une mutualisation de tous nos efforts dans la lutte contre ces fléaux dévastateurs et fidèles aux mandats qui nous été confiés en ce sens par les chefs d’État et de gouvernement aux Sommets de Dakar et d’Antananarivo, nous avons élaboré et mis en œuvre une approche francophone globale et intégrée, qui repose sur trois piliers : sécurité, démocratie et développement.

Nous avons porté, dans les plus importantes enceintes internationales, un plaidoyer vigoureux pour une mobilisation générale. Avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, avec nos 16 Réseaux institutionnels, nous avons cherché à renforcer les capacités des parlements, des acteurs juridiques et judiciaires, pour rendre nos actions contre le terrorisme à la fois plus efficaces, mieux coordonnées, et ancrées sur les principes qui fondent l’État de droit.

C’est dans cet esprit que nous avons lancé, le mois dernier, le Réseau sur la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents pouvant conduire au terrorisme - FrancoPREV – qui renforcera les synergies et les capacités d’action des pouvoirs publics et des sociétés civiles.

Ce Réseau qui va rassembler toutes les compétences et expertises francophones pertinentes – politiques, juridiques, administratives, professionnelles, académiques, et de la société civile – constituera un outil précieux d’avis et d’orientation pour les décideurs.

Avec la même volonté de partager les expériences concluantes en cours dans notre espace, nous venons de publier un Guide pratique intitulé « Lutter contre les discours de haine dans les médias audiovisuels : normes, jurisprudence, bonnes pratiques et études de cas ». Ce Guide est le fruit d’un projet pilote soutenu par notre Organisation, mené par les autorités de régulation des médias du Maroc, de Tunisie et de Côte d’Ivoire, et le Réseau francophone des régulateurs des médias (RÉFRAM).

Il a été présenté lors de la 3ème Conférence internationale pour le dialogue des cultures et des religions, placée sous le Haut-Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que nous avons organisée à Fès, du 10 au 12 septembre dernier. Je salue la mobilisation exceptionnelle des autorités marocaines et le partenariat avec l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (l’ISESCO).

Les recommandations de cette Conférence alimenteront nos programmes et nos actions.

C’est une véritable stratégie multilatérale que nous avons mise en place en à peine deux ans. Le mémorandum d’entente que nous nous apprêtons à conclure avec le Secrétariat permanent du G5 Sahel et qui formalise la coopération engagée il y a déjà un an à Bamako, viendra encore renforcer cette Stratégie.

L’expertise que nous apportons pour la mise en place d’un dispositif de liaison et de coordination des Centres d’études stratégiques, de veille, de collecte de données et de renseignements, et d’alerte précoce, qui émergent dans les pays du G5 Sahel, permettra également de rendre plus efficace la lutte contre les organisations criminelles, terroristes qui déstabilisent cette région et exposent les populations à tous les dangers.

Un autre des enjeux majeurs pour notre communauté francophone, c’est l’ampleur des mouvements migratoires dont nous pouvons témoigner de toutes les dimensions, les conséquences et les drames.

Nous avons là-aussi lancé de nombreux appels à la mobilisation, comme nous y avaient invité la 31ème Conférence ministérielle tenue ici même, à Erevan en octobre 2015, puis la 34ème tenue à Paris en 2017, sous l’effroi des exactions contre les migrants commises en Libye et la révélation de marchés d’esclaves.

J’ai tenu à rendre compte de manière exhaustive de nos actions dans ce domaine, à travers un rapport qui sera remis demain aux Ministres et chefs de délégation.

Il nous revient d’amplifier ces efforts, d’engager notamment nos partenariats multilatéraux, comme ceux noués avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, le Conseil de l’Europe, l’Union africaine, l’Ordre souverain de Malte, ou encore le Comité international de la Croix-Rouge.

Nous en avons pris l’engagement lors de mes rencontres le 17 septembre dernier à Genève avec Peter Maurer, le Président du Comité international de la Croix Rouge (CICR) et Michelle Bachelet, la nouvelle Haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme que j’ai félicitée de vive voix pour son accession à ce poste clé.

Venons-en maintenant aux défis liés à la conduite des processus démocratiques dans notre espace francophone qui portent notamment sur l’exigence d’une approche inclusive, sur l’amélioration de la représentativité des institutions de l’État de droit, mais aussi sur la fiabilité des fichiers électoraux et au-delà, des fichiers d’état-civil.

Ces défis sont analysés dans le « Rapport sur l’état des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone », élaboré avec l’aide d’experts de haut-niveau en prévision de ce Sommet d’Erevan.

Forts de notre expérience et de la confiance dont notre Organisation jouit auprès de l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels, dès que des tensions s’annonçaient, nous avons multiplié les initiatives et déployé plus d’une cinquantaine de missions de facilitation et de médiation ces trois dernières années. Je tiens à saluer l’engagement de mes Envoyés spéciaux et des chefs de missions politiques sur le terrain.

Nous avons aussi approfondi notre expertise en matière d’audit des fichiers électoraux, de régulation des médias, ou encore de gestion du contentieux.

En à peine 4 ans, l’OIF aura déployé, dans une trentaine de pays, et à leur demande, plus d’une centaine de missions d’appui technique, politique et d’accompagnement des processus électoraux.

Nous venons d’ailleurs de publier à l’intention des institutions nationales et des autres acteurs concernés, un premier « Manuel de capitalisation des bonnes pratiques en matière de contentieux électoral dans l’espace francophone ».

Nos efforts ont porté également sur les organisations de la société civile, afin qu’elles soient pleinement reconnues, mieux formées et in fine effectivement impliquées dans les processus démocratiques.

Face aux risques structurels de déstabilisation de l’édifice démocratique qui menacent nombre de nos États, nous avons continué à accorder la priorité à l’action préventive.

Nous n’avons pas ménagé nos efforts pour que les institutions, les acteurs de l’État de droit, notamment les parlementaires, ainsi que tous ceux et celles chargés de la protection des droits et des libertés, puissent pleinement jouer leur rôle de garants de la démocratie, en disposant d’une pleine indépendance et des moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. 

C’est tout le sens du partenariat renouvelé que nous avons établi avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et qui se traduit, dans les faits, par une plus grande synergie de nos actions de coopération et par une convergence politique accrue.

Les Réseaux institutionnels de la Francophonie, qui sont au nombre de 16 et regroupent plus de 600 institutions dans une soixantaine de pays francophones sont des partenaires véritablement stratégiques dans la mise en œuvre de nos mandats en matière de gouvernance démocratique.

Notre expertise pour défendre et promouvoir les droits de la personne est unique et désormais reconnue, comme me l’a redit Michelle Bachelet, la nouvelle Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, à qui j’ai transmis, en mon nom propre, et en celui des Secrétaires générales et exécutive du Commonwealth, de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et du Secrétariat général ibéro-américain (SEGIB), notre soutien indéfectible, alors que des États, et pas les moindres, se dissocient de ce travail inlassable et irremplaçable du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Je pense en particulier à l’expertise que nous avons développée dans le cadre de cet exercice onusien qu’est l’Examen périodique universel. En quatre ans, ce sont plus de 400 fonctionnaires d’une quinzaine d’États membres qui ont été formés au processus EPU par nos experts.

En juillet, quelques mois après avoir développé un Guide interactif à destination des États membres intitulé « L’Examen périodique universel : relever les défis du 3ème cycle », nous avons organisé à Dakar le cinquième séminaire francophone sur l’EPU, réunissant plus de 150 participantes et participants venus des cinq continents.

Notre action a également porté sur la défense de la liberté d’expression, trop souvent encore bafouée dans notre espace.

Le rapport sur « La liberté de la presse et des médias dans l’espace francophone » qu’a bien voulu piloter Hervé Bourges, ancien Président du Conseil supérieur de l’audiovisuel français, dresse un constat sans complaisance.

Mesdames et Messieurs,

Face à la perte de confiance de certains vis-à-vis des institutions traditionnelles de la démocratie, nous œuvrons pour remettre les citoyens au cœur de l’action politique et du projet démocratique.

Je pense à la jeunesse francophone, dont nous n’avons eu de cesse d’encourager l’engagement citoyen.

Je pense à notre inlassable combat en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Je pense aussi au partenariat renouvelé que nous avons établi avec les ONG et les OING francophones.

J’y reviendrai.

Face à la récurrence mais aussi à la résurgence des crises, toujours plus complexes, nous avons inscrit nos actions dans une dynamique de long terme et dans une logique de pérennisation de la paix, et non plus seulement de gestion des conflits.

L’expérience nous montre qu’aujourd’hui, la sécurité et la stabilité durables ne peuvent s’enraciner que dans des sociétés à même de développer la cohésion sociale, de mettre en place des politiques publiques inclusives, et de garantir l’État de droit.

Il nous faut donc proposer des réponses multisectorielles et simultanées, dans une logique de continuum entre gouvernance, développement et sécurité.

Cette approche est au cœur de l’Accord-cadre de coopération que j’ai signé la semaine dernière à New York en marge de la 73è session de l’Assemblée générale avec le Bureau d’appui des Nations unies pour la consolidation de la paix.

C’est aussi dans ce sens que nous poursuivons sur le terrain notre mobilisation auprès des États fragilisés par des crises profondes ou des conflits. Nos interventions dans plusieurs États membres, notamment en République centrafricaine et à Madagascar, s’inscrivent dans cette logique : la Francophonie y poursuit ses actions pour renforcer les institutions de l’État de droit et de la justice et ancrer durablement la démocratie, tout en y déployant de manière coordonnée et planifiée des programmes en soutien au développement économique et social.

Dans cette optique, et afin d’asseoir notre légitimité et de conforter notre efficacité, nous avons engagé une réflexion approfondie sur la manière de mieux valoriser et utiliser nos textes de référence que sont la Déclaration de Bamako et la Déclaration de Saint-Boniface.

Le Manuel des procédures du chapitre 5 de la Déclaration de Bamako que nous vous avons présenté il y a quelques mois participe de cette volonté de rendre notre dispositif toujours plus opérationnel et nos procédures, plus claires.

De la même manière, la « Feuille de Route sur la mise en œuvre de la Déclaration de Saint-Boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, 12 ans après son adoption », publiée il y a quelques semaines, nous permettra de mieux mettre en avant la valeur-ajoutée de nos interventions.

Ce document est le fruit d’un travail collaboratif mené par l’OIF avec le Gouvernement du Canada et l’Université d’Ottawa, à partir des recommandations de la Conférence d’Ottawa organisée en mai dernier.

Il consolide et rénove la stratégie francophone intégrée et de long terme dans ces domaines de la sécurité humaine et de la prévention des conflits, tout en promouvant la paix et le développement.

Enfin, comment envisager l’avenir de la Francophonie, si nous ne défendons pas ardemment le multilatéralisme, qui fait l’objet de dangereuses remises en cause depuis plusieurs années ? Cette question cruciale sera débattue au Sommet. 

L’OIF est fortement engagée sur l’échiquier multilatéral. Pensons par exemple à notre action en faveur du maintien de la paix qui a permis une augmentation réelle de la contribution francophone aux Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU. En avril 2018, le pourcentage du personnel francophone déployé dans ces opérations – militaires, policiers et civils –représente près de 37% du total, soit une augmentation de 14 points depuis 2012.

La mobilisation ciblée de nos efforts et de l’expertise francophone pour répondre aux exigences politiques, linguistiques et techniques des missions de paix a fait ses preuves.

L’Observatoire Boutros-Ghali pour le maintien de la paix est à cet égard un outil essentiel qui nous permettra d’aller encore plus loin.

J’ai d’ailleurs pu exprimer le soutien sans réserve de la Francophonie à la Déclaration d’engagements communs élaborée dans le cadre de l’ « Action en faveur du maintien de la paix » lancée par le Secrétaire général de l’ONU, lors de la réunion de haut-niveau organisée à New York en marge de la 73ème session de l’Assemblée générale.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Voyons maintenant comment cette Francophonie qui agit au rythme du monde est aussi fortement et toujours, mobilisée sur le terrain. Elle l’est en particulier dans plusieurs situations politiques et sécuritaires en cours dans notre espace.

J’évoquerai en premier lieu la situation au Burundi.

Des signes encourageants doivent être relevés, comme la décision du président Nkurunziza de ne pas se représenter à l’élection de 2020, ainsi que les efforts des acteurs politiques, institutionnels et de la société civile en vue de la normalisation de la situation.

Comme je vous l’annonçais en juillet dernier, j’ai dépêché une mission de suivi et de coordination du 22 juillet au 6 août.

Mon Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, le Président Pascal Couchepin étant empêché, j’ai prié M. Boukar Mai Manga, expert politique de haut-niveau, ancien ministre du Gouvernement du Niger, de conduire cette mission. J’ai reçu M. Mai Manga et il est aussi venu devant notre Commission politique, pour partager les principales conclusions de cette mission au cours de laquelle il a été reçu par le Président Nkurunziza.

Il est essentiel que tous les acteurs œuvrent, dans un esprit inclusif et de concertation, à la préparation et à la tenue d’élections générales crédibles qui sont indispensables à la consolidation de l’unité nationale.

Nous soutenons fermement les efforts de la communauté internationale et plus particulièrement de la Communauté est-africaine (CEA) en faveur du dialogue politique inter-burundais sous les auspices du Médiateur, l’ancien Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, et du Facilitateur, l’ancien Président de Tanzanie, Benjamin MKapa.

Parallèlement, en réponse à la demande des autorités burundaises, la Francophonie apportera dans les prochains mois un soutien aux institutions nationales, notamment à celles impliquées dans le processus électoral.

Des efforts sont encore attendus pour que la sécurité, la démocratie, les droits et les libertés soient véritablement garantis au Burundi.

La Thaïlande maintenant.

Nous avons continué à suivre avec la plus grande attention l’évolution de la situation dans ce pays.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire à l’Ambassadeur du Royaume de Thaïlande en France que j’ai reçu fin juillet, la Francophonie reste disponible pour accompagner tous les efforts qui seront engagés vers une ouverture de l’espace politique, la garantie des droits et des libertés, et l’approfondissement d’un dialogue inclusif, en vue des élections législatives de 2019.

Mon Conseiller spécial, l’Ambassadeur Hervé Ladsous, se rendra prochainement à Bangkok, pour envisager nos modalités d’accompagnement.

Notre mobilisation est également totale pour soutenir l’organisation de processus électoraux libres, fiables et transparents.

En République démocratique du Congo, pour l’OIF comme pour l’ensemble des partenaires, organisations régionales africaines, Union européenne et ONU, avec lesquels nous œuvrons en étroite concertation, il demeure prioritaire de tenir, à la date prévue, le 23 décembre 2018, des élections qui soient crédibles, transparentes et inclusives dans un climat apaisé. Car seule une transition démocratique est de nature à permettre la stabilité de la RDC et de toute la région.

La décision du Président Joseph Kabila de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, conformément à la Constitution, est à saluer. Nous prenons également note de la publication par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de la liste définitive des candidatures, ainsi que du fichier électoral.

Il est important que les autorités congolaises respectent le droit de manifester et mettent pleinement en œuvre l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016, tout particulièrement les mesures de décrispation.

Le suivi des recommandations de l’audit du fichier électoral conduit par la Francophonie sera également déterminant pour garantir un processus pleinement inclusif et transparent, accepté par tous les acteurs politiques.

Ces exigences sont d’autant plus importantes que la situation sécuritaire et humanitaire, les violences, violations des droits, des libertés et du droit international humanitaire dont les populations civiles font les frais, demeurent très préoccupantes.

Dans ce contexte, il faut que les autorités nationales sachent s’appuyer sur les partenaires internationaux de la RDC, parmi lesquels l’OIF.

Au Rwanda, nous avons appris soudainement la libération de pas moins de 2400 prisonnières et prisonniers, dont des personnalités bien connues, autorisées à rentrer dans leurs foyers, auprès de leurs familles, même si leur libération a été assortie d’un avertissement sans ambages. Avant-hier, nous apprenions la libération d’une ancienne candidate à la dernière Présidentielle, incarcérée avec sa mère. On peut imaginer aussi les retrouvailles familiales ! Toutefois, j’ai été interrogée ce matin sur la nouvelle loi qui criminalise les caricatures de personnalités politiques.

Au Cameroun, l’OIF a déployé un important dispositif d’accompagnement politique et technique en amont de l’élection présidentielle qui se tient aujourd’hui même.

J’ai dépêché à cette occasion une mission d’information et de contacts conduite par mon Envoyé spécial M. Kadré Désiré Ouéadraogo. Celle-ci est encore sur place aujourd’hui, jour du vote

Au cours des dernières semaines, nous avons apporté un appui multiforme aux acteurs impliqués dans la préparation et l’organisation de ce scrutin : des séminaires sur l’appropriation des textes électoraux et la gestion du contentieux, un atelier de renforcement des capacités des membres et du personnel de la Commission électorale « Elections Cameroon », ainsi qu’un symposium à destination des acteurs du secteur des médias ont été organisés.

Si la Francophonie a souhaité être fortement présente aux côtés des acteurs camerounais, c’est aussi parce que cette élection s’inscrit dans un contexte marqué par des difficultés à la fois sécuritaires et politiques.

Les violences armées et les tensions persistantes dans les régions du Sud-Ouest du Nord-Ouest du pays doivent être fermement condamnées. J’encourage les autorités nationales à faire toute la lumière sur les exactions commises dans ces régions et soutiens les initiatives récentes qui ont été prises en ce sens.

Comme j’ai eu l’occasion de le dire aux autorités camerounaises avec lesquelles je suis en contact régulier, toutes les parties prenantes doivent privilégier le dialogue, afin de dégager une solution pacifique à cette crise et de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale du pays.

Nous sommes également présents à Madagascar où doit se tenir dans un mois le premier tour de l’élection présidentielle.

La démission, conforme aux dispositions constitutionnelles, le 7 septembre dernier, du Président de la République - candidat à cette élection - est une étape importante.

Afin de préserver les acquis démocratiques de 2013, il est essentiel que tous les acteurs politiques, notamment les candidats à l’élection présidentielle, fassent preuve du plus grand sens des responsabilités tout au long du processus, en préservant l’intérêt national et en privilégiant en toutes circonstances le dialogue.

La Francophonie prend toute sa part, aux côtés notamment de l’Union africaine et des Nations unies, pour soutenir les préparatifs et la tenue de cette élection. Sur la base des recommandations de la mission d’évaluation conduite par mon Conseiller spécial en juillet dernier, l’OIF a réalisé l’audit du fichier électoral et conclu que celui-ci était fiable, tout en formulant quelques recommandations en vue de sa consolidation.

Nous avons aussi organisé des séminaires en faveur des institutions et acteurs du processus électoral, notamment la Haute cour constitutionnelle, la Commission électorale nationale indépendante et les médias.

Je tiens ici à vous informer de ma décision de confier la conduite de la prochaine mission d’information et de contacts à M. Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Nous sommes également déjà mobilisés en Guinée, dans la perspective des élections législatives prévues pour le 1er trimestre 2019.

À la suite de la mission exploratoire déployée en juin 2018, j’ai sollicité l’ancien ministre de la Défense du Mali, Mohamed Salia Sokona, pour conduire une mission qui a permis de s’entendre sur les modalités de l’audit du fichier électoral.

Afin de garantir la pleine fiabilité du processus, nous encourageons les autorités guinéennes à mettre en œuvre les recommandations de l’audit mené avec la Commission électorale nationale indépendante, et avec le soutien des partenaires internationaux.

L’OIF est également pleinement engagée pour accompagner, aux côtés de nos partenaires internationaux, les processus de sortie de crise qui sont en cours dans plusieurs de nos États.

Au Togo, nous suivons avec une grande attention l’évolution de la situation, alors que la Commission électorale nationale indépendante a annoncé la tenue, d’ici à la fin de l’année, d’élections locales et législatives précédées d’un référendum.

Il est essentiel que ce processus électoral n’entame pas la dynamique positive qu’étaient parvenus à instaurer les facilitateurs du dialogue inter-togolais, les Présidents Nana Akufo-Addo, du Ghana et Alpha Condé, de Guinée, sans oublier la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (la CEDEAO).

Nous appelons l’ensemble des acteurs à ne pas ménager leurs efforts pour restaurer l’esprit de concertation et de dialogue indispensables à la mise en œuvre de la Feuille de route tracée par la CEDEAO.

Notre Organisation est, bien entendu, disponible pour soutenir ces efforts.

En Guinée-Bissau, des progrès ont été enregistrés dans la résolution de la crise politique et institutionnelle qui secoue le pays depuis plusieurs mois.

Les autorités nationales et les acteurs politiques doivent s’engager résolument en faveur de la mise en œuvre de la Feuille de route, et tout particulièrement pour garantir la tenue des élections législatives à la date prévue, le 18 novembre.

La Francophonie soutient les efforts de la communauté internationale, en particulier ceux déployés par la CEDEAO et reste disponible. 

En République du Congo : des avancées ont également été réalisées au cours des derniers mois, pour la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités dans la Région du Pool.

Elles doivent être poursuivies, en particulier dans le cadre du processus de démobilisation, désarmement et réinsertion ainsi qu’en faveur de la réinstallation des populations déplacées.

Parallèlement, et afin que ces efforts pour la paix s’inscrivent dans une dynamique de consolidation de la démocratie, la Francophonie encourage la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, et marque sa pleine disponibilité à les accompagner.

En Haïti, où les chantiers sont énormes, nous ne pouvons que nous réjouir de la ratification de la nomination du Premier ministre, Jean-Henry Céant, qui, avec le nouveau gouvernement récemment formé, doit désormais s’appliquer à répondre de manière urgente aux attentes légitimes des populations qui ont manifesté au début de l’été leur impatience face à l’absence notable d’évolution de leurs conditions de vie. 

J’évoquerai également la situation au Cambodge, où se sont tenues des élections législatives le 29 juillet. Nous avions alors exprimé notre vive préoccupation face au resserrement de la vie politique et aux restrictions apportées à certains droits et libertés.

Cependant, certains acteurs politiques, journalistes et défenseurs des droits et des libertés ont été libérés. Nous encourageons fortement les autorités cambodgiennes à amplifier cette dynamique et à poursuivre le dialogue ouvert et constructif avec les différents acteurs de la vie politique, de la société civile et des médias.

Si les autorités nationales le souhaitent, la Francophonie apportera son concours aux efforts conduits en vue de l’édification d’une démocratie apaisée, garante des droits fondamentaux.

Je terminerai ce tour d’horizon en évoquant les défis qui doivent être encore relevés pour la stabilisation et la consolidation de la paix dans deux États.

Au Mali, tout d’abord. Je tiens en premier lieu à rendre hommage à la détermination du peuple malien, qui a permis la tenue de l’élection présidentielle sur l’ensemble du territoire dans un contexte sécuritaire des plus difficiles.

Je souhaite saluer l’engagement du gouvernement pour la bonne conduite des opérations électorales, ainsi que la mobilisation des partenaires internationaux, en premier lieu de la Minusma avec la mobilisation de la force Barkhane.

Le 22 septembre dernier, à Bamako, où, à l’invitation du Président Ibrahim Boubacar Keita, j’ai pris part à la commémoration du 58e anniversaire de l’indépendance du pays, je l’ai félicité pour sa réélection, et rappelé à cette occasion combien la Francophonie a contribué, aux côtés de ses partenaires africains et européens, à l’accompagnement des acteurs maliens impliqués dans le processus électoral.

Un message que j’ai porté également à la Réunion de haut-niveau sur le Mali et le Sahel convoquée par le Secrétaire général de l’ONU, en indiquant comment nous inscrirons nos prochaines actions dans les priorités définies par le Président pour son second mandat. Pour l’essentiel, nous contribuerons, comme il l’espère, à la mise en œuvre, rapide, pleine et entière, de l’Accord pour la paix et la réconciliation, au renforcement de la cohésion sociale, si primordiale dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation. Nous agirons pour la restauration des valeurs de dialogue, la réforme de l’Etat et le processus de décentralisation.

Nous apporterons également un appui à la dynamisation des activités entrepreneuriales portées par les femmes, les jeunes, les collectivités rurales. Notre action visera enfin la mobilisation citoyenne des jeunes, leur accès à l’emploi, moyennant une formation professionnelle technique et technologique adaptée.

Déjà, avec mon Envoyé spécial pour le Mali, Monsieur Dileita Mohamed Dileita, nous portons toute notre attention vers les élections législatives prévues en novembre et décembre prochains.

En République centrafricaine, les efforts des autorités nationales pour pacifier durablement le pays et apporter des réponses aux besoins sociaux et économiques des populations, dans un contexte encore de grande fragilité, méritent d’être salués.

Mais la paix sincère et définitive que nous souhaitons est encore bien loin d’être acquise.

Les violences contre les populations civiles, les attaques qui ciblent les Casques bleus de la MINUSCA, les nombreuses populations déplacées ou réfugiées, constituent toujours des facteurs constants de préoccupation.

La mise en œuvre de la Feuille de route sous les auspices de l’Union africaine, avec l’appui des partenaires régionaux et sous régionaux, et qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation nationales - dont la Francophonie est membre observateur - est une priorité.

Comme je l’ai fait lors de la Réunion de haut-niveau sur la RCA à laquelle j’ai participé il y a quelques jours aux côtés du Président centrafricain, Faustin Archange Touadéra et du Secrétaire général Antonio Guterres, je souhaite saluer l’Union africaine pour le rôle déterminant qu’elle joue dans le contexte actuel.

Nous prenons bonne note de l’adhésion annoncée de l’ensemble des acteurs centrafricains à la Feuille de route, ainsi que de l’engagement du Président à appliquer l’accord qui sanctionnera le dialogue national envisagé au terme du processus de consultations.

D’ores et déjà, nous encourageons la mise en œuvre, sans délai, du programme de démobilisation, désarmement, réinsertion et réintégration des ex-combattants.

Parallèlement, la communauté internationale doit impérativement maintenir son soutien financier et technique aux efforts menés dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix 2017-2021, qui vise à assurer le redressement socioéconomique du pays.

Pour envisager un relèvement durable de la RCA, tous ces chantiers doivent être menés de front. La Francophonie, qui a accompagné de manière significative la sortie de crise et le processus de transition, ne dérogera pas à ses responsabilités.

Nous veillerons à coordonner nos efforts, non seulement en faveur de la consolidation des institutions de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité, mais aussi pour le soutien au développement économique et social du pays.

Mesdames et Messieurs les Représentantes et Représentants personnels,

Le développement économique de nos pays constitue un enjeu politique majeur, une condition sine qua non pour la stabilité et la sécurité.

Le positionnement de notre Organisation dans le domaine économique découle du mandat très clair du Sommet de Dakar qui, en 2014, a vu l’adoption de la Stratégie économique pour la Francophonie, avec une priorité donnée à l’emploi des jeunes et des femmes.

Or l’emploi ne se décrète pas. Il découle d’une conjonction de nombreux paramètres autour desquels l’OIF a accompagné ses États et gouvernements.

Ni banque multilatérale de développement ni agence nationale de coopération, l’OIF est intervenue dans un esprit de complémentarité avec les partenaires techniques et financiers pour faciliter la mise en œuvre de politiques nationales favorables à l’emploi des jeunes et des femmes.

Nous tous sommes désormais conscients de l’importance de l’entrepreneuriat pour offrir des opportunités à ces millions de jeunes qui affluent sur le marché du travail. Nous sommes aussi persuadés que l’autonomisation économique des femmes est non seulement un choix efficient en termes de croissance du PIB dans tous les pays du monde, mais aussi un impératif moral pour nos sociétés.

Le programme de soutien à l’emploi des jeunes et des femmes par l’entrepreneuriat a été l’une des actions phares en la matière. Même s’il n’a pas été simple à mettre en œuvre au début, ce programme porte aujourd’hui ses fruits.

Dans les 13 pays ciblés pour commencer, en Afrique subsaharienne et dans l’Océan indien, ce sont plus de 20 000 jeunes et femmes entrepreneurs qui ont été accompagnés, et plus d’une centaine de structures partenaires, de type incubateurs, espaces collaboratifs, rassemblant des TPME et des TPMI, dans plusieurs filières clés, des centres de formation, aussi, qui ont été soutenus.

À l’avenir, à partir de ce socle d’expériences réussies, dont les impacts sont mesurables, ces actions ont vocation à être poursuivies, élargies, et associées étroitement avec celles des bailleurs nationaux et internationaux, à travers leurs programmes, toujours en étroite concertation avec les autorités des pays concernés.

Nous avons encouragé les rencontres entre les acteurs du secteur privé, à travers nos Journées de la francophonie économique, ou encore, en nous associant et en soutenant des forums économiques nationaux et internationaux, tels le Forum économique international des Amériques, dont la Conférence de Paris, après celle de Montréal a eu lieu cette semaine même à l’OCDE. Nous y avons rassemblé les forces économiques présentes autour des enjeux du numérique pour la Francophonie et tout particulièrement, en Afrique.

De jeunes créateurs d’entreprises que nous soutenons y étaient aussi. L’OIF a le souci de toujours les inclure, les femmes entrepreneures également.

Je salue le choix de l’Arménie d’avoir organisé un forum économique en marge du Sommet dédié également au numérique et à l’innovation. 

À ces rencontres que nous favorisons entre les acteurs du secteur privé s’ajoute la coopération bilatérale ou trilatérale entre les États sur des sujets qui peuvent aller du renforcement des filières à valeur ajoutée à la production et la commercialisation du coton ou de certains produits agroalimentaires.

La coopération Sud-Sud est certainement un des axes de développement pour les prochaines années, car elle est pragmatique, réaliste et efficace.

L’accord-cadre de coopération que j’ai signé le 25 septembre dernier à New York avec le Bureau des Nations unies pour la coopération Sud-Sud témoigne de la reconnaissance internationale du rôle de l’OIF dans ce domaine.

Les réseaux francophones que nous soutenons seront aussi un instrument à préserver et renforcer, à l’instar du Réseau des femmes entrepreneures lancé l’année dernière à Bucarest.

Toutes ces actions ont été complétées au niveau politique par celle des réseaux informels des ministres francophones du commerce, des ministres des finances pour les pays à faible revenu, ou des concertations des ministres de l’environnement lors des Conférences internationales sur le climat.

Ces réseaux ou ces concertations ont permis au pays francophones, en particulier les plus vulnérables, de mieux faire entendre leur voix et défendre leurs intérêts légitimes dans les rencontres internationales, à un moment où l’atteinte des Objectifs du développement durable appelle à une convergence des agendas du financement du développement, de l’adaptation au changement climatique, de l’économie verte et des plans d’émergence pour nombre de nos pays. 

La Stratégie économique pour la Francophonie ne dispose que de moyens financiers modestes, il est vrai. Mais sa plus-value est ailleurs et elle est réelle.

Les mutations auxquelles on assiste sur la scène politique internationale se doublent d’une transformation massive de l’économie due au numérique. Cette quatrième révolution industrielle qui se déroule sous nos yeux est source d’immenses opportunités, mais aussi de risques considérables pour ceux qui ne sauront pas s’adapter assez vite.

C’est pourquoi l’OIF accompagne l’initiative du Bénin visant à réunir les ministres francophones en charge de l’économie numérique dans un réseau de concertation informel qui verra le jour la semaine prochaine ici même à Erevan.

Car pour tous nos pays, pour tout l’espace économique de la Francophonie, nous savons que le numérique est notre nouvelle frontière. 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Les sollicitations croissantes à l’endroit de la Francophonie dans des domaines qui se sont étendus au fil des années, et la consistance accrue des coopérations avec les partenaires multilatéraux, illustrent la montée en puissance de notre Organisation dans les secteurs de la paix, de la démocratie et des droits et libertés, mais aussi dans celui de l’économie.

Nous sommes sollicités et attendus, et cela nous oblige. Et je pense toujours à ces populations qui nourrissent des attentes si légitimes à notre égard.

Je vous remercie.

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