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Gabon : victime d’un AVC, Ali Bongo demeure hospitalisé en Arabie saoudite

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DÉCRYPTAGE

 

Gabon : victime d’un AVC, Ali Bongo demeure hospitalisé en Arabie saoudite

 

Par Cyril Bensimon  LE MONDE Le 06.11.2018 à 18h22 • Mis à jour le 07.11.2018 à 09h44

 

Depuis cette défaillance, un triumvirat aurait été mis en place à Libreville pour assurer la continuité de l’Etat.

 

Comment se porte Ali Bongo ? Les questions sur l’état de santé de leur président agitent les Gabonais depuis près de deux semaines. Dans ce petit Etat pétrolier d’Afrique centrale, ceux qui savent en disent le moins possible, observent une omerta de circonstance, pendant que tous les autres spéculent.

Cependant, selon plusieurs sources dignes de foi, Ali Bongo, 59 ans, a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) peu de temps après son arrivée à Riyad, le mercredi 24 octobre. Quelle en est la gravité ? Quelles en seront les éventuelles séquelles ? Il est encore trop tôt pour le dire. « Il a été opéré pour nettoyer le saignement et maintenu en coma artificiel. Pour l’instant, on attend », relate, sous couvert d’anonymat, une personnalité familière du Palais du bord de mer à Libreville.

Dimanche 28 octobre, alors que tout le Gabon bruissait de rumeurs, le porte-parole de la présidence avait rompu le silence en évoquant lors d’une intervention télévisée « un malaise » consécutif à « une fatigue sévère due à une très forte activité ces derniers mois ».

Ike Ngouoni ajoutait alors que M. Bongo « va mieux et se repose en ce moment même à l’hôpital du roi Fayçal, entouré de sa famille et de certains de ses collaborateurs ». Depuis, le silence radio est redevenu de rigueur.

Visite de Mohammed Ben Salman

En dépit des rumeurs sur un transfert médicalisé vers l’Europe, Ali Bongo demeure hospitalisé dans la capitale saoudienne, où le prince héritier Mohammed Ben Salman lui a rendu visite le lendemain de son admission.

Alors que la deuxième édition de la conférence Future Investment Initiative, à Riyad, subissait une vague de désistements à la suite des révélations sur l’affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, Ali Bongo avait maintenu sa présence à ce « Davos du désert » – la seule d’un chef d’Etat africain, avec celle du Sénégalais Macky Sall – pour officiellement « vendre la destination Gabon et attirer ainsi davantage d’investisseurs ».

Deux semaines plus tard, il n’est plus question de cela à Libreville. Alors que personne ne semble en mesure de déterminer si le président reviendra aux affaires et, si tel est le cas, quand ce retour aura lieu, il est déjà acquis que le chef de l’Etat n’assistera pas, dimanche 11 novembre en France, aux cérémonies du centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale, où il était attendu.

Selon La Lettre du continent, publication spécialisée et généralement bien informée sur les arcanes des présidences africaines, depuis cette « défaillance », une « troïka » a été mise en place pour assurer la continuité de l’Etat. Celle-ci serait composée du colonel Frédéric Bongo, le directeur général des services spéciaux de la Garde républicaine et demi-frère du président, de Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet présidentiel, et enfin de Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle.

« Il n’y a pas de vacance du pouvoir »

Si le premier serait chargé de veiller sur la sécurité du pays et des intérêts de la famille Bongo et le deuxième de la gestion des affaires courantes, la troisième personnalité de ce triumvirat joue un rôle essentiel. En effet, c’est elle qui détient le droit de décréter une vacance du pouvoir et ainsi de provoquer une transition en théorie dirigée par la présidente du Sénat.

Contactée par Le Monde Afrique, Marie-Madeleine Mborantsuo se garde bien, pour l’heure, de valider un tel scénario. « En l’état, il n’y a pas d’empêchement définitif ou de vacance du pouvoir. Les institutions fonctionnent normalement et aucune procédure particulière n’a été mise en place pour l’instant », assure la présidente de la Cour constitutionnelle. Reste que, selon une bonne source, dans le climat actuel, des ministres se sont récemment vu interdire de sortir du territoire, sauf autorisation expresse.

Dans ce contexte d’incertitudes, après des mois de mutisme, Jean Ping, le principal opposant du pays, est réapparu publiquement samedi pour « un discours à la nation », dans lequel il invite ses compatriotes au « rassemblement ». « Il y a des moments, dans la vie d’un pays, où tous les enfants d’une même nation doivent transcender leurs clivages », a martelé celui qui se considère toujours comme « le président élu » par les Gabonais, sans évoquer un instant la santé d’Ali Bongo.

« Alors que l’on était dans un scénario d’apaisement, cet accident de santé vient rebattre les cartes du jeu politique gabonais, analyse un observateur étranger sous couvert d’anonymat. Cette situation provoque des flottements aussi bien dans le camp du pouvoir que dans celui de l’opposition, avec des personnalités très pressées de profiter de ce vide. »

 

 

Santé d'Ali Bongo: toujours dans l'attente d'un communiqué des autorités

 

Par RFI Publié le 08-11-2018 Modifié le 08-11-2018 à 11:33

 

A 3 jours des cérémonies du 11 novembre à Paris, la venue du président Ali Bongo paraît de plus en plus hypothétique. Selon les informations de l’agence Reuters, Ali Bongo a été victime d’un AVC, la Lettre du continent parle pour sa part d’un œdème cérébral. Selon le journal Le Monde, Ali Bongo serait maintenu en coma artificiel. A la présidence gabonaise, pas de nouvelle communication. Il y a 10 jours, le porte-parole avait expliqué que le chef de l'Etat gabonais était toujours hospitalisé à Riyad en Arabie saoudite où il a fait un malaise le 24 octobre. Il souffre selon lui d'une fatigue « sévère ».

« Pourquoi ne publie-t-on pas son bulletin de santé ? Dans le cadre du respect de la personne, le gouvernement doit tout de même nous informer de la réalité de la maladie du chef de l'Etat », déclare l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, le chef de file des Démocrates.

Selon une source qui préfère garder l'anonymat, cette prudence peut aussi s'expliquer : « Certains termes médicaux pourraient avoir des conséquences constitutionnelles immédiates ». Confiant que le président va se rétablir, le gouvernement a déjà affirmé que « la question de la vacance du pouvoir n'était pas à l'ordre du jour ».

Or c'est à lui ou aux deux chambres du Parlement de saisir la Cour constitutionnelle afin qu'elle constate éventuellement la vacance du pouvoir. L'article 13 de la Constitution ne prévoit cependant aucune contrainte de temps. « C'est exact, reconnaît un autre responsable de l'opposition, mais on ne va pas attendre 150 ans non plus ».

Si l'état de santé du président Ali Bongo n'évolue pas d'ici là, ou si aucune annonce n'est faite, il existe cependant dans la Constitution plusieurs contraintes juridiques. Ainsi, quand la Cour constitutionnelle aura publié les résultats définitifs des législatives, le gouvernement devra présenter sa démission au chef de l’Etat.

La Constitution prévoit en fait en son article 34 que les fonctions du gouvernement cessent à ce moment-là. Le gouvernement assure l'expédition des affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement. En l'absence du président, aucune loi ne pourra être promulguée.

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