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Idriss Deby affaibli par de lourdes menaces sécuritaires

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Par  La rédaction de Mondafrique

 

Le président Idriss Deby Itno a procédé, le 9 novembre 2018, à un nouveau réaménagement de son gouvernement, le troisième en quelques mois et qui concerne surtout l’organisation de la lutte contre les menaces sécuritaires.

Depuis la promulgation, le 4 mai 2018, de la constitution de la IV ème République tchadienne, Idriss Deby Itno cumule les fonctions de chef de l’État et de chef de gouvernement en l’absence désormais d’un Premier ministre. Cette extrême centralisation du pouvoir s’explique par la montée en puissance des inquiétudes sécuritaires qui deviennent préoccupantes pour le président tchadien.

Rebelles et terroristes

Le Tibesti est de nouveau en ébullition avec les actions d’un mouvement rebelle intitulé le Conseil de Commandement Militaire pour le Salut de la République (CCMDR), renforcé par des combattants venant de Libye. Des affrontements entre l’armée et des présumés terroristes ont eu lieu le 31 octobre dans cette région, entrainant la démission du sous-préfet de Yebbi-Bou qui a mis en cause les militaires accusés de s’en prendre aux populations civiles.

Par ailleurs, les attaques des milices de Boko Haram sont incessantes dans le région du Lac Tchad. Enfin, la région jouxtant la Centrafrique est de plus en plus victime des incursions des rebelles durablement sanctuarisés de l’autre côté de la frontière. Les personnes et le cheptel y sont quasi quotidiennement attaqués.

Les Russes dans le viseur

Au moment où une mobilisation est impérative, les liens possibles entre certains mouvements rebelles centrafricains, soutenus par Moscou, et des opposants à Idriss Deby Itno inquiètent le pouvoir tchadien. Ainsi les Russes, dont l’influence est de plus en plus forte à Bangui, se sont intéressés à Nourredine Adam, un chef de clan sans scrupules qui se trouve à la tête d’une large coalition de groupes armés au nord de la Centrafrique. Le risque d’une déstabilisation du Tchad, allié de la France, par cette coalition hétéroclite (groupes armés, opposants tchadiens, soldatesque russe) est bien réel.

Il fallait réagir, et vite. Par décret du 18 octobre 2018, le chef de l’Etat tchadien a ainsi supprimé le sultanat de la commune de Sarh, le chef-lieu du Moyen-Chari situé au sud du pays. Sans existence administrative, cette structure traditionnelle permet en effet au pouvoir central de contrôler le renouvellement des élites locales. Sauf que la grande majorité des dignitaires et de la population avaient réclamé la suppression de cette entité. Le pouvoir tchadien a préféré céder et resserrer ainsi les rangs autour de lui dans une région fort proche du fief centrafricain de Nourredine Adam.

La sécurité prioritaire

Dans un tel contexte, le remaniement du gouvernement tchadien, le 9 novembre 2018, concerne essentiellement le domaine sécuritaire. L’ancien gouverneur de la région du Lac Mahamat Ali Abba Salah, originaire du Tibesti, devient ministre de l’Administration du territoire, de la sécurité publique et de la gouvernance locale, en remplacement d’Ahmat Mahamat Bachir  qui prend en charge les Mines et le Développement industriel.

Le héros de la lutte contre Boko Haram et ancien Directeur général de la Gendarmerie, Daoud Yaya Brahim devient ministre délégué à la Défense nationale. Ce général quitte l’ambassade tchadienne à Bangui, où il a assisté au rapprochement du président Touadera avec le président soudanais Omar el-Bechir et au développement spectaculaire de la coopération entre la Russie et la Centrafrique.

Le G5 Sahel affaibli

Au pouvoir depuis bientôt 28 ans, le président Idriss Deby Itno est confronté  à une crise multiforme qui ne peut qu’affaiblir la cohésion du G5 Sahel dont le Tchad est pourtant jusqu’à aujourd’hui un des piliers grâce à la réputation excellente de ses forces armées, dont ne bénéficient nullement les armées du Mali, du Niger ou du Burkina.

Le journal français « la Croix » a annoncé que le président français, Emmanuel Macron, pourrait se rendre au Tchad prochainement. « En allant au Tchad dans les prochaines semaines, écrit le quotidien, Emmanuel Macron se rend dans un pays clé pour le dispositif sécuritaire français dans la région. Siège de l’opération Barkhane, la capitale tchadienne joue le rôle de tour de contrôle des éléments français en Afrique ».

Il n’est pas sûr qu’Emmanuel Macron soit bien reçu par le président Déby qui trouve que la participation remarquée du Tchad au G5 Sahel est mal payée en retour par l’ancienne puissance coloniale.

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