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Centrafrique-Yekatom comparaît vendredi devant la CPI

 Centrafrique-Yekatom comparaît vendredi devant la CPI

 

AMSTERDAM, 20 novembre (Reuters) - Le député centrafricain Alfred Yekatom, soupçonné de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, comparaîtra vendredi devant la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé le tribunal de La Haye.

Celui que l'on surnomme "Rambo" a été placé en état d'arrestation en République centrafricaine le 29 octobre, jour où, au cours d'une séance au parlement, il a pointé son arme à feu en direction d'un autre élu et a tiré en l'air à deux reprises. Il a été transféré dimanche à La Haye.

Yekatom est soupçonné de meurtre, déportations et tortures visant des musulmans. Il aurait dirigé un groupe de 3.000 combattants au sein du mouvement anti-Balaka, qui s'est livré à des attaques systématiques contre la communauté musulmane de Centrafrique. Il est également soupçonné d'avoir recruté des enfants soldats de moins 15 ans.

 

(Toby Sterling; Eric Faye pour le service français)

 

 

France : Le transfert du Centrafricain Alfred Yekatom au CPI salué par le gouvernement français

 

Paris, France, 20  novembre (Infosplusgabon) - La France a salué l’arrestation et le transfert, samedi, à la Cour pénale internationale d’Alfred Yekatom, un ancien chef de milices antibalaka, accusé des exactions sur les musulmans centrafricains et déjà mis sous sanctions par l'ONU et les Etats-Unis.

 

«La France réitère tout son soutien à la Cour pénale internationale pour juger, dans un délai raisonnable, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité allégués», a déclaré, lundi, le porte-parole du Quai d’Orsay.

 

Alfred Yekatoum Rombhot, 42 ans, un ancien caporal chef de l’armée centrafricaine et chef de milices antibalaka, puis élu député en février 2016, a été arrêté pour avoir sorti un revolver et tiré, le 29 octobre dernier, pendant que les élus centrafricains étaient réunis pour choisir un nouveau président de l’Assemblée nationale.

 

Arrêté en flagrant délit, il a été dépossédé de son immunité et transféré au CPI, samedi 17 novembre, «pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité» commis entre décembre 2013 et août 2014, selon une source officielle.

 

Alfred Yekatom, rappelle-t-on, a été placé en 2015 sous sanctions du Trésor américain, soupçonné de mener des campagnes d’exactions contre des populations musulmanes, d’avoir tué des civils dans le Sud de la Centrafrique et d’avoir utilisé plus d’une centaine d’enfants comme combattants. Puis, les Nations unies l’ont mis également sous sanctions la même année par une interdiction de voyager et un gel de ses avoirs.

 

RCA: le procureur général s'explique sur le recours à la CPI pour juger Rombhot

 

Par RFI Publié le 20-11-2018 Modifié le 20-11-2018 à 13:55

 

Le chef de guerre centrafricain Yekatom Rombhot a été transféré ce week-end à la CPI où il sera jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. C’est la première fois qu’un Centrafricain sera jugé à La Haye. De quoi soulever des questions à Bangui, alors que la deuxième session criminelle de l’année vient de démarrer. Pourquoi ne pas juger Rombhot en Centrafrique ? Lundi, le procureur général Eric Didier Tambo est sorti du silence et a fait une déclaration officielle à la télévision nationale pour s’expliquer sur le sujet.

Le 24 septembre 2014, la procureur générale de la CPI Fatou Bensouda ouvre une enquête sur la situation en Centrafrique, après que le gouvernement centrafricain a saisi la Cour.

Une volonté politique donc de collaborer avec la CPI, rappelle le procureur général Eric Didier Tambo : « Nous pensons que la CPI est mieux placée puisqu’elle dispose de moyens colossaux pour enquêter dans les lieux où nous, juridiction nationale, on ne peut pas enquêter. Et c’est à la demande des autorités centrafricaines. Si nous pensons qu’on peut juger, on peut le faire, mais si nous pensons que nous n’avons pas encore les moyens nécessaires pour pousser on peut donner à la CPI. L’essentiel, c’est la lutte contre l’impunité, c’est-à-dire de traquer tous les grands criminels, qu’ils sachent que leurs crimes ne seront pas impunis. »

Et de prévenir les groupes armés : « Il peut aussi y avoir des gros poissons qu’on va capturer. Ce n’est pas Rambo seul, il n’y a jamais un sans deux. Nous savons que plusieurs chefs de guerre sont dans le collimateur de la justice. Nous les traquons, la CPI les traque et y compris la Cour pénale spéciale. Pour moi, l’arrestation de Rambo n’est pas un fait du hasard, on s’attendait à cela. La mangue était mûre et puis la mangue est tombée. »

Des enquêtes pour la justice sont en cours en Centrafrique. Un travail difficile dans ce pays où plus de 70% du territoire est contrôlé par les groupes armés.

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