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Centrafrique : le chef d'état-major a suivi une formation en Russie

 

 

AFP  10/01/2019

Le chef d'état-major des forces armées centrafricaines a suivi une formation en Russie, dont l'influence est grandissante dans ce pays ravagé par des combats incessants entre groupes armés, a affirmé jeudi la ministre de la Défense.

Interviewée par l'agence russe Ria Novosti, Marie-Noëlle Koyara a également évoqué le déploiement dans des zones non-contrôlées par le gouvernement de "1.300 militaires" centrafricains formés par des instructeurs civils russes.

"Depuis que ces soldats sont déployés là-bas, la situation n'est pas seulement stabilisée, mais aussi visiblement améliorée", a-t-elle assurée.

Des soldats centrafricains sont notamment formés par Moscou dans l'immense palais de Berengo, à 60 km à l'ouest de la capitale Bangui, une bâtisse où vivait Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur de 1966 à 1979.

Ce centre, ouvert début 2018, "pourrait être agrandi parce qu'il a déjà démontré son efficacité", a indiqué la ministre centrafricaine, évoquant la formation d'"une véritable force armée".

En quelques mois, la Russie a investi tous azimuts dans cette ancienne colonie française, où elle a livré des armes et envoyé au moins 170 instructeurs civils, des mercenaires étroitement liés à des sociétés minières russes. Ils avoisineraient aujourd'hui les 300 à 400 hommes, selon des sources occidentales.

Figure emblématique de cette présence, le Russe Valeri Zakharov conseille directement le président Faustin-Archange Touadéra sur les questions de sécurité.

En conflit depuis 2012, la quasi-totalité de ce pays de 4,5 millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde reste contrôlée par des groupes armés qui combattent pour s'accaparer les ressources minières telles que l'or et les diamants et renforcer leur influence locale.

En juillet, trois journalistes russes enquêtant en Centrafrique sur la présence de mercenaires russes, notamment du groupe Wagner, ont été assassinés dans des circonstances troubles.

Vladimir Poutine a reconnu en décembre l'existence de ces mercenaires et affirmé qu'ils avaient "le droit de travailler" à l'étranger et "défendre leurs intérêts" tant qu'ils respectaient la loi russe.

Face à l'influence croissante de Moscou, la France a livré mi-décembre 1.400 fusils d'assaut aux forces centrafricaines après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU sur les livraisons d'armes dans le pays.

L'armée française était intervenue en Centrafrique entre 2013 et 2016 pour faire cesser les violences de la coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, et les représailles des milices antibalaka prétendant défendre les chrétiens.

 

 

«Un accord qui doit évoluer»: quid de l’installation d’une base russe en Centrafrique?

 

13:00 10.01.2019(mis à jour 13:12 10.01.2019)URL courte

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Interrogée par Sputnik, la ministre centrafricaine de la Défense a détaillé les activités du centre militaire de Bérengo, tout en restant évasive sur les perspectives du déploiement d’une base russe en RCA, parlant d’un accord qui «doit évoluer».

La ministre centrafricaine de la Défense, Marie-Noëlle Koyara, a qualifié de «spéculations» les rumeurs selon lesquelles le centre de formation de Bérengo servirait de «base militaire russe», tout en expliquant que les instructeurs russes qui y sont déployés aident à former les soldats centrafricains.

«Quand on a retenu Bérengo comme centre de formation pour nos militaires, les gens commençaient déjà à dire qu'on va faire de Bérengo une base militaire russe. Ça, c'est des spéculations. Les gens disent, mais nous, on travaille sur la base de notre accord, pas sur la base de spéculations», a-t-elle indiquée dans une interview accordée à Sputnik.

 

Évoquant la possibilité de l'installation d'une base militaire russe dans la République, la ministre est restée évasive, tout en expliquant que la question n'était pas à l'ordre du jour.

«Pour l'instant, nous n'avons pas eu encore à négocier ça. Tout va se faire dans le cadre de l'accord militaire que nous avons signé. Cet accord militaire est la base de toutes nos initiatives», a-t-elle indiqué. Avant de poursuivre: «Ici il y a des choses qui doivent être faites, mais il y aura des discussions entre le chef suprême des armées qui est le Président de la République avec son collègue… Et les ministres vont exécuter».

 

«Je ne veux pas vraiment entrer dans les détails de ce qu'on n'a pas encore commencé dans le cadre de notre accord, c'est un accord qui doit évoluer», a conclu la ministre.

La Russie et la Centrafrique ont signé à la fin du mois d'août 2018 un contrat interministériel destiné à renforcer leurs relations en matière de coopération militaire. Après la signature de ce document qui porte notamment sur la formation des forces armées centrafricaines avec le soutien de spécialistes russes, un centre de formation militaire a été créé à Bérengo, dans le sud-ouest de la RCA.

 

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