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L’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », un catalyseur pour l'intégration économique régionale africaine ? Cas de la sous-région d’Afrique centrale

Il s’est tenu du 26 au 30 mars 2019 (la semaine dernière), à N’Djamena au Tchad, un colloque scientifique international sur les investissements chinois en Afrique centrale, notamment dans les secteurs minier, agricole et des infrastructures.

Organisé par le Centre d’Etudes et de Recherches sur la Gouvernance, les Industries Extractives et le Développement Durable (CERGIED), en collaboration avec l’Institut américain pour la Gouvernance des Ressources Naturelles (basé à New York aux Etats-Unis), ce colloque a réuni des experts, universitaires et chercheurs venus du Cameroun, Gabon, Benin, Tchad, de la Guinée Conakry, RDC, Bulgarie, du Canada, des Etats-Unis et moi de la RCA.

Les experts ont formulé des recommandations fortes et innovantes à l’endroit de la classe gouvernante des Etats de l’Afrique centrale, du gouvernement chinois, des entreprises chinoises opérées dans les Etats de la région et des organisations de la société civile.

Les actes du colloque feront l’objet d’une publication dans les prochains mois. Mais d’ores et déjà,  pour ceux qui sont intéressés, vous trouvez ci-joint le résumé de ma contribution scientifique (qui reste à peaufiner, bien entendu !), présentée lors de cette rencontre d’experts.

 

L’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », un catalyseur pour l'intégration économique régionale africaine ? Cas de la sous-région d’Afrique centrale

 

RESUME

Selon de nombreux écrits, l’amitié entre la Chine et l’Afrique remonte à plusieurs siècles. Les premiers contacts directs par voie terrestre remonteraient à la Dynastie Tang (618-907). Dans la période récente, les relations Chine-Afrique remontent aux années 1950 et le point de repère, souvent cité, est le sommet des pays non alignés de Bandung (Indonésie) en avril 1955, où il y a eu un rapprochement entre l’Asie et l’Afrique avec un intérêt particulier pour la décolonisation.

Plus récemment encore et depuis 2000 notamment, la Chine et l’Afrique ont mis en place une plateforme de coopération, le fameux Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) d’intérêt multiforme (économique, diplomatique, culturel…) qui a obtenu des résultats remarquables, devenant un repère important de la coopération sino-africaine.

Pour preuve, le volume des échanges commerciaux entre les deux parties s'est élevé à 170 milliards de dollars américains en 2017, contre 10 milliards de dollars en 2000. Le septième FCSA, tenu à Beijing en Chine, en septembre 2018, est assorti d’un plan d’action dit « Plan d’action de Beijing » pour la période 2019-2021 (3 ans). Ledit plan prévoit des réalisations dans nombreux domaines dont le développement des infrastructures.

Dans ce domaine, l’initiative « la Ceinture et la Route » est un instrument majeur de la mise en œuvre. Proposée en 2013, par le président chinois Xi Jinping, l’initiative "la Ceinture et la Route" vise à construire un réseau d'échanges commerciaux et d'infrastructures reliant l'Asie à l'Europe et à l'Afrique, en vue de promouvoir une véritable intégration économique partant de la Chine en passant par la région Eurasiatique jusqu’en Afrique et l’Océanie.

Les besoins immenses de l’Afrique en infrastructures et sa part marginale dans les échanges mondiaux justifient incontestablement l’intégration du continent à cette initiative chinoise. La carence en infrastructures est davantage flagrante en Afrique centrale. Les infrastructures de la région sont en effet les plus limitées du continent. Celles qui existent nécessitent bien souvent de lourds travaux de réhabilitation. Cependant, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) a conçu un Plan dénommé « Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PDCT-AC) » en vue de « doter la sous-région d’infrastructures de transport sûres, fiables, efficaces et offrant des services à des coûts abordables ».

Ce programme intégrateur – qui a dégagé un Premier Programme Prioritaire composé de 55 projets (dont 44 projets routiers ; 3 projets ferroviaires ; 6 projets portuaires et maritimes ; 1 projet fluvial et lacustre ; 1 projet aérien) –, peine à se mettre en œuvre faute, non seulement de financement mais aussi de volonté politique. Spécifiquement, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) – un démembrement de la CEEAC – bénéficient d’ores et déjà de considérables investissements chinois dans les infrastructures.

Ce sont par exemple les cas du 2 port en eaux profondes de Kribi au Cameroun, de la route Pointe-Noire-Brazzaville au Congo, du pont de Sapéké en Centrafrique, pour ne citer que cela, financés par la Chine. L’initiative « la Ceinture et la Route » pourrait être un catalyseur et est donc une opportunité à saisir par les Etats d’Afrique centrale en vue de l’exécution d’une bonne partie de cet ambitieux programme.

Cela passerait par l’adhésion des Etats membres de la CEEAC à l’initiative et, par voie de conséquence, par la signature des accords de coopération de chacun de ces Etats avec la Chine d’une part et d’un accord entre les institutions CEMAC / CEEAC et Pékin d’autre part, dans l’optique d’appui de la Chine, dans la réhabilitation et la construction des routes, voies ferrés, aéroports et ports, dans le cadre de « la ceinture et la route ». Une forte dotation des pays en ces infrastructures est indispensable pour la facilité d’interconnexion des Etats, favorisera de facto l’intégration économique sous-régionale (à l’échelle de l’Afrique centrale) voire régionale (à l’échelle continentale) en général.

Cependant, pour mieux bénéficier des opportunités qu’offrent les investissements chinois dans la région, les Etats se doivent d’inscrire dans l’agenda politique le développement de l’expertise et d’une certaine capacité de négociation nationale/régionale ; de prôner auprès des partenaires chinois le transfert de technologies afin de permettre la transformation sur place d’une partie significative des matières premières ; d’impliquer fortement les organisations de la société civile dans le monitoring des projets ; pour ne citer que cela.

 

* Dr. Thierry BANGUI Consultant international, Universitaire et essayiste Président exécutif de l’ONG « Afrique Développement » Bangui, République Centrafricaine

1 commentaire

N
EN REALITE, UN VRAI PLAN DIRECTEUR D'INTEGRATION DE LA SOUS REGION CEMAC NE DOIT PAS PASSER PAR LA REALISATION DE PLUSIEURS PROJETS A LA FOIS LORSQU'ON PARLE D'UN AMBITIEUX PROGRAMME INTEGRATEUR DE 55 PROJETS DONT: 44 ROUTIERS, 3 FERROVIAIRES, 6 PORTUAIRES ET MARITIMES, 1 FLUVIAL ET MARITIME ET 1 AERIEN. LA QUESTION ESUTIERS, 3 FERROVIAIRES, 6 PORTUAIRES ET MARITIMES, 1 FLUVIAL ET MARITIME ET 1 AERIEN. LA QUESTION EST DE SAVOIR: QUI VA FINANCER TOUT CES PROJETS ? CROYEZ VOUS QUE LES PAYS CONCERNES SE METTRONT AUTOUR DE LA TABLE POUR DISCUTER CHAQUE FOIS ET MENER CES PROJETS A BOUT ? POURQUOI CITER UN TEL RÊVE AUX AFRICAINS QUI LE JOUR AU JOUR SE BATTENT POUR LEUR SURVIE ? N'EST T'IL PAS RAISONNABLE DE PROPOSER UN SEUL PROJET IMPORTANT ET ASSEZ SOUPLE A LA FOIS TEL QUE LA REALISATION D'UNE LIGNE DE CHEMIN DE FER TRANSCONTINENTAL SINON SUBSAHARIEN QUE D'ENVISAGER UN RÊVE TROMPEUR DE 55 PROJETS ? » lire la suite

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