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POUR SAUVER UN PEUPLE  par David KOULAYOM-MASSEYO

                                                               

 

   Même dans leurs rêves les plus fous, les Séléka n’ont jamais imaginé la divine surprise qui vient de  leur tomber sur la tête , eux qui étaient proprement éjectés  du pouvoir après dix mois  d’une gestion calamiteuse qui les disqualifiait à jamais . Seulement comme le disait Winston Churchill, Touadéra et son mentor Bozizé avaient hier le choix entre le déshonneur et la guerre  .  Ils n’ont rien fait et aujourd’hui  Touadéra a le déshonneur ET la guerre  . La RCA ne mérite pas cela  .

    I . Une situation ubuesque

   Avez-vous remarqué la table du conseil des ministres du gouvernement Ngrébada 2 ? On se croirait à un sommet international  . Le Président Touadéra a cru bon de rappeler les règles de la bonne gouvernance à des ministres qui regardaient leurs chaussures ou ailleurs, déjà perdus dans leurs calculs mesquins pour piller les maigres ressources de la RCA et tout surpris d’être assis là . Le discours du Premier Ministre qui a suivi est également tombé à plat . Dire que le budget du pays allait être transformé en budget de fonctionnement pour ce gouvernement pléthorique sans oublier les multiples conseillers du Président dont certains ont rang de ministres d’Etat !

    Devant cette situation extraordinaire où une défaite en rase campagne est présentée comme une victoire, je me suis pris à rêver que les Centrafricains dans leur immense majorité allaient descendre dans la rue pour ceux qui sont au pays ; prendre leurs plumes pour ceux de l’extérieur et éventuellement occuper les ambassades pour protester vigoureusement contre la cession de leur pays aux apatrides qui l’occupaient déjà indûment depuis 2013 .

   Mais à part le compatriote Prosper INDO qui comme d’habitude a réagi promptement pour dénoncer ces ministères morcelés par exemple pour satisfaire l’appétit féroce des saigneurs de guerre, rien  est vraiment venu de la part de compatriotes si actifs pour des futilités  .

Les rares réactions centrafricaines laconiques sur Facebook ne sont pas à la hauteur du séisme qui a frappé la terre de nos ancêtres  .  On a vendu leur pays et les Centrafricains se taisent et regardent ailleurs  . Qu’espèrent-ils en définitive ? La paix et la sécurité ? Rien de moins sûr . La balkanisation ? Elle est actée par décrets confirmant les chefs de guerre dans leurs fiefs aux ossements centrafricains à peine calcinés  .

   Cette faillite collective interpelle d’autant plus que même les partis politiques sont restés muets comme des carpes devant un gouvernement inclusif qui les a exclus de fait pour faire la part belle aux hommes armés  . C’est dire leur insignifiance  .

     II . Ils sont allés à Canossa

   Le Président de la Commission Africaine, Moussa Faki ( fakir ? ), l’homme de paille du Président tchadien et le diplomate  Ismaïl Chergui ont joué sur du velours à Khartoum et surtout à Addis Abéba  face à une délégation centrafricaine partie les mains vides, sans vision à part la certitude de son chef de devenir Premier Ministre à son retour de Khartoum, d’où ce sourire béat de satisfaction qui l’accompagnait partout .  Les uns et les autres ont passé par profits et pertes les victimes centrafricaines et les Recommandations du Forum de Bangui qui ont banni l’impunité  .

   La question est : quels sont les spécialistes ( juristes, sociologues, historiens, philosophes, psychologues, géographes, politologues… centrafricains ) consultés ou associés à cette négociation vitale pour l’avenir de la RCA ?

    Au  nom de quoi des gens cooptés sur une base népotique vont-ils se rendre à Canossa pour se couvrir de honte tout en hypothéquant gravement et  durablement  l’avenir de notre pays ? La RCA n’appartient ni à Touadéra, ni à Ngrébada qui ne doivent être vus que comme ses simples serviteurs  .  L’échec qui se profile déjà à l’horizon peut être considéré comme l’échec personnel de Touadéra  et sera mis à son volumineux passif  . 

    De timides réactions nous parviennent, faisant état du mécontentement des Centrafricains devant l’emploi des FACA pour monter la garde devant les maisons des nouveaux ministres  .  A ce rythme, le gouvernement après avoir légalisé la rébellion devra parachever son œuvre en organisant le retour triomphal de Michel Djotodja à Bangui ; ainsi la boucle serait bouclée  .  Et pourquoi  pas lui remettre purement et simplement le pouvoir ?

    C’est quand la situation paraît désespérée qu’il faut se réveiller . Peuple centrafricain, tu dois prendre ton destin en mains pour te sauver toi-même car tu es en danger de mort  . La balle est TOUJOURS dans ton camp !  Cherche une plateforme politique avec les associations, la société civile, les militaires , les wali gara, les Boubanguéré, les paysans, les retraités (maltraités), les étudiants…pour sauver la RCA d’une catastrophe annoncée . Le slogan doit être facile à trouver du genre : « Pour sauver la RCA, le patriotisme suffit » . 

 

                          Le 31 mars 2019

                          David KOULAYOM-MASSEYO .

 

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