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Accueil » Point de vue » Faustin-Archange Touadera: "Il n’y a pas de paix durable bâtie sur l’impunité"
Faustin-Archange Touadera:

 

 

https://www.dw.com 04.04.2019

 

Dans un entretien accordé à la DW, le président centrafricain Touadéra revient sur l'accord de Karthoum entre gouvernement et groupes rebelles. Il évoque le statut de ces présumés rebelles et la position de la justice.

De passage à Bruxelles dans le cadre de la conférence Africa-Belgium Business week qui a mis son pays à l'honneur cette année, le président centrafricain Faustin-Archange Touadera a tenu à rassurer les investisseurs belges sur l'amélioration du climat économique et sécuritaire dans son pays. Il a par ailleurs rappelé que la Centrafrique sort de plusieurs années de crise mais qu'aujourd'hui le pays travaille dur pour redorer son image et endiguer plusieurs maux entre autres le chômage qui affecte les jeunes.

Dans son interview accordée à la DW, Faustin-Archange Touadera évoque l'accord de Karthoum conclu récemment à Addis-Abeba entre son gouvernement et des groupes rebelles. L’accord de Khartoum signé le 6 février, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l’UA est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé. Certains groupes rebelles signataires de cet accord de paix sont actuellement membres du gouvernement inclusif mis en place à Bangui en fin mars. Mais le président Touadera rassure que justice sera rendue pour les victimes.

 

DW: Monsieur le président bonjour. Un accord a récemment été conclu à Karthoum. Celui-ci a débouché sur la formation d’un gouvernement inclusif avec des groupes rebelles. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet?

 

Touadera: Le 6 février à Bangui nous avons signé un accord pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et les groupes armés. Dans cet accord-là, l'article 21 prévoit un gouvernement inclusif, et c'est ce que, sans tarder, nous avons commencé à mettre en œuvre. Le 3 mars, nous avons mis en place un gouvernement inclusif, mais il semble que certains des groupes armés ont estimé que le niveau de représentativité n'était pas très bon et il y a eu quelques contestations. Mais évidemment comme dans l'accord est prévu des mécanismes d'échange sur certaines questions, donc le 18 mars, l'Union africaine qui est facilitatrice, a convié les groupes armés et le gouvernement à une discussion au jour d'aujourd'hui. A Addis donc il y a eu entente. Nous sommes en train de mettre en œuvre. Et un gouvernement a été mis en place avant de venir ici. Juste le jeudi dernier, j'ai tenu le premier conseil et je pense que le mardi 2 avril, le Premier ministre a fait un conseil de cabinet et les choses se passent bien.

 

DW: Au niveau de la justice, est-ce que ces personnes qui sont présumés rebelles pourront un jour comparaître devant la justice. ? Parce que les gens grincent des dents. Qu'est-ce que vous répondez aux gens qui se posent des questions par rapport à cela?

 

Touadéra: Ce qui est bien dans cet accord, c'est que tout le monde reconnaît que l'impunité n'est pas bien pour la paix. Aussi bien les groupes armés que tout le monde. Donc il n'est pas question d'impunité ici. C'est pour cela qu'un mécanisme a été mis en place. Nous avons commencé à mettre en place la commission inclusive qui d'abord a un rôle pédagogique et qui pourra qualifier les types disons de situations, qu'est-ce qu'il faut en faire. On va étudier. Ensuite le relais sera pris par la Commission vérité justice réparation et réconciliation. Et ça n'empêche pas que justice soit rendue. C'est non à l'impunité, non à l'impunité. Bien sûr nous mettons en place un certain nombre de mécanismes qui permettent dans cette période de continuer à travailler. Cette commission est justement faite pour ça.

 

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