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Centrafrique : le Conseil de sécurité va réexaminer les mesures d’embargo sur les armes

Centrafrique : le Conseil de sécurité va réexaminer les mesures d’embargo sur les armes

 

http://adiac-congo.com  Mercredi 10 Avril 2019 - 13:23

 

Dans une déclaration rendue publique par la présidence de l’instance de l’ONU, occupée actuellement par l’Allemagne, les membres du Conseil se sont dits, le 9 avril, disposés à réévaluer les dispositions liées au blocus imposé au gouvernement centrafricain pour éventuellement les suspendre ou les lever progressivement.

Le Conseil a salué « les efforts considérables accomplis par les autorités centrafricaines, en coordination avec les partenaires internationaux, pour faire progresser la réforme du secteur de la sécurité ». Ses membres se sont, par ailleurs, félicités de la signature, le 6 février dernier à Bangui, d’un accord de paix entre le gouvernement et quatorze groupes armés.

Fort des termes du document, le Conseil de sécurité a exprimé son intention de définir, au plus tard le 30 avril, des objectifs de référence clairs et précis relatifs à la réforme du secteur de la sécurité, au processus de Désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR). Il envisage également des réformes sur la gestion des armes et munitions, comme base sur laquelle ses membres pourront se fonder pour réexaminer les mesures d’embargo sur les armes imposées à la Centrafrique.

Les objectifs de référence pour lesquels l’ONU se propose de faire ce travail sont d’ores et déjà connus. Il s’agit d’inciter à des progrès dans la mise en œuvre effective par le gouvernement du programme national de DDRR; l’établissement par le gouvernement d’un document de planification indiquant en détail les besoins concernant les installations de stockage d’armes et munitions, la formation des membres des forces de défense et de sécurité, et la vérification de leurs antécédents. Ceci, dans le but d’assurer la gestion de ces armes et munitions et de ces installations, et adoption de mesures concrètes pour accroître de manière satisfaisante les capacités de stockage et de gestion.

A ces objectifs s’ajoutent la finalisation par le gouvernement d’un protocole relatif à l’enregistrement et à la gestion des armes livrées aux autorités centrafricaines; la conclusion de la mise en service de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères, de petit calibre et le commencement des travaux de la Commission ; l’établissement d’un protocole relatif à la collecte, la destruction ou au transfert aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure des armes et munitions en surplus, non enregistrées ou détenues illicitement, qui ont été saisies par les autorités.

Rappelons que les autorités centrafricaines ont plusieurs fois vainement demandé la levée de l’embargo sur les armes. Mais deux pays, notamment la Russie et la France, ont obtenu depuis 2017 des exemptions pour livrer des armes à la Centrafrique dans le cadre de la reformation de son armée. Par contre, une demande chinoise similaire n’a pour l’heure pas abouti pour des raisons inconnues.

 Nestor N'Gampoula

 

 

Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra optimiste à l’avenir de l’accord de paix

 

http://adiac-congo.com    Mercredi 10 Avril 2019 - 14:08

 

Le président centrafricain a dit, le 9 avril, croire que le gouvernement et les groupes armés parviendront sûrement à mettre en application le texte signé en février à Khartoum, au Soudan, et ayant débouché sur la formation d’un gouvernement incluant plusieurs de leurs membres.

En visite à Washington, Faustin-Archange Touadéra a évoqué l’importance de l’accord, le huitième du genre signé depuis le début de la crise centrafricaine marquée par le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé. Il a souligné que le document comportait des mesures sur des sujets cruciaux comme le partage du pouvoir.

Fin mars dernier, le chef de l’Etat centrafricain avait désigné un nouveau gouvernement accordant davantage de portefeuilles aux groupes armés signataires de l’accord de paix.

« Nous pensons que le texte peut être le dernier accord si nous tous, nous engageons fermement à sa mise en œuvre (…). Cet accord a quelque chose de plus que les autres parce que toutes les parties prenantes ont eu le temps nécessaire pour discuter tous les points qui ont fait l’objet du document »,a-t-il déclaré lors d’une rencontre à l’institution United states institute of peace.

L’accord de paix a aussi réglé des questions importantes comme la demande insistante de certains combattants de ne pas être poursuivis en justice, selon le président centrafricain.

« C’est vrai qu’il y a eu des moments difficiles dans ces négociations, notamment les questions de l’impunité - c’est à dire, la question d’amnistie - et aussi le partage de pouvoir (…). Mais je pense que, en respectant les paramètres, toutes les parties se sont rendues compte que nous ne pouvons pas avoir la paix en mettant de côté les questions de justice », a-t-il poursuivi.

Durant son séjour dans la capitale américaine, Faustin-Archange Touadéra doit rencontrer le chef de la diplomatie, Mike Pompeo. Il entend, par ailleurs, encourager les investissements américains dans son pays, riche en ressources naturelles.

En réponse aux préoccupations de certains pays, dont la France, qui s’inquiètent de l’influence grandissante de la Russie en Centrafrique, le chef de l’Etat centrafricain a défendu l’implication des autorités russes sur le terrain, tout en faisant valoir les exemptions à l’embargo sur les armes accordées à Moscou par l’ONU. « Il y a de la place pour tout le monde en Centrafrique », a-t-il assuré.

Pour rappel, notons que la Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013, notamment après le renversement de François Bozizé par la Séléka, rébellion à majorité musulmane. Les exactions commises par cette coalition avaient suscité une riposte de milices d’auto-défense, baptisées antibalaka. Pour rétablir la sécurité, la France avait alors lancé l’opération militaire Sangaris, sous mandat de l’ONU.

 

 Nestor N'Gampoula

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