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Centrafrique : trois jours de deuil après un nouveau massacre*

 

 AFP|24 mai 2019, 7h27

 

Une cinquantaine de civils ont été tués dans une série d’attaques attribuées à l’un des groupes armés qui ont signé l’accord de paix en février.

Plus de 50 civils ont été tués ces derniers jours en Centrafrique, dans une série d’attaques attribuées à un des nombreux groupes armés sévissant dans la région, le groupe 3R (Retour, réclamation, réconciliation). Il s’agit de la tuerie la plus importante depuis la signature, le 6 février dernier, d’un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés.

Ce nouveau massacre a été perpétré près de la ville de Paoua, à proximité de la frontière avec le Tchad, selon la force onusienne dans le pays (Minusca). Une enquête a été ouverte par les autorités locales, avec le soutien de l’ONU. Des Casques bleus patrouillent dans la région avec les forces armées centrafricaines.

Le colonel Sow, chef des opérations de la Minusca, a évoqué « un acte terroriste ». « Il n’y a pas de base des 3R dans les environs de la tuerie, cela signifie qu’ils sont venus de loin, et ils ont agi presque simultanément sur différents sites, donc on peut parler d’attaques coordonnées », a-t-il détaillé.

Deuil national et drapeaux en berne

Ce massacre survient après qu’une religieuse franco-espagnole de 77 ans, Inès Nieves Sancho, a été retrouvée égorgée, lundi, dans un village du sud-ouest du pays où elle enseignait la couture à des jeunes filles.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décrété trois jours de deuil national sur tout le territoire, jeudi, vendredi et samedi, en hommage aux victimes du massacre et à la religieuse assassinée. Le drapeau national est mis en berne pendant ces trois jours, qui ne sont pas fériés.

Le groupe 3R, qui prétend défendre la communauté peule, a signé l’accord de paix de février. En retour, son chef, Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), a été nommé le 25 mars « conseiller spécial militaire » auprès du Premier ministre, en charge de la mise en place des unités mixtes associant membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et groupes armés.

Un ultimatum au groupe 3R

La mission de l’ONU dans le pays et les autorités centrafricaines lui ont lancé mercredi un ultimatum pour qu’il livre dans les 72 heures les auteurs présumés du massacre et qu’il démantèle ses installations.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « exhorte tous les groupes armés signataires à cesser immédiatement et sans équivoque toutes violences, conformément aux engagements pris dans l’accord de paix ».

De son côté, la France a condamné cette attaque et « appelle à ce que les responsables soient traduits devant la justice dans les plus brefs délais », selon la porte-parole du quai d’Orsay. « Cette attaque démontre l’urgence du désarmement et de la démobilisation des groupes armés qui, à Bangui comme dans le reste du pays, doivent cesser toute forme de violence et d’activités déstabilisatrices, déposer les armes et s’engager sans délai et sans condition dans le processus de paix », ajoute la porte-parole du ministère.

 

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