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UN ETRANGE REGIME  par David KOULAYOM-MASSEYO

                                                                   

 

   Un régime politique qui laisse massacrer sa jeunesse n’a pas d’avenir . Museler l’opposition démocratique n’est pas une solution à la crise centrafricaine . Menacer cette opposition ou la dénigrer est encore pire .

   I . Le cas Touadéra

   Le Président élu des Centrafricains , présenté hier comme un KNK honteux serait-il devenu, au sommet de l’Etat, aujourd’hui,  un Séléka honteux également ?

   En réalité, qui est cet homme sans affect, sans réaction devant les massacres répétés de son peuple, de ses électeurs et de ses semblables ?

    On le dit chrétien et même le pilier de son église . Qu’a-t-il fait du « tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? Entre nous, qui est le prochain de Touadéra ? Sûrement pas les paisibles populations centrafricaines journellement fauchées par les alliés de Touadéra que sont les intégristes stipendiés de l’extérieur et qui sont en RCA avec un agenda caché . Sûrement pas les prêtres qu’il laisse sans protection tout en sachant qu’ils sont devenus les cibles privilégiées des tueurs . Sûrement pas les étudiants de l’unique Université de Bangui laissée en friche depuis son passage à la chancellerie . Alors, Qui est le prochain du Président élu des Centrafricains qui ne condamne jamais le meurtre planifié de son peuple et se contente de décréter des jours de deuil ? Sur qui compte-t-il pour se faire réélire s’il reste sans voix aujourd’hui ? Cet homme est une énigme …

   II . La nécessité d’une plateforme

   Devant la démission du gouvernement qui a cédé tout à la Séléka et son silence éloquent, il est vital de s’organiser en face pour redonner de l’espoir au peuple centrafricain . Un gouvernement qui dispose de tous les moyens d’action dont il n’ose se servir : diplomatique, militaire, médiatique…Alors qu’il fiche la paix à ceux qui ont le courage de penser autrement que lui ! Qu’il leur laisse au moins le ministère de la parole ! La plateforme des associations, des partis politiques et de la société civile n’est pas l’ennemi du peuple : elle en est l’émanation . Lui en vouloir comme le font le gouvernement et ses laudateurs, revient à casser un thermomètre qui indique la fièvre sans en être la cause .

   Des milices dénommées « les Requins » seraient déjà à pied d’œuvre dans tous les arrondissements pour en découdre avec les signataires de la plateforme, leurs enfants, leurs épouses, leurs parents …Un gouvernement qui se montre fort avec les faibles et faible avec les forts est un gouvernement  dont les jours sont comptés . Ce gouvernement se trompe de combat  quand il invente des ennemis imaginaires simplement parce que des citoyens centrafricains ont osé protester contre le bradage de leur pays . Répétons-le : la RCA n’appartient ni à Touadéra ni à son gouvernement .  C’est dans les dictatures que les débats d’idées sont proscrits .

   La balle reste toujours dans le camp du peuple centrafricain . A lui de dire s’il souhaite continuer à jouer à ce jeu mortel  avec un Président dénué d’empathie, autiste, qui ne compatit jamais, qui donne l’impression d’être ailleurs , sur une autre planète alors que son pays brûle depuis six ans . Les Séléka tuent aujourd’hui plus de Centrafricains que pendant la transition de Samba Panza . C’est dire…Trop c’est trop .

                           Le 9 Juin 2019

                            David KOULAYOM-MASSEYO .

         

  

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