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RCA: un «désastre écologique» dans la zone de Bozoum

 

Par RFI Publié le 15-07-2019 Modifié le 15-07-2019 à 20:40

 

Des compagnies minières chinoises responsables « d'un désastre écologique dans la région de Bozoum » au nord-ouest de Bangui, c'est ce que dénonce un rapport parlementaire publié samedi 13 juillet. Entretien avec le rapporteur de la mission parlementaire.

Ce rapport, établi à la suite des plaintes des populations, dénonce à la fois la pollution engendrée par quatre compagnies chinoises, la complicité des responsables locaux et les violences, contre les populations, commises par les forces armées centrafricaines qui protègent les exploitants.

Ce rapport n'est pas le premier et les dénonciations d'abus commis par les compagnies minières en Centrafrique sont récurrentes. Rapports parlementaires, rapports ministériels, rapports onusiens… Depuis 2016, le constat est toujours le même à savoir que de nombreuses compagnies minières exploitant l'or en Centrafrique commettent des abus.

En juillet 2018, une enquête interministérielle a infligé des amendes à une entreprise chinoise, présente dans la région de Yakolé, qui exploitait l'or sans permis. Quelques mois auparavant, l'ONU épinglait une coopérative minière travaillant avec d'autres compagnies qui employait d'ex-miliciens anti-balaka pour leur sécurité.

►À lire aussi: En Centrafrique, 116 permis miniers rendus publics

Les cas de non-respect des engagements se multiplient, qu'ils soient sociaux comme la construction d'écoles ou de dispensaires ou bien environnementaux comme les problèmes liés à l'utilisation du mercure et du cyanure dans les processus de transformation.

Dans le cas de Bozoum, le rapport parlementaire dénonce « un véritable désastre écologique et une pollution de la rivière Ouham » par les compagnies minières. Il préconise l'arrêt des travaux. Ce rapport dénonce aussi un phénomène récurrent qui est celui de la complicité des autorités locales et nationales. Il recommande une enquête judiciaire sur d'éventuelles implications frauduleuses de responsables politiques et de haut fonctionnaires dans l'obtention des permis d'exploitation.

«Arrêt automatique et sans conditions de cette exploitation»

Les membres de la mission parlementaire qui ont rédigé le rapport ont séjourné dans la région de Bozoum pendant huit jours, au début de ce mois de juillet. Leur constat va à l'encontre d'une mission gouvernementale effectuée à trois jours d'intervalle. C'est ce que précise Bernard Dillah qui conduisait la mission parlementaire.

On ne peut plus reconnaître le fleurve Ouham. Ce cours d’eau servait pour la pêche, pour boire, pour se laver… Aujourd’hui, l’eau est totalement polluée. […] Nous avons rencontré un chef d’un poste de santé qui nous a dit que depuis un peu plus de deux mois, les cas d’avortements ont été multipliés par dix parce que les femmes utilisaient cette eau.

Bernard Dillah

15-07-2019 - Par Stanislas Ndayishimiye

 

 

Des sociétés minières chinoises épinglées par une commission d’enquête centrafricaine

 

http://www.agenceafrique.com  Arsene Severin 15/07/2019

 

Une commission d’enquête parlementaire en Centrafrique a dénoncé des abus commis par des sociétés minières chinoises à Bozoum, dans le nord du pays, et recommandé l’arrêt de l’exploitation des mines d’or par ces entreprises.

Le rapport d’enquête rendu public samedi 13 juillet indique que «l’’exploitation de l’or par les entreprises chinoises à Bozoum n’est pas rentable pour l’Etat et préjudiciable pour la population et l’environnement».

«Le désastre écologique constaté sur le terrain est de nature à justifier l’arrêt immédiat sans condition de ces exploitations», poursuit le rapport dont les auteurs avaient séjourné à Bozoum du 6 au 10 juin pour les besoins de l’enquête décidée suite aux plaintes de la population locale.

Sur le terrain, la commission d’enquête parlementaire avait déploré la déforestation, la pollution de l’eau menaçant la santé publique ou encore la disparition des espèces aquatiques et l’augmentation des «cas d’avortement» parmi la population, à cause de la pollution.

Les députés ont mis également en doute les comptes présentés aux autorités par les sociétés minières, qui seraient sous-estimés. «Le mode d’exploitation utilisé s’apparente à un bradage de nos ressources, avec la complicité de certains responsables du Ministère des mines», ont-ils mentionné dans le rapport.

Par ailleurs, ils ont dénoncé la présence importante de soldats centrafricains pour la protection de ces mines, alors que c’est la population qui a besoin de protection, dans un contexte où elle est victime des violences perpétrées par des groupes armés. Les parlementaires craignent dans leurs conclusions, une «possible révolte» des citoyens au cas où l’Etat n’assume pas ses responsabilités.

Les entreprises chinoises mises en cause sont Tian Roun, Tian Xiang, smc Mao et Meng. Ce n’est pas la première fois que des sociétés chinoises sont sanctionnées en Centrafrique. En juillet 2018, la société HW-Lepo s’était vu infliger une amende de plus de 15.000 euros pour infraction au Code minier. D’autres entreprises ont été punies en septembre 2018 pour les mêmes raisons.

La Centrafrique est riche en ressources naturelles, mais leur exploitation est difficile à contrôler étant donné que plus de 80 pour cent du territoire national se trouve sous l’emprise de groupes armés.

 

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