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Centrafrique, près de six mois après l’accord de paix, rien ne change

Lu pour vous

 

https://www.la-croix.com Laurent Larcher, le 24/07/2019 à 06:03 

 

Explication 

 

Signé le 6 février au Soudan, l’accord de paix entre quatorze groupes armés et le gouvernement centrafricain (RCA) est au point mort.

Mankeur Ndiaye, l’émissaire de l’ONU pour la RCA constate chaque semaine de 50 à 70 violations de cet accord par les groupes signataires. Une catastrophe pour les civils.

 

On tue toujours en Centrafrique près de six mois après l’accord de paix de Khartoum. Et toujours selon le même schéma : des hommes appartenant aux quatorze groupes armés signataires de l’accord en tuent d’autres, des civils, des commerçants, des villageois. Publiquement, et sans être poursuivis. L’impunité et la loi du plus fort règnent dans l’ensemble du pays, devenu le Far West de l’Afrique centrale.

Puisque aucun des groupes armés n’a sérieusement déposé les armes, puisque leurs chefs ou leurs hommes sont nommés conseillers militaires à la primature, ministres, préfets ou sous-préfets, les rebelles et les miliciens jouissent d’une impunité quasi-totale sur 80 % du territoire sous leur contrôle.

D’autant qu’ils sont reconnus par les autorités de Bangui, mais aussi, de fait, par les grandes institutions – ONU et Union africaine – ou les partenaires directs de Bangui, Russie et pays de la sous-région. La France, qui voit sa tutelle sur ce pays fondre comme neige au soleil, affiche pour sa part un silence embarrassé.

Plus d’un millier de violations de l’accord en 5 mois

Samedi 20 juillet, le directeur de l’école privée catholique de Niem-Yelewa, dans la Nana-Mambéré, a été assassiné par un homme armé, selon le site centrafricain d’actualités Corbeau News.

Parmi les autres drames récents qui ont frappé le pays, celui du 11 juillet à Bangui. Au motif qu’un commerçant du quartier PK5 refusait d’être racketté, une fois de plus, par l’un de ces groupes armés, sa maison a été attaquée à la grenade en représailles. Le commerçant est mort. Aussitôt après, des échanges de tirs ont éclaté entre commerçants du PK5 et groupes armés, faisant six morts et au moins 15 blessés dans les deux camps.

 

L’accord de paix de Khartoum, signé le 6 février dernier, est le huitième depuis 2013. Il ne se passe pas un jour sans qu’il soit violé par les signataires. L’émissaire de l’ONU pour la RCA, Mankeur Ndiaye, constatait fin juin au Conseil de sécurité que « chaque semaine, 50 à 70 violations de l’accord de paix, commises principalement contre les populations civiles par les groupes armés, sont rapportées ». Sans parler de celles qui ne le sont pas.

L’envoyé spécial de l’ONU précise la nature des violations : « Les violences faites aux civils, la levée illégale de taxes, l’obstruction au déploiement de l’autorité de l’État, l’occupation de bâtiments publics… »

Le cri d’alarme des évêques

Fin juin, les évêques centrafricains ont dénoncé dans un communiqué « l’hypocrisie » de l’accord du 6 février, rappelant que le « peuple est fatigué par l’hypocrisie qui caractérise la signature des différents accords qui ont eu lieu dans ce pays ». « En faisant une relecture de l’histoire de notre pays, nous constatons que chaque régime politique semble toujours lié à une milice », ont-ils fait remarquer.

 

Et de lancer en direction des groupes armés : « Nous vous transmettons les cris de souffrance mais aussi l’exaspération du peuple centrafricain. Vous êtes nombreux avec vos parrains et commanditaires à nous envahir et à œuvrer pour le chaos dans le pays… Nous prévenons les auteurs et coauteurs de crimes odieux contre l’Église et le peuple centrafricain qu’ils répondront de leurs actes devant la justice des hommes et celle de Dieu. »

 

1 commentaire

S
Vous continuez à fournir des preuves de sang, de viols, de vols, des exactions selon le raisonnement de la personne qui a une arme et des munitions.

Vous allez comprendre qu'en Centrafrique, nous sommes sur une terre bantu et que nous sommes Bantu Ubuntu, car tuer comme si l'on boit de l'eau ne fait pasur une terre bantu et que nous sommes Bantu Ubuntu, car tuer comme si l'on boit de l'eau ne fait pas partie de notre culture, ,cela vient d'ailleurs.
Ce qui est sûr chaque crime, sera traduit devant la justice. La politique de saccager les dossiers administratifs, ne marche plus, il y a des photos, des enregistrements, des cicatrices d'une maison brûlée etc...

Mais tout se paie sur cette terre par la justice des hommes, avant d'avoir le jugement de Dieu à la fin de la vie sur cette terre.
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