Notre mission, toujours vous informer
Accueil » Dossiers » Best Of Macron (7), la Chine et la FAO, une défaite française
Best Of Macron (7), la Chine et la FAO, une défaite française

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com By Aza Boukhris 26 juillet 2019

 

L’élection d’un Chinois à la tête de l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) , qui a eu lieu le 23 juin 2019, est un revers pour Emmanuel Macron qui soutenait une candidature française

A la suite d’un scrutin sans surprise, c’est le Chinois Qu Dongyu, vice-ministre de l’Agriculture, qui devient Directeur général de cette importante agence onusienne, basée à Rome. La FAO est au coeur des débats sur les changements climatiques, la faim dans le monde, la lutte contre la pauvreté et la question de l’agro écologie.

Une défaite française

C’est au premier tour que Qu Dongyu, l’a emporté, par 108 voix, sur la Française Catherine Geslain-Lanéenne, créditée de 71 voix et le Géorgien David Kirvalidze, avec 12 voix. La Chine remporte un succès qui acte sa politique fort active envers les institutions multilatérales. Pékin renforce cette politique par un déploiement de moyens financiers.

La contribution chinoise à la FAO est ainsi passée, en une dizaine d’années, de 2% à plus de 12% du total. La Chine s’appuie également, sans compter, sur les accords gagnant-gagnant, mis en oeuvre dans les pays en développement. N’a-t-Elle pas mis tout son poids, politique et surtout financier, pour le retrait de la candidature d’un Camerounais afin de s’assurer les voix africaines ? 

La Chine, de succès en succès

Depuis plusieurs années, la Chine investit les organisations internationales par des personnels compétents mais aussi très politiques qui jouent surtout le bilatéral. Avant la FAO, la Chine était déjà à la tête de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) de Montréal, de l’Organisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI) de Vienne et de l’Union internationale des télécommunications ( UIT) de Genève.

A l’ONU, c’est encore un Chinois qui est à la tête du Département du développement économique et social.

Une défaite pour Trump

Les Etats-Unis d’Amérique sont les premiers contributeurs de la FAO avec 22 % du montant des contributions. L’élection de Qu Dongyu fera réagir Trump. Jusqu’où ira-t-il ? Probablement pas jusqu’à quitter la FAO comme il l’a fait pour l’Unesco.

Le programme de Qu Dongyu a en tout cas de quoi irriter le président américain, pourfendeur du multilatéralisme : développer l’agro écologie et lutter contre les géants de l’agro chimie, préserver la nature, associer des grands groupes privés comme le géant chinois Ali Baba et mieux prendre en compte les changements climatiques.

L’Afrique pro chinoise

Le score de la française Catherine Geslain-Lanéenne est décevant, au regard des moyens diplomatiques déployés par la France. Le Quai d’Orsay était mobilisé depuis plus d’une année, pour soutenir cette ancienne directrice générale de l’agriculture. Laquelle a visité de très nombreux pays, notamment africains, pour présenter son programme. Ancienne directrice exécutive de l’Agence européenne pour la sécurité des aliments, elle avait aussi le soutien de l’Union européenne et de ses États membres.

 
Emmanuel Macron comptait beaucoup sur l’élection de la Française à la FAO. L’élection du Chinois va compliquer davantage sa stratégie de s’appuyer sur le multilatéralisme pour essayer de moduler le système mondial. Il peut aussi être déçu du vote de nombreux États africains qui ont succombé aux sirènes chinoises mais surtout à leur forcing politico-économique.

En Afrique, la Chine compte désormais davantage que la France. La présence française s’efface progressivement. L’aide française au développement passe surtout par les trust funds multilatéraux qui rendent invisible l’action de la France et renforcent le sentiment d’abandon que ressentent les Africains.

 

0 commentaire

Soyez la première personne à vous exprimer !

Mon commentaire

Dans la même catégorie
Selon le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, ce qu’il faut aujourd’hui pour lutter » ...la suite
La connexion avec des groupes armés peuls du Sahel se rapproche dangereusement de Bangui. Il n’ y a guère que les protagonistes de l’Accord » ...la suite
Lu pour vous MANKEUR NDIAYE, un ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal qui dirige la mission de maintien de la paix de l'ONU en R » ...la suite
En cinq ans, d'exaction en exaction, la milice d'auto défense peule a étendu son emprise sur le nord-ouest du pays. Deux militaires de l'armée c » ...la suite
La France célèbre les 80 ans de l'appel du 18 juin 1940. Pour beaucoup de Français, les premiers mois de la France libre sont associés à l'exil » ...la suite
La République de Centrafrique a réalisé « des progrès importants pour faire avancer les réformes politiques», a assuré le secrétaire généra » ...la suite
A la suite de la décision du Conseil d'Etat vendredi, le chercheur François Graner revient sur sa victoire pour obtenir l'accès aux archives sur le » ...la suite
Les garants et facilitateurs de l'accord de paix du 6 février 2019 entre l'Etat centrafricain et les rebelles ont fermement condamné mercredi les d » ...la suite
Ce mardi matin, en Centrafrique, c’est en toute discrétion qu’a été transféré depuis l’aéroport de Bangui une personnalité recherchée pa » ...la suite
Comment expliquer l’afflux soudain de nouveaux dossiers devant la Cour pénale spéciale (CPS) ? Le tribunal mixte – qui reste sans procès cinq a » ...la suite