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Centrafrique : l'accord de Bangui et les blocages

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Alwihda Info | Par Arsène-Jonathan Mosseavo - 30 Juillet 2019 modifié le 30 Juillet 2019 - 13:17

 

 Le 6 Aout 2019, l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) signé le 6 février 2019 à Bangui – va totaliser 6 mois. Le Gouvernement centrafricain - les groupes armés et la communauté internationale peinent à mettre en œuvre les dispositions qui concernent chacune des parties. 


Six mois après, des blocages sont constatés y compris un manque de volonté pour la mise en œuvre conformément à l’article 23 de l’APPR-RCA qui stipule : « accompagner les parties dans la mise en œuvre effective de cet Accord, notamment à travers un soutien politique, sécuritaire, technique et financier ». A ce jour, aucune partie principalement le gouvernement et la communauté internationale (Union Africaine et la CEEAC) ne peuvent prouver que cette disposition de l’article 23 est respectée. Le temps passe. 

Certains groupes armés tels que le FPRC (Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique) procèdent au démantèlement des barrières or les taxes versées servent aussi de primes aux combattants. « Avec quelle ressource allons-nous assurer la prise en charge des combattants si rien n’est proposé après le démantèlement des barrières ? », s’interroge Djafar Adoum Assakine – coordonnateur général du FPRC. Dans un tel contexte, il faut qu’il y ait des garanties pour éviter que des combattants lésés se lancent dans le banditisme et la criminalité. 

Autre blocage : la divulgation de l’Accord auprès des populations. La manière dont les sensibilisations sont faites n’est pas la bonne méthode. Des zones sont ciblées au détriment des autres par certains partenaires qui préfèrent passer par des groupes signataires moins influents pour sensibiliser sur l’Accord auprès des populations, ce qui n’est pas normal. Les groupes armés les plus influents (FPRC- UPC –MPC – FDPC) devraient être mis à contribution dans le cadre de la campagne de sensibilisation afin que cela ait un impact. Présentement, le gouvernement centrafricain n’est pas en mesure de contrôler l’ensemble du territoire national vu ses moyens très limités.

L’APPR-RCA a prévu en son article 16 la mise en place des Unités Spéciales mixtes de Sécurité (USMS) pour une période transitoire initiale de 24 mois, placées sous la supervision de l’Etat-Major des Forces de Défense. Elles pourront solliciter l’appui technique de la MINUSCA. L’article 17 parle de l’entrée de plein droit en fonction des USMS 60 jours après la signature de l’APPR-RCA. Cela fait pourtant six mois déjà qu’aucune initiative n’est prise du côté du gouvernement. 

Le FPRC dans un communiqué de presse publié le 10 Juillet 2019 a demandé au gouvernement avec insistance le déploiement progressif des forces de sécurité et de défense (FSD) dans les zones sous son contrôle en vue de l’effectivité du Comité Technique de Sécurité (CTS) et, également, de la mise en place et de l’opérationnalité des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité (USMS), avant octobre 2019. La mise en place rapide des USMS sera un bel exemple de la réconciliation et de la culture de la cohésion sociale entre les forces armées centrafricaines et les combattants des groupes armés – les USMS favoriseraient aussi le désarmement progressif des groupes armés.

Il est donc urgent pour le gouvernement centrafricain de saisir cette occasion pour déployer des Forces de défense dans les zones sous contrôle des groupes armés conformément aux missions assignées aux USMS. Cela permettra aux USMS d’avoir un contrôle efficace du territoire national. 

Six mois après la signature de l’APPR-RCA, les parties prenantes doivent d’asseoir pour faire un bilan à mi-parcours. De l’avis d’un représentant d’un groupe armé influent qui s’est exprimé sous l’anonymat, il n'y a pas de cohérence entre les engagements du gouvernement et ceux du chef de l’Etat centrafricain, Faustin Archange Touadera : « Nous apprécions les initiatives du président de la République pour faire avancer le processus de mise en œuvre de l’APPR-RCA –mais nous déplorons l’attitude du gouvernement qui brille par une lenteur ». C’est un appel à la sincérité pour booster l’APPR-RCA sinon tous les efforts consentis par les signataires ne seront qu’un coup d’épée dans l’eau. 

Autre constat : le gouvernement est entrain de pousser deux leviers à la fois : les préparatifs des futures élections et la mise en œuvre de l’Accord de Bangui. Comment organiser des élections dans un contexte apaisé si l’Accord de Bangui n’est pas respecté ? 

A en croire, Djafar Adoum Assakine, coordonnateur général du FPRC, l’APPR-RCA est un outil de travail, de paix et de relance économique, une opportunité pour sortir la RCA de sa léthargie. Le peuple doit tirer profit de l’Accord pour pouvoir circuler librement et vivre en paix dans le pays. 

Seul le bilan à mi-parcours souhaité va déterminer l’issue favorable à donner à l’APPR-RCA.

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