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Mines chinoises en Centrafrique: la pollution au mercure des eaux confirmée

 

Par  Le Figaro avec AFP Publié le 31/07/2019 à 20:44

 

Les scientifiques du laboratoire Lavoisier de Bangui, soutenu par l'Unesco, avaient été mandatés par le gouvernement centrafricain au début du mois de juin pour répondre aux inquiétudes de la population de Bozoum, où quatre sociétés chinoises exploitent l'or depuis le mois de février. Les experts ont relevé une concentration de mercure quatre à vingt-six fois supérieure à sa valeur admissible dans les eaux de la rivière Ouham.

«Il convient de noter que la présence de mercure n'était pas détectée en amont du site d'exploitation minière. Donc cette pollution en métaux lourds très toxiques proviendrait des sites d'exploitation», indiquent les auteurs du rapport. Les sociétés chinoises présentes à Bozoum avaient été épinglées par un rapport d'enquête parlementaire publié le 13 juillet. Ses auteurs avaient dénoncé un «désastre écologique» et recommandé l'arrêt de l'exploitation minière. Au cours de leurs entretiens avec les députés, les représentants des sociétés chinoises avaient nié l'utilisation du mercure dans les mines de Bozoum.

Samedi, le ministre des mines Léopold Mboli Fatrane avait contesté le contenu du rapport parlementaire, basé sur des observations visuelles et des témoignages. «Nous devons attendre les résultats des analyses scientifiques», avait déclaré le ministre face à la presse, tout en reconnaissant que les entreprises chinoises avaient «rompu leurs obligations». «Nous avons demandé que des travaux de réhabilitation des sols et des forages d'eau potable soient réalisés immédiatement», avait-il ajouté. Des mesures recommandées par le rapport divulgué mercredi.

Particulièrement toxique, le mercure «s'accumule dans la chaîne alimentaire, notamment dans les poissons ainsi que dans les espèces herbivores, ce qui accroît les risques de contamination des êtres humains vivant plus ou moins loin du lieu de pollution», rappellent les auteurs du rapport d'analyses. Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée depuis 2013 par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile. L'exploitation de ces ressources est difficile à contrôler dans ce pays où l'Etat n'a la main que sur une maigre partie du territoire national.

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