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EN CENTRAFRIQUE, UN NOUVEAU PARTI VEUT RASSEMBLER MUSULMANS ET CHRÉTIENS

 

 

Par AFP - Mis à jour le 03/08/2019 à 20:23

 

Le parti Cohésion centrafricaine pour la reconstruction (CCR), dirigé par un ancien leader des milices chrétiennes anti-balaka et un représentant de la jeunesse musulmane, a été lancé samedi à Bangui en vue de la présidentielle de 2020.

«La crise centrafricaine est loin de se résumer à une crise intercommunautaire, mais l'on continue de faire des amalgames entre musulmans et Seleka, et entre chrétiens et antikabalas» a déclaré le président du CCR Sébastien Wénézoui devant une assistance composée de musulmans et de chrétiens.

Ancien leader des groupes anti-balakas durant la crise de 2013, Sébastien Wénézoui fut le numéro 2 de Patrice Edouard Ngaïssona, désormais incarcéré à la Haye en attente de son procès à la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité commis dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

«Le pays était à la merci des mercenaires. L'armée n'existait pas. La seule chose qui restait à faire était de se constituer en autodéfense contre les mercenaires de la Seleka qui massacraient des innocents» a plaidé Sébastien Wénézoui.

«Les anti-balakas aussi étaient dominés par la colère et la soif de vengeance. Nous sommes tous coupables. Je vous demande pardon au nom des anti-balakas.» a -t-il ajouté devant des habitants et représentants du PK5, quartier commerçant et majoritairement musulman de Bangui, présents dans le public. 

Aux côtés de M.Wénézoui, se tenait le vice-président du CCR Lawa Amadou Mbaïki, également directeur d'une association de la jeunesse musulmane basée au PK5, qui ne s'est pas exprimé pendant la conférence de presse. «Avant d'être un parti politique, le CCR est une association qui oeuvre depuis trois ans pour la réconciliation entre communautés. Il faut désormais reconstruire ce qui a été détruit par nous-mêmes», a déclaré M. Wénézoui.

Sébastien Wénézoui n'est toutefois pas à l'abri d'éventuelles poursuites de la Cour pénale internationale (CPI). «J'ai été plusieurs fois auditionné par la CPI, mais cela ne m'inquiète pas», a-t-il indiqué à l'AFP. 

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

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