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Congo-France convergence de vues entre Emmanuel Macron et Denis Sassou N’Guesso sur l’environnement

 

http://www.adiac-congo.com Mardi 3 Septembre 2019 - 17:30

 

Le président français a échangé le 3 septembre au Palais de l’Elysée, à Paris, avec son homologue congolais sur les dossiers liés au climat, aux relations bilatérales, à la situation en Afrique, notamment en Libye, en Centrafrique, ainsi que sur le Bassin du Congo.

Plusieurs accords ou protocoles d’accord ont été signés au cours de cette visite qui intervient après le sommet du G7 de Biarritz, et les incendies de forêt en Amazonie, en Amérique latine.

Ces accords concernent les domaines de l’environnement et du climat, entre la France et le Congo, la formation des formateurs dans le cadre de l’enseignement de base, et entre l'initiative pour la forêt de l'Afrique centrale (Central African Forest Initiative) et le Congo, un partenariat lancé en 2015 par la Norvège.

Doté d'environ 60 millions d'euros, ce partenariat vise à aider six pays de l'Afrique centrale qui abritent la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l'Amazonie. En échange d'une aide financière, le Congo s'est engagé à mettre en place un plan de protection de la forêt, de la biodiversité et des tourbières, ont indiqué la présidence française et un responsable congolais.

Le Bassin du Congo, deuxième poumon vert planétaire devrait attirer davantage l’attention de la communauté internationale. Initiateur du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, Denis Sassou N'Guesso fait de la conservation et de la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale une priorité.

Le chef de l’Etat congolais préside la commission climat d’Afrique centrale qui regroupe les pays tels la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la Centrafrique.

La communauté internationale devrait appuyer les efforts des pays d’Afrique centrale en matière de protection du Bassin du Congo à travers un certain nombre de financements.

Par ailleurs, la visite du président Denis Sassou N'Guesso intervient quelques jours après la signature d’un accord entre le Congo et le Fonds monétaire international sur la facilité élargie de crédit. Paris avait conditionné une aide de 135 millions d’euros à Brazzaville, par la conclusion de cet accord.

Marie –Alfred Ngoma et Noël Ndong

 

Le grand retour de Denis Sassou Nguesso à l’Elysée

 

https://mondafrique.com By Aza Boukhris  2 septembre 2019

 

Le mardi 3 septembre 2019, Emmanuel Macron recevra Denis Sassou Nguesso dont le soutien est jugé à Paris indispensable pour sauver la forêt en Afrique centrale.

Certes les questions politico-financières relatives au Congo seront à l’ordre du jour de la rencontre entre les présidents congolais et français. Il sera probablement aussi question des situations de crise en Libye et en Centrafrique, dans lesquelles le président congolais joue un rôle de médiateur. Mais les échanges entre Emmanuel Macron et Denis Sassou Nguesso seront surtout consacrés au Bassin du fleuve Congo, second « poumon » de notre planète. 

Le Bassin du fleuve Congo, oublié du G7

Un peu plus d’une semaine après la fin du G7 de Biarritz, la visite de Denis Sassou Nguesso permettra d’effacer un oubli. L’ Afrique avait été médiatiquement mise à l’honneur dans ce G7 avec la participation de cinq chefs d’États africains (Afrique du Sud, Burkina Faso, Egypte, Rwanda et Sénégal) et des responsables de plusieurs organisations africaines. Très curieusement, alors que les changements climatiques et la préservation des écosystèmes étaient à l’ordre du jour et que l’Amazonie avec ses 5 millions km2 était dans toutes les discussions, le Bassin du fleuve Congo, avec sa superficie de 4 millions de km2 et ses 220 millions d’hectares de forêt était à peine évoqué. L’ avenir du Bassin du fleuve Congo est pourtant tout aussi préoccupant que celui de l »Amazonie.

A posteriori, Paris s’est probablement rappelé que le président Denis Sassou Nguesso est un incontournable interlocuteur pour cette question de gouvernance mondiale.

Denis Sassou Nguesso à nouveau fréquentable

Il va de soi que le régime du président Denis Sassou Nguesso est la référence en matière de mauvaise gouvernance, de détournement des ressources naturelles du pays et de démocrature africaine. Qu’à cela ne tienne, « Otchouembe » – le surnom de Sassou signifiant vieux lutteur invincible – est bien plus que le chef de l’État de la République du Congo. Ses hautes responsabilités maçonniques lui confèrent une aura et une influence bien au-delà de l’Afrique centrale.

Beaucoup plus que le Camerounais Paul Biya ou l’Équatoguinéen Teodoro Obiang  Nguema Mbasogo, ses aînés, Denis Sassou Nguesso (75 ans) est certainement le chef d’État africain le plus expérimenté (33 ans cumulés de pouvoir) et le plus soucieux des affaires diplomatiques. Il est considéré comme le « patriarche »,   » le vieux sage », ce qui compte évidemment beaucoup sur le continent africain. Il apparaît comme le digne successeur de feu Omar Bongo, qui avait épousé sa fille. 

Denis Sassou Nguesso sait également entretenir un réseau influent d’amitié qui s’est mobilisé pour cette visite. Mondafrique avait publié plusieurs enquêtes d’Éric Lafitte à ce sujet. Sa ministre du Tourisme et de l’Environnement, madame Arlette Soudan-Nonault, connaît bien les milieux médiatiques parisiens et les organisations écologiques mondiales.

Sauver la forêt en Afrique centrale

Si on peut dresser une liste non exhaustive des méfaits de Denis Sassou Nguesso, on ne peut pas lui retirer sa proximité avec la nature. L’agro businessman d’Oyo est le président de la Commission climat d’Afrique centrale et de son bras financier qu’est le Fonds bleu du Bassin du Fleuve Congo.

La Commission climat d’Afrique centrale est l’organisation régionale dédiée au changement climatique et à la sauvegarde de l’écosystème du Bassin du Fleuve Congo, le plus important puits de carbone terrestre après l’Amazonie. Évidemment la forêt du Bassin du Congo, qui s’étend sur six États ( Cameroun, Centrafrique,  Congo, Gabon, Guinée Équatoriale et RDC), est victime de la prédation de grandes entreprises qui sont sans véritables contrôles. Contrairement à l’Amazonie, en Afrique centrale la déforestation est surtout réalisée par des entreprises étrangères et accessoirement par les agriculteurs locaux. La Chine, la Russie et des États asiatiques sont accusés de vastes plans de déforestation pour des cultures d’exportation comme le palmier à huile et pour des exploitations minières. Les dégâts causés par les pollutions chimiques des sites aurifères constituent déjà des scandales écologiques de grande ampleur, au Cameroun et en Centrafrique. Le projet pharaonique du détournement des eaux de l’Oubangui vers le Lac Tchad est également un sujet de débats.

Qui fait quoi ?

Denis Sassou Nguesso avait lancé un appel à la Communauté internationale, lors de la réunion de Brazzaville du 28 avril 2018, en prolongement de la COP22 de Marrakech, de novembre 2016. Cette Commission climat d’Afrique centrale coiffe d’autres organisations régionales également chargées de la gestion durable, de la protection de l’écosystème, de l’exploitation des forêts et de l’utilisation des eaux fluviales. Face aux financements qui ne sont pas à la hauteur des enjeux, on peut s’interroger sur cette inutile dispersion. Le président congolais devra montrer l’intérêt de ces organisations régionales, car outre la CEMAC et la CEEAC, directement concernées avec leurs propres structures, il y a la Commission internationale du Congo, de l’Oubangui, et de la Sangha (CICOS) avec son siège à Kinshasa et la Commission internationale des forêts d’Afrique centrale ( COMIFAC) avec son siège à Yaoundé.

Inévitablement, la protection de l’écosystème du Bassin du fleuve Congo et la recherche de financements  se heurtent aux intérêts, souvent privés, des États concernés. On peut donc se demander si Denis Sassou Nguesso est vraiment le meilleur avocat de la protection de l’écosystème du fleuve Congo.  

 

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