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Paris-Bangui: Emmanuel Macron demande des garanties au président centrafricain Touadéra

Macron appelle au respect des accords de paix

 

septembre 05, 2019  AFP

 

Le président français Emmanuel Macron a rappelé jeudi à son homologue centrafricain Faustin Archange Touadéra, en visite à Paris, la nécessité de "faire tous les efforts pour que l'accord de paix soit bien respecté par les groupes armés", a indiqué la présidence française.

Six mois après la signature de l'accord conclu en février entre le gouvernement et 14 groupes armés, la paix tarde à revenir en Centrafrique, où les provinces sont toujours contrôlées à 80% par les groupes rebelles.

Les combats entre groupes armés et les attaques contre la population civile se poursuivent -- meurtres, viols, braquages, détentions arbitraires, attaques sur les personnels humanitaires -- avec 10 à 70 violations de l'accord enregistrées chaque semaine par la Mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca).

Le chef de l'Etat français, qui avait déjà reçu M. Touadéra en septembre 2017, "a aussi rappelé au président centrafricain son attachement à l'organisation d'élections libres et inclusives" fin 2020 et ajouté que le partenariat entre la France et l'Afrique centrale était "indispensable notamment pour la sécurité avec les pays voisins".

L'Elysée n'a pas précisé si les deux hommes avaient parlé du rapprochement entre la Centrafrique et la Russie, qui préoccupe Paris.

L'ancienne colonie française de 4,5 millions d'habitants, classée parmi les pays les plus pauvres au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé.

La France y était intervenue entre 2013 et 2016 (opération Sangaris) pour faire cesser les violences.

Paris a remis en décembre dernier 1.400 fusils d'assaut aux forces armées centrafricaines (Faca), après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU, tout comme la Russie, qui a fait une entrée remarquée dans l'ancienne colonie du "pré carré" français en livrant des armes aux Faca début 2018.

Actuellement l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national et des groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail.

La France compte aujourd'hui quelque 300 soldats français en Centrafrique, qui mènent des actions de formation des forces armées nationales et assurent si nécessaire un appui à la force de l'ONU (Minusca, 13.000 hommes).

 

 

Rencontre Présidents F.A.Touadera et E.Macron : « La présence russe en République Centrafricaine a été également au menu de ces échanges », a rapporté la Présidence de la RCA 

 

Le Président de la République, Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera a effectué une rencontre de travail ce matin du 05 septembre 2019 à l’Elysée avec son homologue français Emmanuel Macron.

Les échanges entre les deux hommes d’Etat qui ont été très fructueux, ont porté essentiellement sur le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale.

Au plan bilatéral, les deux chefs d’Etat ont réitéré la volonté de renforcer la coopération dans l’intérêt de leurs deux pays.

 

Sur le plan multilatéral, le Président Touadera a sollicité du Président Macron, l’accomplissement du défi de la mise en œuvre de l’Accord du 6 février, notamment l’opérationnalisation dans les meilleurs délais, des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité, solution transitoire au redéploiement des FACA et la mise en place de la Commission, Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation délai.

Quant à la MINUSCA, le Président Touadera a sollicité le plaidoyer de la France pour la mise en place d’un mandat qui tienne compte des recommandations de l’Accord politique pour la paix et la sécurité entre le gouvernement et les groupes armés.

 

La réactivation des commissions mixtes avec le Tchad et les autres voisins de la RCA comme le Congo RDC, le Soudan et le Soudan du Sud a été également à l’ordre du jour de ces échanges qui ont duré un peu plus d’une heure.

Notons que le Cameroun et le Congo Brazzaville ont récemment tenu des commissions mixtes avec la RCA.

 

Enfin, la question de la présence russe en RCA a été également au menu de ces échanges. Il en résulte que la RCA demeure un pays ouvert à toutes formes de coopération dans tous les domaines, notamment économiques, si elles sont basées sur le respect du code minier, des codes, des textes ou de la réglementation en vigueur.

Les questions de l’élection présidentielle et les législatives ainsi que la levée de l’embargo sur les armes ont été également abordées par les présidents Macron et Touadera.

 

Source : Présidence : La Renaissance

 

Paris-Bangui: Emmanuel Macron demande des garanties au président centrafricain Touadéra

 

 https://www.lopinion.fr Pascal Airault  06 septembre 2019 à 17h45

 

Le président français a reçu son homologue centrafricain, le 5 septembre à l’Elysée, pour évoquer la situation politique, économique et sécuritaire à Bangui

 

La France s’est profondément réinvestie en Centrafrique ces derniers mois pour contrer les influences russe et chinoise. Le président de ce pays, Faustin-Archange Touadéra, était reçu ce jeudi matin à l’Elysée pour faire le point sur la relation bilatérale et évoquer l’avenir politique du pays à un peu plus d’un an d’une présidentielle qui suscite déjà beaucoup de convoitises.

Il a eu droit à un recadrage de la part de son homologue qui attend des résultats. Emmanuel Macron, selon l’AFP, a rappelé au président centrafricain son attachement à l’organisation d’élections libres et inclusives fin 2020. Il a ajouté que le partenariat entre la France et l’Afrique centrale était « indispensable notamment pour la sécurité avec les pays voisins. »

De son côté, le président centrafricain a insisté sur la souveraineté de son pays, qui s’est ouvert à la Chine et à la Russie, tout en louant le partenariat historique et privilégié de la France.

Depuis l’indépendance de l’ex Oubangui-Chari en 1960, la France a souvent fait la pluie et le beau temps dans ce pays. Son influence est réelle, même si elle avait fortement réduit son dispositif avant la crise de 2013. L’armée française forme et entraîne les forces armées centrafricaines (les « Faca ») quasiment sans discontinuer. Elle y a aussi conduit une demi-douzaine d’interventions militaires pour rétablir l’ordre ou protéger ses ressortissants dont la dernière est l’opération Sangaris, entre 2013 et 2016.

Attaques. Cette opération a permis de faire baisser les tensions intercommunautaires et interconfessionnelles, notamment à Bangui. Mais les provinces du pays sont toujours contrôlées à 80 % par les groupes armés essentiellement crées par des anciens mercenaires des ex-présidents Patassé et Bozizé reconvertis en rebelles sans réelles revendications politiques. En février dernier, le gouvernement et 14 groupes armés ont signé un accord de paix à Khartoum, parrainé par la Russie et son allié d’alors soudanais dont l’exécution tarde à venir. L’Elysée a insisté, jeudi, pour le respect de cet accord par les groupes armés. Les forces internationales sont régulièrement prises à partie par les rebelles et les attaques contre la population civile se poursuivent – meurtres, viols, braquages, détentions arbitraires, attaques sur les personnels humanitaires – avec 10 à 70 violations de l’accord enregistrées chaque semaine par la Mission de l’ONU en République Centrafricaine (Minusca).

« Cet accord de Khartoum fait figure de leurre, explique Jean-Pierre Mara, député centrafricain. Un des chefs des groupes armés notamment issu de la communauté peule se dit demi-frère du président Touadéra. Si cette relation est avérée, elle expliquerait en partie l’impunité dont bénéficient ces derniers. Par ailleurs, en ayant signé un accord avec les groupes armés et installé des structures de son parti (le MCU) dans les zones occupées par les groupes armés, le président pourra y faire campagne – ce que ne pourra pas faire l’opposition – et obtenir ainsi le soutien des populations pour la présidentielle de décembre 2020. En échange, il est prêt à leur offrir une immunité et leur permet de poursuivre leurs activités illicites  ».

Au nord du pays, les chefs de guerre peuls comme Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki) et Ali Darrassa vivent de nombreux trafics et de taxes perçues sur les commerçants. L’opposition dénonce le non-respect de l’accord de paix alors que les groupes armés ont obtenu des postes au sein des institutions à Bangui. Sidiki est conseiller militaire du Premier ministre mais n’a pas facilité la mise en place des unités mixtes associant milices et Forces armées centrafricaines.

La Centrafrique reste le pays de l’économie illicite, notamment du commerce informel du diamant. Les maigres recettes de l’Etat proviennent des impôts sur les importations de marchandises transitant par le Cameroun

« Les chefs de guerre se sont engagés à Khartoum sur plusieurs actions politiques comme préalables à leurs entrées dans le gouvernement. Entre autre engagement, la dissolution de leurs groupes armés pour monter des partis politiques, poursuit Jean-Pierre Mara. Or, aucun de leur engagement n’a été respecté à ce jour !  » Le processus de désarmement ne progresse guère. Et les Faca, en cours de formation, restent cantonnés au sud du pays (notamment à Bangui et Kaga-Bandoro)… au grand dam des populations qui dénoncent l’incapacité des forces de défense et des troupes onusienne à les défendre.

Economie illicite. La Centrafrique reste le pays de l’économie illicite, notamment du commerce informel du diamant. Les maigres recettes de l’Etat proviennent des impôts sur les importations de marchandises transitant par le Cameroun. Sans l’aide internationale, le pays ne pourrait s’en sortir. Paris insiste pour que l’Etat améliore sa gouvernance et cherche de nouvelles ressources. La France a proposé un appui pour structurer et formaliser la filière diamant dont le produit s’évapore clandestinement par toutes les frontières.

Face à la mal gouvernance, l’opposition et la société civile semblent prêtes à aller au bras de fer avec le pouvoir. Réunies au sein de la plateforme É Zingo Biani qui compte des hommes politiques comme Anicet-Georges Dologuélé, Jean-Serge Bokassa et Karim Meckassoua, elles envisagent de demander la destitution du chef de l’Etat. Elles tentent actuellement de rassembler une majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale pour déposer un acte de mise en accusation pour« violation de serment », « affairisme », « homicides politiques » et « entretien de milices ». Le but est d’obtenir ensuite une destitution du chef de l’Etat par la Cour constitutionnelle et une comparution devant la Haute Cour de Justice.

Il sera toutefois difficile de rassembler le nombre d’élus nécessaires, certains restant fidèles au président Touadéra, d’autres estimant qu’il est contre-productif d’engager un bras de fer à un peu plus d’un an de la fin de son mandat.

La présidentielle est déjà dans toutes les têtes. Les proches du chef de l’Etat discutent actuellement du retour de l’ex président Bozizé, toujours en exil en Ouganda. Il pourrait lui être accordé le statut d’ex-chef d’Etat, incluant des émoluments, en échange d’un coup de pouce électoral.

Code électoral. « Le recensement n’est pas fait et ne peut être réalisé en l’état sécuritaire actuel, déplore Jean-Pierre Mara. On ne sait même pas qui pourra voter ». La cour constitutionnelle et l’Autorité nationale des élections sont accusées de partialité et de travailler à la réélection du chef de l’Etat. Un nouveau code électoral a été adopté, après moult discussion, mais beaucoup redoutent que le clan au pouvoir utilise l’identification à venir pour jouer sur la liste électorale. Dans le collimateur, la société Al Madina détenu dirigée par Aziz Nassour, un diamantaire libanais très proche du clan Touadéra. Cette société a gagné de gré à gré le juteux contrat des cartes nationales d’identité, également convoité par une entreprise française.

L’attribution de contrats pour la confection de pièces d’Etat civil et autres documents officiels (permis, carte grise…) donnent lieu depuis trois à des querelles jusqu’au sein du pouvoir où les ministres s’opposent pour confier les marchés à des entreprises « amies ».

Mais l’opposition craint surtout qu’Al Madina aide le clan Touadéra à conserver le pouvoir en distribuant des cartes d’identité en priorité à leurs partisans. « L’ONU, l’Union africaine et la France n’auront plu aucun moyen de s’assurer que la présidentielle soit transparente », explique un diplomate européen.

D’après le code électoral, la nouvelle carte nationale d’identité est le document requis pour se procurer sa carte d’électeur. Son prix a été ramené à 6 000 francs CFA alors qu’Al Madina avait prévu de la faire payer 15 000 francs CFA. Toujours trop. Certains experts dénoncent une sélection par l’argent et craignent que de nombreux Centrafricains ne puissent accéder au document en raison de son coût. L’opposition redoute aussi que le clan au pouvoir se serve de cette carte d’identité pour recruter du « bétail électoral », notamment dans la zone des frontières avec le Tchad et le Cameroun, sous contrôle des chefs rebelles.

A Bangui, le président russe a nommé un nouvel ambassadeur en janvier, Vladimir Titorenko, qui semble avoir de meilleures relations que son prédécesseur avec les diplomates français

Garantie. En ayant ouvert son pays à la coopération militaire russe et chinoise, le président Touadéra s’assure la garantie que le Conseil de sécurité de l’ONU ne devrait pas lui être hostile. La France s’est inquiétée de l’investissement russe en Centrafrique et de la présence nombreuse de « contractors » de Wagner, la société de Evgeny Prigogine, un proche du Kremlin qui opère aussi en Syrie. Jusqu’à une période récente, la France redoutait aussi les critiques dont elle a été l’objet dans la presse et les réseaux sociaux. Elle a vu la main de la Russie dans cette opération de French bashing, via le financement des médias locaux. « Les attaques contre la France sont moins nombreuses, poursuit le diplomate européen. La reprise du dialogue franco-russe y est certainement pour quelque chose même si Vladimir Poutine ne maîtrise pas forcément tous ses services de renseignement sur le terrain ».

A Bangui, le président russe a nommé un nouvel ambassadeur en janvier, Vladimir Titorenko, qui semble avoir de meilleures relations que son prédécesseur avec les diplomates français. Moscou fait aujourd’hui profil bas. Les contractors de Wagner ont beaucoup été critiqués pour leurs frasques nocturnes. Ils sont aujourd’hui plus discrets, restant cantonnés entre le Camp de Roux à Bangui et l’ex palais de Bokassa à Berengo. « Les Russes sont présents dans le commerce de l’or, du diamant et de la viande », ajoute le diplomate européen. Convoitant les ressources du pays, les chinois ont, quant à eux, acquis des concessions pétrolières et minières.

« Peu importe l’issue de l’accord de Khartoum, nous devons refuser la reproduction des comportements qui génèrent l’injustice sociale et qui empêchent l’adhésion de tous derrière un programme de reconstruction à mettre en place par consensus », conclut le député Jean-Pierre Mara.

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M
les Russes sont encore préférables aux Chinois...

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