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Centrafrique Le bilan des affrontements de Birao monte à une vingtaine de morts

 

 http://www.agenceafrique.com Arsene Severin 12/09/2019 0

 

Une vingtaine de personnes dont un civil, ont perdu la vie dans les combats entre  deux groupes armés dans l’extrême nord-est de la Centrafrique début septembre, a annoncé mercredi le porte-parole de la mission de l’Onu en Centrafrique (Minusca).

Du 1er au 3 septembre, des éléments du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) avaient affronté les miliciens du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dans la ville de Birao, à 60km de la frontière entre la Centrafrique et le Soudan.

Au terme de trois jours de combats, 13.000 déplacés ont fui leur domicile, selon la Minusca.

Six mois après la signature de l’accord conclu en février entre le gouvernement et 14 groupes armés, la paix tarde à revenir en Centrafrique, où les provinces sont toujours contrôlées à 80% par les groupes rebelles.

« L’accord de Khartoum ne donne aucune indication sur le type de sanctions. Un texte a été élaboré, mais il est en train d’être consolidé, c’est à partir de ce document que l’on pourra prendre des mesures », a déclaré le porte-parole du de la Minusca, Vladimir Monteiro, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue du gouvernement centrafricain, Ange-Maxime Kazagui.

Malgré les évènements de Birao, « l’accord de paix reste et demeure », a indiqué M. Kazagui. « On ne signe pas un accord pour aller le détruire au premier dérapage. En tant que gouvernement responsable, on ne peut pas faire cela », a-t-il ajouté.

Le président français Emmanuel Macron a rappelé début septembre à son homologue centrafricain Faustin Archange Touadéra, en visite à Paris, la nécessité de « faire tous les efforts pour que l’accord de paix soit bien respecté par les groupes armés ».

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d’un quart de ses 4,7 millions d’habitants à fuir leur domicile.

 

 

Centrafrique: les affrontements dans le Nord-Est menacent-ils l’accord de paix?

 

12/09/2019 à 16:15 AFP

 

Des combats intenses entre groupes armés à Birao, ville de l'extrême nord-est de la République centrafricaine, sont venus perturber l'accalmie relative que connaissait le pays depuis un accord de paix signé en février.

L'affrontement entre deux groupes pourtant signataires de cet accord, qui a fait une vingtaine de morts et 13.000 déplacés, inquiète aussi bien les organisations internationales que le gouvernement.

-Que s'est-il passé à Birao?-

Du 1er septembre à l'aube du 3 septembre, deux groupes armés se sont affrontés dans la ville, à 60 km de la frontière avec le Soudan.

"La ville est vidée et les boutiques sont détruites", témoigne un responsable humanitaire sous couvert de l'anonymat. Pour lui, il s'agit d'une "urgence humanitaire absolue".

L'ONU et l'Union africaine ont décrit des combats d'une "rare violence". Malgré des tentatives de médiation de la Mission des Nations unies, la Minusca, la situation reste particulièrement tendue.

Aujourd'hui, il est difficile d'évaluer la situation dans la petite ville, reliée au reste du monde par des routes impraticables en pleine saison des pluies et située à l'extrême opposé de Bangui.

La Minusca a établi un pont aérien depuis le 5 septembre pour acheminer une aide médicale et alimentaire dans la ville.

Plusieurs autres responsables humanitaires interrogés par l'AFP s'inquiètent de la tension croissante entre les deux groupes armés.

-Qui s'affronte à Birao?-

Les groupes qui s'affrontent ont tous deux été créés à Birao, l'un des foyers de la rébellion de mouvements armés constitutifs de la Séléka qui avaient mis fin au régime du président François Bozizé en 2013. 

Issu de la dissolution de cette coalition en 2014, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'un des plus puissants groupes armés du pays, s'oppose désormais à son ancien allié, le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ).

Les deux groupes se disputent le contrôle de la frontière où affluent les armes en provenance du Soudan, précieuses dans un pays soumis depuis 2015 à un embargo de l'ONU sur l'armement.

En juillet, un premier affrontement entre le MLCJ et le FPRC, lié à la contrebande d'armes, avait déjà causé la mort de huit miliciens (quatre dans chaque camp).

- Les affrontements peuvent-ils s'étendre?-

La ville de Birao est désormais contrôlée par les éléments du MLCJ tandis que les combattants du FPRC se sont repliés aux abords de l'agglomération.

Plusieurs responsables humanitaires s'inquiètent de l'éventualité d'une offensive du MLCJ sur Bria, une ville située dans la préfecture voisine de la Haute-Kotto, au sud de Birao, et contrôlée par les éléments du FPRC.

Côté FPRC, les éléments présents aux environs de Birao ont été renforcés le 5 septembre par des combattants venus de Ndele, l'un des fiefs de ce groupe armé situé au sud-ouest de la ville. Une opération destinée à "secourir les blessés", selon le chef militaire du FPRC, Abdoulaye Hissène.

-Quelles conséquences à Bangui?-

"L'attaque de Birao est un nouveau test pour l'accord de paix", estime une source diplomatique à Bangui.

L'accord signé à Khartoum en février avait déjà été fragilisé en mai, quand un autre de ses participants, le groupe 3R, avait massacré 46 civils à Paoua, dans le nord du pays.

Le 23 août, la Mission des Nations unies avait menacé de sanctionner "strictement" les violations de l'accord de Khartoum. 

Mercredi, le gouvernement centrafricain a appelé à l'application de ces sanctions. "Il doit y avoir un prix concret à payer pour ceux qui font obstacle au processus de paix", a dit le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui.

Mais la nature exacte des sanctions n'est pas précisée dans le texte de l'accord et fait encore l'objet de discussions entre la Minusca, l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), garants de l'accord de paix.

Par ailleurs, l'affrontement de Birao pourrait davantage éroder la confiance entre les groupes armés et le gouvernement centrafricain. Deux responsables de groupes armés ont démissionné du gouvernement ces dernières semaines.

 

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