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Sommet Russie-Afrique à Sotchi : un nouveau salon de l'armement ?

 

Mise à jour 24.10.2019 à 15:11  par Matthieu Vendrely

 

L'objectif du premier sommet Russie-Afrique à Sotchi ces 23 et 24 octobre 2019 était de marquer officiellement le retour de Moscou sur le continent africain. Au programme, pléthore de dirigeants africains, un discours très volontariste du président russe et, surtout, une belle occasion pour la Russie d'exposer l'un des domaines dans lesquels elle excelle : l'armement.

Nous sommes capables, au minimum, de doubler nos échanges commerciaux au cours des cinq prochaines années”. D’entrée, mercredi 23 octobre au matin, le président russe a donné le ton. Comme prévu, le premier sommet Russie-Afrique à Sotchi est destiné à montrer au reste du monde, Chine et Union européenne en tête, qu’il va falloir compter sur Moscou sur le continent africain. Après un passage à vide à la fin de l’Union soviétique et un retour très progressif, pour ne pas dire lent, les Russes espèrent aujourd’hui combler leur retard.

Mais, sur les bords de la Mer Noire, la quarantaine de dirigeants africains et la myriade d’hommes d’affaires ont été plutôt économes en signatures. Et les rares contrats conclus ont essentiellement concerné l’armement, domaine dans lequel la Russie n’a plus grand-chose à prouver. Dans les allées du sommet, Alexandre Mikheev, le patron de Rosoboronexport, la société publique russe en charge des ventes d’armement, a ainsi pu saluer la bonne santé du commerce avec le continent et déclarer à l'Agence France Presse que l’Afrique représente 40% du volume du portefeuille de commandes actuelles à la fois en termes de valeur et de livraisons de différents types d’armes et d’équipements militaires”.


Pour vanter leurs fusils, blindés, ou munitions, les représentants des entreprises Kalachnikov, Pribor ou Almaz-Antey, sous la houlette du conglomérat russe d’Etat Rostec n’ont donc pas chômé à Sotchi. A l'issue de la première journée, l’Ethiopie du tout nouveau prix Nobel de la paix Abiy Ahmed avait acheté un système de défense anti-missile Pantsir-S1. Remarqué également, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra qui, à défaut de signer, a demandé à son homologue russe de renforcer l’aide militaire à son pays en lui envoyant des moyens létaux et des véhicules blindés de transport de troupe”.

Le président namibien Hage Geingo a pour sa part affirmé à Vladimir Poutine : “l’armée m’a demandé de vous dire qu’elle est intéressée pour recevoir l’assistance de conseillers militaires de Russie”.

Effacements de dettes

De son côté, le président russe s’est engagé à continuer d’aider ses interlocuteurs africains en effaçant leur dette. Une méthode déjà appliquée avec succès en Algérie dès 2006 lorsque Vladimir Poutine avait obtenu d’Alger l’achat de plus de six milliards de dollars d’armement contre l’annulation d’une dette évaluée à près de 5 milliards. 

Sommet Russie-Afrique ou salon de l’armement ? Cette grand-messe de Sotchi sera amenée à se répéter. Prochain rendez-vous dans trois ans.

L’occasion, aussi, de dialoguer

Le Premier ministre éthiopien et le président égyptien ont discuté ce jeudi 24 octobre, en marge du sommet de Sotchi, de leur conflit autour d'un projet de barrage sur le Nil. La rencontre a duré 45 minutes et s'est déroulée "dans une atmosphère positive". De son côté, la Russie s'est dite prête à jouer un rôle dans un règlement du conflit. 


L'Egypte craint que la construction du grand barrage de la Renaissance (GERD), un projet de quatre milliards de dollars entamé en 2012 par l'Ethiopie, n'entraîne une réduction du débit du Nil, dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau. (Avec AFP)

 

Matthieu Vendrely

 

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