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Centrafrique : retour à Bangui de l’ancien président Bozizé

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https://www.la-croix.com/ Pierre Cochez, le 23/12/2019 à 06:00

 

Acclamé par ses partisans, le président déchu était exilé depuis 2013. Il pourrait avoir orchestré son retour pour se présenter à l’élection présidentielle de l’an prochain.

Six ans après avoir été renversé, l’ancien président centrafricain François Bozizé est apparu samedi 21 décembre devant ses partisans à Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Plusieurs milliers d’entre eux s’étaient massés sur un terrain du quartier Boeing, dans les faubourgs ouest, pour apercevoir le président parti en exil depuis 2013.

Une marée de supporteurs en délire a fondu sur le cortège de François Bozizé dans une indescriptible cohue dès son arrivée sur le terrain.

Jusqu’au dernier moment, le doute a plané sur la venue de l’ancien président. Sa présence réelle sur le sol centrafricain avait été annoncée par les cadres de son parti, le KNK, mais contestée par certains de ses adversaires politiques.

L’ex-général est rentré juste à temps dans son pays pour pouvoir déposer une candidature à l’élection présidentielle de 2020. Le président déchu n’a jamais caché son intention de chercher à reprendre le pouvoir par les urnes. Le code électoral stipule que les candidats à la présidentielle de décembre 2020 doivent se trouver sur le territoire national au moins un an avant le scrutin.

Selon Thierry Vircoulon, directeur de l’observatoire Afrique centrale à l’Institut français des relations internationales, si le « KNK retrouve un leader, cela pourrait peser lourd sur l’élection de 2020 ». Il ajoute « qu’il paraîtrait assez simple » pour Bangui « d’invalider » une potentielle candidature du président déchu.

Une forte responsabilité dans l’instabilité actuelle du pays

Président de la République centrafricaine de 2003 à 2013, François Bozizé n’a pas que des amis. En 2003, le général Bozizé avait fait appel à des mercenaires tchadiens et soudanais pour accéder au pouvoir par un coup d’État contre le président Ange Félix Patassé.

Une année plus tard, le pays avait plongé dans une première guerre civile opposant les partisans de François Bozizé, les troupes restées fidèles au président Patassé, et des groupes rebelles issus du nord-est du pays, majoritairement peuplé de musulmans.

En 2013, après des années d’instabilité politique et d’accord de paix infructueux, une coalition de mouvements rebelles avait fondu sur la capitale et contraint le général à un exil au Cameroun, puis en Ouganda.

François Bozizé est sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par la Centrafrique en 2013 pour « crimes contre l’humanité et incitation au génocide ». L’ancien président est également sous sanctions des Nations unies pour son rôle dans la crise centrafricaine de 2013, marquée par des affrontements communautaires entre la Séléka et les milices anti-balaka, apparues pour soutenir le président déchu. Ses déplacements en avion sont interdits et ses avoirs gelés.

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