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Nouvelles nationales sur RFI

RCA: un député accuse un groupe armé de l'avoir empêché de circuler librement

 

RFI 13/02/2020 - 05:00

 

L'ancien Premier ministre et député Martin Ziguelé dénonce la mainmise des groupes armés sur le territoire après un incident alors qu'il allait de Bocaranga vers Man, dans la préfecture de Ouham-Pendé, son fief électoral. Il assure que lui, deux autres députés et leur garde des FACA sont tombé face à des combattants des 3R, qui les ont forcés à faire demi-tour sous la menace. Ce que démentent les 3R.

Il y a trois jours, vers 14h, le convoi de Martin Ziguelé et de deux autres députés a été arrêté par un des groupes d'hommes fortement armés appartenant aux 3R. Impossible d'aller plus loin selon l'ancien Premier ministre centrafricain, qui assure qu'ils leur ont donné le choix entre, « rebrousser chemin ou nous tirer dessus si on avance ».

Malgré la présence de soldats des FACA, Martin Ziguelé et ses amis ont donc décidé de rebrousser chemin. Une décision qui lui est restée en travers de la gorge. « Ils m’ont chassé comme un malpropre avec 24 personnes de ma délégation, avec des soldats des FACA ! s'indigne-t-il. Ils nous ont humiliés et nous avons été obligés de repartir. Comment les populations peuvent aller aux élections ? Comment les candidats peuvent circuler ? Ils contournent le territoire ? Ce n’est pas possible ! »

Le porte-parole du groupe armé des 3R jure que leurs combattants ne les ont jamais menacés de mort. Ils auraient refusé « tout simplement » le passage aux trois députés dans ce territoire sous leur contrôle. « Même la Minusca ou les représentants du gouvernement préviennent lorsqu'ils doivent emprunter cet axe », a assuré le général Siwo, au grand dam de Martin Ziguelé.

« C’est une violation flagrante des dispositions de l’accord de Khartoum [du 6 février 2019] ! proteste le député. Qui dit qu’ils devaient [les groupes armés] assurer la libre circulation des personnes et des biens. Ce qui n’est pas le cas puisqu’ils m’ont empêché de circuler. Il y a un réel problème. »

La présidence centrafricaine a dénoncé « fermement » mercredi soir ce qu'elle qualifie de « violation grave » de l'accord de paix. Et elle demande aux forces internationales et aux FACA « de faire respecter la liberté de circulation » à travers le pays, a annoncé son porte-parole, Albert Yaloké Mokpeme.

 

 

Le président de la commission ONU de consolidation de la paix en visite en RCA


RFI
14/02/2020 - 02:33

 

Le président de la Configuration RCA de la Commission de consolidation de la paix des Nations unies achève sa visite en Centrafrique. Les sujets essentiels de la visite d’Omar Hilale : la mise en œuvre de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA) ainsi que l'organisation des élections.

Cette visite intervient alors que le pays commémorait les un an de l’accord de paix la semaine dernière et que la situation dans le pays reste compliquée.

Omar Hilale a appelé à faire confiance aux autorités et à la Minusca. Il a assuré que tout est entrepris pour que les élections soient organisées dans les temps. Les questions sécuritaires sont pour lui un bon signal.

« Les conditions sécuritaires dans le pays se sont améliorées. J'étais là il y a cinq ans, je viens chaque année et j’ai vu l’évolution. J’ai entendu dire que d’après certaines comptabilisations de la société civile, il y avait 70 violations par semaine. Ça veut dire même pas 10 violations par jour sur l’ensemble du territoire et parfois les violations sont minimes. »

Humanitaires pris pour cible

Mais sur le terrain, la situation reste compliquée dans certaines zones. Le CICR vient d’annoncer la suspension quasi totale de ses activités dans la région de la Nana Grébizi après une 3e attaque contre son personnel en trois mois.

Bruce Biber, le chef adjoint de la délégation du CICR à Bangui appelle à une prise de conscience « pour qu’il y ait une vraie sensibilisation, une mobilisation des autorités, des groupes armés des leaders communautaires, des leaders religieux de la société civile. » Il demande à ce « que tout le monde travaille ensemble pour lutter contre cette criminalité et cette impunité qui fait vraiment souffrir la population. »

OCHA a recensé en 2019, 306 incidents sécuritaires affectant directement le personnel humanitaire. 42 humanitaires ont été blessés, 5 ont perdu la vie.

Par ailleurs, des combats ont eu lieu dans la zone de Birao, à environ 5 kilomètres de la ville entre le FPRC et le MLCJ jeudi dans la journée. Le bilan reste incertain, mais il y aurait plusieurs morts et blessés. Le FPRC avait été repoussé de la ville de Birao par le MLCJ au mois de septembre. Depuis plusieurs semaines des éléments du FPRC s’étaient positionnés à une vingtaine de kilomètres de la ville.

 

 

Centrafrique: l'UE et les autorités discutent de la lutte contre les «fake news»

 

RFI 13/02/2020 - 01:20 Avec notre correspondant à Bangui, Charlotte Cosset

 

Un dialogue politique entre l’UE et les autorités centrafricaines, prévu par l’accord de Cotonou du 23 juin 2000, s’est tenu mercredi 12 février à Bangui. Les thématiques attendues ont été abordées : la mise en œuvre de l’accord de paix, les élections, la sécurité, la bonne gouvernance, la justice. Mais une autre thématique plus inattendue a aussi été aussi discutée, celle des « fake news ».

Les réseaux sociaux tout comme une partie de la presse locale fourmille de rumeurs et fausses informations. Et ceci pose régulièrement des problèmes de manipulation de l’opinion publique mais est aussi source de nombreuses tensions.

« Cette tendance est portée par beaucoup de vos collègues soutenus parfois par des hommes politiques, soutenus parfois par des personnes individuelles qui y ont intérêt, estime Ange-Maxime Kazagui, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Et je pense qu’il est de l’intérêt de nous tous d’arrêter cela, de stopper cela. Ce qui est sûr c’est que ce n’est pas un phénomène centrafricain typiquement, mais cela peut faire plus de mal en Centrafrique qu’ailleurs du fait de notre fragilité, du fait de notre histoire récente. »

Une thématique déjà abordée lors de la rencontre de 2018, mais qui a été de nouveau mise en avant. « C’est un thème que nous avons voulu remettre au cœur du débat parce qu’on a les élections d’ici 10 mois, souligne Samuela Isopi, ambassadeur de l’Union européenne en Centrafrique. Et l’on sait que lorsque l’on est confronté à des moments sensibles dans la vie d’un pays tous les acteurs qui ont un intérêt à la manipulation vont en profiter pour jouer leur jeu et occuper l’espace par des fake news. »

Plusieurs leviers sont prévus pour enrayer ce phénomène, notamment une meilleure occupation du terrain médiatique par les acteurs officiels ainsi que des formations et de la sensibilisation aux médias.

 

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