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Centrafrique: la Minusca réfute les accusations contre ses fonctionnaires

 

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 Il y a une semaine, le ministère des Affaires étrangères de la Centrafrique avait lancé un ultimatum à la Minusca qui devait prendre fin ce lundi 24 février pour que cette dernière rapatrie quatre de ses fonctionnaires. Ils sont accusés notamment d' « agissements antinomiques au code de bonne conduite » qui encadre les relations entre l'État centrafricain et la Minusca.

Les accusations portées sur les quatre fonctionnaires de la Minusca ne sont pas précisées, mais sont jugées suffisamment graves pour que le gouvernement menace de lever à partir de ce lundi leur immunité avant de les traduire en justice.

Alors sont-ils partis ou ne sont-ils pas partis de la Centrafrique ? La Minusca reste très discrète sur le sort des quatre fonctionnaires, officiellement pour des raisons de sécurité.

Cependant, son porte-parole a été très clair: « La Minusca n'est pas d'accord avec les allégations portées à l'encontre de ses collègues », explique Biliaminou Alao.

« Nous avons contesté cette décision du ministère des Affaires étrangères comme celle de plusieurs ambassades et diplomates présents en RCA. C’est pour cela que nous sommes entrés en discussion avec eux pour vérifier si effectivement les éléments en leur possession sont avÀérés », a-t-il ajouté.

Cette affaire semble avoir désormais plongé le gouvernement centrafricain dans l'embarras. Une source gouvernementale reconnaissait, ce lundi soir que « le gouvernement pourrait avoir déjà revu sa copie ».

De son côté, le Mouvement des patriotes centrafricains pour la paix, en pointe sur ce dossier, accuse les quatre fonctionnaires onusiens de « complicité avec des groupes qui veulent déstabiliser le pays », sans en apporter la preuve. La Minusca est au courant de ces allégations, selon son porte-parole par intérim, Biliaminou Alao.

« Nous n’avons aucun élément, ils n’ont produit aucun élément devant la Minusca. Toutes ces allégations, pour le moment, nous les avons lues, entendues dans les médias et nous ne pouvons pas les commenter sans que rien ne nous soit parvenu afin que nous, de notre côté, nous puissions également mener une enquête », a précisé Biliaminou Alao.

Cette organisation persiste et signe… Elle a déjà annoncé une manifestation devant le siège de la Minusca, à Bangui, le 4 mars prochain.

 

 

Centrafrique: avec la loi sur les partis, la vie politique se structure un peu plus

 

De notre correspondante à Bangui,  Charlotte Cosset

RFI 26 février 2020

 

Alors que le pays se prépare à aller aux élections en fin d’année, l’Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi relatif aux partis politiques et au statut de l’opposition. Jusqu’à présent la vie politique était régie par une ordonnance datant de 2005, qui était jugée insuffisante par les partis politiques. L’accord de paix signé le 6 février 2019 recommandait la révision de ce texte. C’est chose faite.

Le président du parti d’opposition URCA, Anicet-Georges Dologuele, s’est réjoui lors de son intervention : « Enfin notre pays va se doter d’une loi qui permettra aux partis politiques de fonctionner en connaissant leurs droits et leurs obligations. »

Parmi les obligations pour lutter contre les formations politiques pléthoriques, un  parti, pour qu’il ne soit pas dissout, doit recueillir au moins 5% des suffrages aux législatives ou aux municipales. C'est une des mesures majeures pour le ministre de l’Administration du territoire, Augustin Yangana-Yahote :

« Hier il y avait un certain laisser-aller mais aujourd’hui, je pense qu’il y a des cadres qui ont été établis pour que les partis politiques puissent se mouvoir, s’affirmer et prouver qu’ils sont des partis politiques responsables. »

Autre obligation : la tenue d’une comptabilité pour les partis ou encore la nécessité pour ceux bénéficiant de subventions de l’État d’être soumis au contrôle d’un organe habilité.

« Nous voulons qu’il y ait un assainissement du paysage politique dans notre pays. Un assainissement avec une structure, un ordonnancement juridique qui est ce texte de loi que nous venons d’adopter, qui va contribuer à ce qu’il y ait une réalité dans la stabilité du cadre institutionnel et qui n’empêchera pas la majorité comme l’opposition de porter leur point de vue », se réjouit Steve Koba, président du groupe parlementaire Cœurs unis, le mouvement présidentiel.

Parmi les autres nouveautés, l’introduction d’un statut du chef de l’opposition.

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