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Centrafrique: l'Autorité nationale des élections ciblée par les critiques

 

http://www.rfi.fr/ De notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset 15/03/2020 - 04:38

 

La Centrafrique doit aller aux élections à la fin de l’année. Mais des voix s’élèvent contre le processus pré-électoral qui a débuté. Plusieurs sujets sont mis sur la table par l’opposition et par l’Observatoire national des élections, notamment sur la mise en place qui a lieu en ce moment des démembrements de l’Autorité nationale des élections (ANE). Ces représentations de l’ANE seront sur le terrain pendant l’élection.

Martin Ziguele, premier candidat déclaré à l’élection présidentielle, et à la tête du parti MLPC, se plaint de la mise en place des organes représentatifs de l’ANE en région.

« J’ai reçu des réclamations de Berberati où celui qui est dans le démembrement local de l’ANE n’est pas mandaté par le MLPC. Comment se fait-il que sans mandat du bureau politique, quelqu’un se présente là-bas au nom du MLPC, avec quel mandat ? Et la même chose continue à se passer dans plusieurs villes de province. Donc c’est une démarche à mon avis concertée et nous ne pouvons pas accepter, parce que c’est le premier pas du processus électoral. »

Des plaintes similaires se lèvent du côté de la plateforme de l’opposition COD 2020. Elle accuse l’ANE de se placer dans une logique d’exclusion. L’Observatoire national des élections s’est exprimé également pour émettre plusieurs critiques.

« Il y a une crise électorale aujourd’hui entre les partis politiques, notamment de la majorité présidentielle, et l’opposition qui demande l’annulation. Il est donc important que l’ANE qui n’est qu’un organe exécutant reprenne les opérations de mise en place de ces démembrements en vue de trouver un consensus entre les acteurs et participe pleinement à l’organisation d’une élection qui ne sera pas contestée à la fin », explique Origine Bekoundi, secrétaire général de l’ONE.

En 2015, le premier tour des élections législatives avait dû être annulé. Plus de 200 000 procès-verbaux avaient été considérés comme inexploitables.

■ François Bozizé, toujours populaire en son pays

L’ancien chef d’État François Bozizé est sorti pour la première fois de Bangui depuis son retour d’exil en fin d’année. Il a choisi Bouar pour son déplacement où il y a tenu un meeting. Dans son fief historique à Bossangoa, l’ancien président originaire de la région y est toujours très apprécié notamment par les jeunes qui aimeraient sa visite.

Parfait est un jeune étudiant, il flâne au marché, il apprécie beaucoup François Bozizé. « Bozizé c’est notre ancien président. On ne sait pas s’il va se présenter aux élections ou pas. Mais Bozizé c’est notre président qu’on aime beaucoup parce qu’il fait ce qui est bon pour nous les Centrafricains. Bozizé est un président qui va sortir la RCA de la crise. Bozizé était notre président, on l’aime beaucoup. Il faudrait qu’il vienne à Bossangoa pour qu’on le voit, est-ce qu’il est en bonne santé, en bon état, en forme, c’est ça qu’on veut savoir. Mais depuis il est à Bangui on ne le voit pas. »

Lorsqu’on rappelle la prise de pouvoir par la force et la crise qui a éclaté pendant sa présidence, beaucoup balayent ces arguments comme Cédric : « Je suis content, c’est un ancien président qui a dirigé le pays pendant dix ans et il a bien fait. Donc c’est bien. »

La crise sous Bozizé, il l'élude : « Lorsque Bozizé était président, il y avait la paix. Nous n’avions pas de problèmes. On va où l’on veut, et puis on marche sans problème, on fait notre business, on va à l’école, très bien. Mais vous voyez actuellement dans les arrières-pays il n’y a pas des élèves qui vont à l’école. Il y a trop de problèmes en RCA. Donc on veut le Bozizé pour postuler à l’élection. »

Une dame à côté de nous vend du café. Elle est plus nuancée, et s’interroge sur les motivations de l’ancien président.

 

 

RCA: épidémie de rougeole, l'hôpital de Bossangoa ne désemplit pas

 

http://www.rfi.fr/ 14/03/2020 - 00:18 De notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

 

Fin janvier, le ministre de la Santé a déclaré l’épidémie nationale de rougeole en Centrafrique. La zone de Bossangoa est particulièrement touchée. L’hôpital régional ne désemplit pas. Depuis la mi-janvier c’est plus de 1 600 cas qui ont été pris en charge dans le centre hospitalier soutenu par MSF, (7 cas de décès ont été recensés dans la structure). Les complications de la rougeole obligent dans certains cas à l’hospitalisation. Reportage à l’hôpital général de Bossangoa.

À l’accueil, des femmes assises en rang attendent un diagnostic. Flavie vient avec son fils Azaf. Il a 4 ans, il est faible, il peine à ouvrir ses yeux tout pleurants : « Ça a commencé depuis trois jours. C’est à cause des boutons qu’il a sur la peau que je l’ai amené à l’hôpital pour vérifier si ce n’était pas la rougeole. Il y a eu un communiqué à la radio, si les enfants ont de la fièvre comme ça, il faut venir à l’hôpital. J’ai deux enfants. L’autre aussi est malade. Il a la conjonctivite et j’ai envoyé quelqu’un le chercher. »

La rougeole est une maladie très contagieuse, et les cas ne cessent d’affluer, c’est pourquoi à l’hôpital il a fallu créer un secteur consacré. Hilaire Doutoumbaye travaille pour MSF. Il est l’assistant coordinateur médical à l’hôpital de Bossangoa : « Le bâtiment c’était pour la malnutrition, mais par rapport à la situation, par rapport aux nombres de cas qu’on a reçus, on a déplacé les services de la nutrition pour un autre bâtiment et on a laissé ce bâtiment-là exclusivement. Et hormis le bâtiment, on a encore monté trois tentes pour ces patients. »

Une crise épidémique importante

Le Dr Sabé Sosthène, le médecin directeur adjoint de l’hôpital, explique les difficultés des autorités sanitaires : « La région de Bossangoa, de l'Ouham en général, est sortie d'une crise. Et après la crise, vous savez que les institutions sanitaires publiques ne fonctionnent pas vraiment, ce qui fait que la couverture vaccinale ne peut pas atteindre les coins reculés. Et quand vous voyez l'histoire du début de l'épidémie, le foyer de l'épidémie était dans un village qui est au fin fond. Je pense que c'est un problème de couverture vaccinale qui a fait que l'on est arrivé à ce niveau. »

La rougeole amène différentes complications notamment respiratoires, dans une pièce les cas les plus critiques. Apoline regarde son fils de 1 an dormir. Il est branché sur une machine pour l’aider à respirer : « À l’hôpital de Benzembe, on m’a envoyée ici parce que le cas était très grave, il est fatigué. Il a beaucoup de petits boutons sur le corps, c’est pour ça que je l’ai amené ici. Ça va un peu mieux, même s’il n’arrive toujours pas à manger et à boire de l’eau. »

Les enfants sont les plus touchés, mais des adultes sont aussi contaminés. Malgré les difficultés logistiques et sécuritaires, la vaccination a débuté dans la préfecture.

 

 

RCA: la qualité de l’eau de l’Ouham trouble les activités de la population

 

http://www.rfi.fr/ 13/03/2020 - 00:18 De notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

 

Cet été avait éclaté un scandale entourant l’exploitation minière chinoise dans la zone de Bozoum. Le père Aurelio y avait dénoncé les conséquences environnementales de l’exploitation intensive de l’or dans cette zone, sur le cours d’eau de l’Ouham. Malgré les interdictions d’exploitation des autorités, l’eau de l’Ouham en aval, à Bossangoa, est toujours très troublée. Ce qui inquiète beaucoup les populations.

Nicole et d’autres femmes font la lessive dans l’Ouham. L’eau est marron, de nombreuses particules flottent dans la rivière. Cette maman n’est pas rassurée : « Je suis vraiment très inquiète parce qu’avant l’eau était très claire, ici, tu pouvais voir le fond de la rivière. Mais maintenant, vraiment, ça ne va pas. On s’inquiète beaucoup d’avoir des maladies de peau ou des maladies dans notre corps, on ne sait pas. Mais comme c’est déjà la saison sèche, il n’y a pas beaucoup d’eau en ville, donc on n’a pas le choix que de venir ici. Ce qui est plus inquiétant encore, c’est que l’on doit utiliser cette eau pour le ménage à la maison. On s’inquiète de possibles problèmes de santé. »

► À lire aussi : RCA: un «désastre écologique» dans la zone de Bozoum

Les femmes se plaignent de démangeaisons et de l’apparition de boutons. Elles décrivent aussi la fuite des hippopotames de cette zone et la rareté du poisson sans doute asphyxié dans l’eau troublée.

Sur les étals du marché, le poisson se fait rare. Julienne est la présidente de l’Association des femmes vendeuses de poisson : « Les Chinois ont détruit la qualité de l’eau, c’est difficile de trouver du poisson aujourd’hui. Normalement, à cette période de l’année, le poisson est en quantité abondante, mais avec la mauvaise qualité de l’eau le poisson est devenu rare. Regardez, je n’ai même pas trouvé de marchandises encore pour aujourd’hui. Avant, on faisait des bénéfices de plus de 2 500 - 3 000 francs par jour, mais en ce moment c’est vraiment difficile c’est 100 francs, 500 francs que l’on peut gagner, parce qu’il n’y a pas de poisson. »

► Sur France 24 : En Centrafrique, une « rivière en ruines » à cause d’entreprises minières chinoises

Cette situation incommode les habitants de cette ville d’environ 57 000 habitants. La quinzaine de forages ne suffit pas pour ravitailler tout le monde. Face à cela, le maire de la ville a alerté Bangui, Pierre Denamguere : « On a alerté le gouvernement, les députés sont venus ici et se plaignaient. Et le gouvernement a pris une décision de ne pas recommencer à exploiter, mais jusqu’à présent les Chinois continuent à exploiter. Et ça ne va pas. L’eau est vraiment... C’est de la bouillie. On ne peut pas utiliser l’eau, même pour se laver. »

Le maire a appelé les populations à ne pas utiliser l’eau de la rivière. Un rapport concernant la zone de Bozoum en juillet dernier alertait déjà sur la pollution de ce cours d’eau. Le ministre des Mines assure qu’une nouvelle mission d’évaluation est actuellement en cours.

 

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