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DISCOURS DE SON EXCELLENCE PR. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT,  A L’OCCASION DU QUATRIÈME ANNIVERSAIRE DE SON INVESTITURE A LA MAGISTRATURE SUPRÊME DE L’ÉTAT

 

BANGUI, 30 MARS 2020

  • Centrafricaines ;
    • Centrafricains ;
    • Mes Chers Compatriotes,

Il y a quatre ans, vous m’avez confié la destinée de notre pays, à l’issue des élections libres, transparentes, démocratiques et inclusives, saluées par l’ensemble de la communauté internationale.
Le contexte socio-politique et économique était marqué par des crises récurrentes et paralysantes : présence massive des groupes armés sur l’ensemble du territoire, échec du processus de réconciliation et de désarmement, déplacement forcé des populations, avec pour corolaire une atmosphère d’angoisse et d’insécurité généralisée.
Votre courage nous a permis de sortir de ce traumatisme sans précèdent et de revenir à la légalité constitutionnelle, en affrontant sans passion cette épreuve électorale qui s’est déroulée dans un environnement apaisé et un esprit patriotique exceptionnel.
Laissez-moi vous remercier une fois de plus de cette marque de confiance et de sympathie, à laquelle je reste très sensible.
Laissez-moi également dire toute ma gratitude à tous ceux et à toutes celles qui, à mes côtés, ont partagé ou partagent encore de lourdes responsabilités de l’Etat, le plus souvent dans des conditions difficiles, propres à un pays post conflit, mais aussi dans un océan d’incompréhensions, souvent alimentées par la haine et la méchanceté, générées par la crise.
Mes Chers Compatriotes ;
Comme en 2017, 2018 et 2019, c’est avec le même enthousiasme que je me présente devant vous, en serviteur dévoué, pour vous entretenir sur l’état de notre Nation, à l’occasion du quatrième anniversaire de ma prise de fonction.
Comme vous l’aurez constaté, seul l’intérêt général a accompagné et accompagnera tout mon mandat. C’est donc au nom de cet intérêt général qui exige la reddition des comptes à tout détenteur de mandat, que je reviens devant vous pour satisfaire à ce rite républicain, désormais ancré dans notre tradition démocratique.
Je ne vais pas m’étaler sur les acquis de la quatrième année et sur tout ce que nous avons fait ensemble, les résultats sont visibles, palpables.
Néanmoins, permettez-moi de rappeler, dans un esprit ouvert et direct et dans l’ordre de priorités défini dans ma Profession de foi, les quelques acquis, défis et perspectives de mon action à la tête de l’Etat.
Mes Chers Compatriotes,
Les exigences de relèvement et de la consolidation de la paix dans notre pays, m’amènent à mesurer avec vous tout d’abord les efforts enregistrés en faveur de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale, après cette période longue et douloureuse de notre histoire.
A cet effet, la quatrième année qui s’achève a eu le mérite de poursuivre l’application strict du DDRR et de la RSS, inclus dans l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation, la reconstruction des forces de défense et de sécurité, l’action humanitaire et la réconciliation nationale, le renforcement de la justice, la promotion des Droits de l’Homme et de l’Etat de droit pour endiguer l’injustice et l’impunité chroniques, qui sont des gangrènes dans notre course vers la paix.
Dans le cadre du DDRR, j’ai continué à exhorter les groupes armés à renoncer volontairement et consciemment à la violence comme mode de revendication politique, à adhérer au programme DDRR et à s’engager solennellement, puis à œuvrer désormais pour le retour définitif de la paix dans notre pays.
C’est en parfaite cohérence avec cet impératif qu’un Programme National de DDRR a été réalisé.
Hier, le DDRR, à travers le projet pilote, a démontré devant les groupes armés, devant le peuple centrafricain et devant la Communauté Internationale notre bonne volonté d’aller vers la paix.
Aujourd’hui, après Paoua, l’Unité d’Exécution du Programme National DDRR contribue pour beaucoup à la stabilisation de la région Ouest de notre pays et ses environs.
La perspective actuelle est d’aller très rapidement vers les autres régions, surtout après la signature de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation du 6 février 2019 au sein duquel le DDRR est inscrit parmi les priorités.
En outre, la Commission Nationale de lutte contre la prolifération des Armes Légères et de Petit Calibre (COMNAT-ALPC) est quant à elle, en charge de la collecte des armes auprès des civils.
Certes, des efforts ont été accomplis en matière de DDRR à l’Ouest, de restauration progressive de l’autorité de l’Etat, du lancement des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité, USMS.
Les premières USMS ont vu le jour à Bouar grâce à l’appui de l’Union Européenne que je tiens particulièrement à saluer ici.
C’est une expérience qui est en bonne voie et crée une cohésion et une fraternité entre les éléments des forces dirigés par l’Etat-major Général de l’Armée centrafricaine.
Dans le cadre de la RSS, nous avons poursuivi la mise en œuvre des actions contenues dans la Stratégie Nationale de Réforme du Secteur de Sécurité validés le 10 mars 2017 par le Comité Stratégique DDRR/RSS/RN.
J’ai noté des avancées majeures dans le renforcement des capacités opérationnelles en matière de formation, d’équipement et de réhabilitation de certaines infrastructures de nos Forces de Défense et de Sécurité Intérieure.
Grâce à cette réforme, notre pays bénéficie des appuis divers des Partenaires tels que la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, l’Union Européenne à travers l’EUTM, et nous continuons un plaidoyer actif pour la levée totale de l’embargo qui pénalise nos Forces.
Les appuis actuels ont déjà permis la poursuite du redimensionnement et du redéploiement de nos Forces de Défense et de Sécurité dans certaines villes du pays, et ces efforts vont se poursuivre et s’amplifier.
Des documents relatifs à la stratégie d’intégration et de l’harmonisation des grades sont élaborés et en phase d’opérationnalisation pour la prise en compte de certains éléments des groupés armés éligibles dans le programme DDRR.
Par ailleurs, d’autres documents relatifs à l’intégration dans les Forces de Défense et de Sécurité de certains éléments des groupes armés éligibles au DDRR sont finalisés et n’attendent que la phase du Désarmement, Démobilisation pour la sélection des candidats selon les critères définis.
Tout ce processus prend en compte l’intégration du genre. A cet effet, un répertoire du personnel féminin est en cours d’élaboration et sera bientôt publié.
Le développement d’un plan de communication approprié permettra une large diffusion de ce processus auprès du grand public.
En matière de reconstruction des FACA, ma vision connue et à laquelle tout le peuple centrafricain adhère totalement est de bâtir une armée de garnison et de reconstruire une armée républicaine, pluriethnique et professionnelle, capable de défendre l’ensemble du territoire et de protéger les frontières de notre pays.
Dans ce secteur, l’essentiel de nos efforts s’est concentré sur l’assainissement de la gouvernance. Désormais, les lois relatives à la programmation et aux juridictions militaires ainsi que le Plan national de Défense ont été promulguées.
Les formations, les carrières, les postes à pourvoir, les contrôles et la gestion sont bien règlementés et le fichier solde fiabilisé.
Avec le plan de dotation en armement disponible et le statut général des militaires en attente d’adoption par l’Assemblée Nationale, nous pouvons noter avec fierté que le bon fonctionnement de notre système de défense est amorcé.
La chaîne de commandement n’est pas en reste. Les commandants des zones de défense Nord-Ouest, Nord-Est et Sud-Est et d’une partie de leur Etat-Major sont nommés.
Le processus de reconversion de la hiérarchie militaire et des hommes de rang a été lancé et 1.473 jeunes citoyens ont été recrutés sur l’ensemble du territoire.
Ainsi, les objectifs de rajeunissement de l’armée et de la réduction du déficit après le départ à la retraite de certains éléments, sont atteints.
L’équipement progressif en armement, habillement, moyens logistiques et les constructions et réhabilitations des infrastructures de nos forces se poursuivent tant à Bangui que dans les villes de provinces.
Bien entendu, tous ces efforts ont été faits grâce au budget national revu à la hausse pour répondre aux exigences de l’armée de garnison, avec les appuis nécessaires des Partenaires Techniques et Financiers.
Abordant la problématique de la capacité opérationnelle des FACA, je tiens à rappeler que nous poursuivons la formation des militaires à travers l’EUTM-RCA et les Experts Russes sur l’emploi des armes et par l’UMAS pour la réduction des risques sur les restes des explosifs de guerre.
Ainsi, six (6) Bataillons d’Infanterie Territoriale, un Bataillon amphibie et l’armée de l’air ont été formés.
Dans le cadre de nos bonnes relations de coopération, la formation dans divers domaines de nos Forces Armées est en cours dans certains pays frères d’Afrique, en Europe et en Chine.
Grâce à une bonne coordination des échanges, nos Forces Armées ont pu bénéficier d’un appui substantiel en équipements non létaux dans le cadre de l’appui logistique et de la dotation en équipements aux unités à déployer.
En effet, la France a doté notre outil de défense en matériels de navigation fluviale, en véhicules tactiques et en armement.
La Chine de son côté nous a livré des engins de travaux de génie. La Fédération de la Russie a effectué la dernière tranche de livraison d’armement.
Je tiens à adresser notre entière gratitude à ces pays amis dont les appuis ont aussi permis l’assouplissement de l’embargo.
Nous continuons notre plaidoyer auprès des pays amis et des institutions internationales pour la levée totale de l’embargo.
Enfin, pour réussir la modernisation et la transition vers une armée de garnison, un accent particulier a été mis sur la réhabilitation progressive et la construction des infrastructures militaires.
Ainsi à Bouar, des logements et bâtiments administratifs sont réhabilités et des dépôts d’armes construits grâce à l’appui financier de l’Union Européenne.
Au Camp Kassaï, des infrastructures de formation professionnelle et de reconversion, d’instruction et d’entraînement sont réalisées ainsi que la construction d’une base logistique.
Pour la première fois depuis sa création, notre Armée disposera d’une base logistique, au PK22, route de Damara, dont les travaux de construction sont très avancés.

En ce qui concerne l’emploi des forces, il faut noter qu’environ 1.600 éléments des FACA ont été déployés conjointement avec la MINUSCA dans les seize localités jadis sous l’influence des groupes armés, notamment à Bria, Paoua, Bambari, Bouar, Bangassou, Kaga-Bandoro, Dékoa, Sibut, Boali, Alindao, Mongouba, Obo, Am-Dafock, Berberati, Nola, Bocaranga et Birao, pour des missions immédiates de sécurisation sur le terrain.

Ces efforts se poursuivent et s’amplifient sans oublier la reprise progressive des traditionnelles missions de contrôle fluvial sur l’Oubangui.
Pour la première fois, notre pays a amorcé le processus de recrutement massif de 2.600 jeunes dans les FACA, sur l’ensemble du territoire.
En dépit des contraintes qui s’imposent à nous, et qui sont essentiellement d’ordre financier, une grande partie des priorités sont réalisées et nous avons espoir que notre Armée sera rebâtie conformément à l’attente de la population.
Dans ce chapitre, je voudrais vous entretenir sur la sécurité publique, qui est l’un des volets sur lequel j’ai toujours porté une attention toute particulière.
Ma vision est de permettre à nos forces de sécurité de lutter efficacement contre la criminalité transfrontière, la prolifération des armes de petits calibres ainsi que le trafic illicite de drogue et de stupéfiants.
Sur le plan national, je note avec satisfaction la pacification progressive du 3eme Arrondissement de Bangui, avec la réouverture du Commissariat de cet Arrondissement
Par ailleurs, la mobilisation des forces de sécurité intérieure à travers les patrouilles de jour comme de nuit a permis la libre circulation des personnes et des biens et ramené la quiétude dans la capitale Bangui, à la satisfaction de tous.
J’ai noté avec satisfaction la contribution de nos forces de défense et de sécurité à la sécurisation efficace des recettes publiques sur l’ensemble du territoire, notamment sur le corridor Bangui-Beloko et la réouverture des axes routiers Koui-Ngaoundaye.
Grâce à nos forces de défense et de sécurité, la ville de Bambari a été pacifiée, ce qui a permis l’organisation de la Journée Mondiale de l’Alimentation et la Journée des Femmes Rurales.
Sur le plan institutionnel, nous avons procédé à l’extension des Ecoles de Gendarmerie de Kolongo et à la construction d’un centre de formation à Bouar.
Aujourd’hui, 500 élèves Policiers et 500 élèves Gendarmes sont en cours de formation à Bangui, après les 1000 autres recrutés l’année dernière et qui sont déjà opérationnels. En outre, 200 auxiliaires de la fanfare de Police nouvellement intégrés suivent leur formation initiale.
Le Gouvernement étudie la possibilité de recrutement de 455 auxiliaires de la Police dans les corps en tenue, selon les critères d’aptitude définis par le Comité mis en place à cet effet.
Il convient de mentionner que certains éléments des forces de sécurité intérieure sont en formation actuellement en France, aux Etats Unis, en Russie, en République Populaire de Chine, en Guinée Equatoriale, au Maroc, en Egypte et au Congo-Brazzaville.

Dans le domaine de l’action humanitaire et la réconciliation nationale, vous le savez, j’ai toujours été préoccupé par la situation humanitaire de nos Compatriotes déplacés internes et réfugiés dans les pays voisins.
J’ai donc instruit le Gouvernement d’assurer leur prise en charge et de créer les conditions idoines de leur retour chez eux.
Toutes ces conditions réunies, ajoutées à la signature de l’Accord Politique pour la Paix, ont favorisé le retour du pays de nombreux de nos Compatriotes réfugiés et exilés.
Aujourd’hui, plus de 5.000 ménages soit environ 25.000 personnes ont bénéficié des rapatriements facilités et plus de 100.000 retours spontanés en provenance du Cameroun, du Congo, de la République Démocratique du Congo, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Burkina-Faso, du Bénin pour ne citer que ceux-là, ont été enregistrés.
Avec l’appui des partenaires humanitaires internationaux et nationaux, une assistance de toute nature a été apportée à plus d’un million de personnes, précisément à Zemio, Bangassou, Bria, Batangafo, Kaga-Bandoro, Paoua, Mobaye, Mongoumba et Damara.
Grâce à l’appui de la Banque Mondiale, un mécanisme de protection sociale à travers le projet PACARD, d’un montant de seize (16) milliards de FCFA, est en cours de réalisation à Bambari, Paoua, Bangassou, Kaga-Bandoro et dans les 3eme et 5eme Arrondissements. Plusieurs infrastructures socio-économiques sont également réalisées.
La réconciliation nationale, mes chers Compatriotes, est un combat de chaque instant que nous devons gagner ensemble.
C’est dans cette optique que quarante un (41) Comités Locaux de Paix et de Réconciliation ont été mis en place et sont opérationnels dans les sept (7) régions du pays.
La célébration de la 4ème édition de la journée nationale du 11 mai dédiée à la mémoire des victimes des conflits politico-militaires en Centrafrique marque une fois de plus mon refus de l’impunité et traduit, si besoin en était, ma détermination à placer les victimes au cœur du processus de consolidation de la paix et du vivre ensemble.
A ce sujet, la Loi portant création, organisation et fonctionnement de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation est adoptée par l’Assemblée Nationale et suit la procédure de promulgation.
Sur le plan institutionnel et politique, il n’est pas vain de rappeler que le Gouvernement pour sa part, a procédé à l’exécution des engagements au nombre de 21 contenus dans l’article 4 et les annexes 1 et 2 de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en Centrafrique.
Après avoir créé et rendu opérationnel le mécanisme de mise en œuvre de l’APPR, un Gouvernement inclusif a été mis en place et les représentants des groupes armés nommés aux postes de haute responsabilité dans les Cabinets de la Présidence de la République et de la Primature.
Les lois réclamées par l’Accord, notamment celles sur la Décentralisation, le Statut des anciens Chefs d’Etat et celle régissant les partis et groupements politiques sont adoptées par l’Assemblée Nationale et seront bientôt promulguées.
La mise en œuvre de l’Accord a commencé à produire des résultats probants, tels que l’accalmie observée dans certaines régions et le changement d’attitude de certains anciens groupes armés.
Tous les espoirs d’une paix possible reposent sur cet Accord Politique.
Abordant la passionnante question de la Justice, je dois réaffirmer ma ferme volonté de lutter contre l’injustice sociale et l’impunité. J’ai la conviction que la justice bâtit une nation, mais l’impunité est la honte des peuples. C’est pourquoi, la justice, garante des libertés individuelles et de la quiétude sociale, de la paix et de la réconciliation nationale, a toujours été pour moi la base de toute vraie réconciliation.

Ma préoccupation quotidienne est qu’elle dise le droit en toute impartialité, en toute indépendance dans le respect des procédures.
Cette justice doit garantir la sécurité des biens et des personnes, l’une des voies par excellence de l’enracinement de la démocratie, de la paix, de la réconciliation.
A ce sujet, je n’ai cessé d’exhorter, à l’occasion des cérémonies de rentrée solennelles des Cours et Tribunaux, tous les acteurs judiciaires, surtout les Magistrats, à préserver l’indépendance de la justice par leur courage, le sens élevé de leur mission, avec une grande probité morale.
Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, j’ai promulgué la Loi portant organisation de l’aide légale. Cette loi vise à renforcer le cadre juridique en matière d’assistance judiciaire tant en matière pénale que civile, longtemps régie par un Arrêté de 1962 devenu obsolète, et même tombé en désuétude.
Cette loi présente l’avantage de mettre à la disposition des Compatriotes démunis et ne pouvant s’offrir les services des Avocats, des services d’aide judiciaire en matière de conseil, d’orientation et de règlement des conflits par la médiation. Il s’agit, je dois le préciser, d’une grande avancée dans la lutte contre l’impunité.
Dans cette optique, plusieurs sessions criminelles ont été organisées par les Cours d’Appel de Bangui et de Bouar en plus des audiences correctionnelles dans les Tribunaux de Grande Instance qui se déroulent normalement, à l’exception des juridictions des zones occupées par certains groupes armés.
La Cour Pénale Spéciale est aussi à pied d’œuvre.
Au cours de cette 4ème année, l’accent a été également mis sur la réhabilitation des infrastructures. Ainsi, les Tribunaux de Grande Instance de Mbaïki et de Bangassou ont été rénovés et redevenus opérationnels. Il en est aussi des maisons d’arrêt de Bambari, de Bangassou, de Bossangoa et de Paoua.
Un accent a été mis sur la démilitarisation des prisons. En effet, la stratégie nationale et le plan d’action induit ont été validés et le déploiement du personnel civil a démarré avec l’aide logistique de la MINUSCA et du PNUD.
Un financement d’un (1) million de dollars, soit environ 600 millions de FCFA a été mobilisé auprès du Gouvernement américain pour le recrutement de 300 agents pénitenciers.
Un autre financement de 28 millions 144 mille dollars, soit environ 17 milliards de FCFA a été mobilisé auprès de la MINUSCA pour la réinsertion des détenus et des établissements pénitentiaires.
En matière de Droits de l’Homme, j’ai noté l’opérationnalisation progressive des Tribunaux militaires ayant pour vocation d’asseoir au sein des Forces de défense et de sécurité, les principes du respect des droits humains et surtout dissuader ceux qui auraient des velléités criminelles.
En concluant sur ce volet, je voudrais dire que depuis ma prise de fonction, j’ai toujours œuvré pour une justice indépendante, équitable, véritable, garantie pour tous les citoyens quel que soit leur statut.
Je poursuivrai sans relâche cette œuvre qui, pour moi, est le socle d’une vraie paix, d’une vraie sécurité et d’une vraie réconciliation.
Dans le domaine de protection de l’Enfant, j’ai engagé le Gouvernement à renforcer les mesures de prévention et de protection de l’enfant contre le mariage précoce, les mutilations génitales féminines, l’enrôlement des enfants et la protection des femmes contre les violences basées sur le genre et la lutte contre la traite des personnes.
Ainsi, en 2019, j’ai parrainé au mois de mai, la campagne de lutte contre l’enrôlement des enfants dans les groupes armés.
J’ai le plaisir de vous informer que le Code de protection de l’enfant et le plan annuel de lutte contre la traite des personnes viennent d’être adoptés.
Les différents documents de stratégies pour la mise en œuvre de la loi sur la parité, la protection des femmes contre les violences, l’autonomisation socio-économique des femmes, le développement de leur leadership et leur participation aux instances de prise de décision et à la gestion des affaires publiques, ont été réalisés.
L’adoption d’un Code électoral sensible au genre, la mise en place du réseau des femmes pour la transformation de l’Afrique et la mise en place du Réseau d’alerte pour la protection des jeunes filles au sein des établissements scolaires à Bangui et dans l’arrière-pays, figurent au rang des actions entreprises.
Aussi, le renforcement du cadre d’intervention de l’Unité Mixte d’Intervention et de Répression Rapide des Violences faites aux femmes et aux filles (UMIRR) ainsi que la construction de la Maison de l’espoir pour l’accueil temporaire des victimes de violences basées sur le genre et la traite des personnes contribuent à la protection de la femme et de l’enfant.
Dans les semaines à venir, sera adoptée la loi portant prévention, répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en milieu scolaire, universitaire et du travail.
Le Gouvernement procédera ensuite au lancement des projets de lutte contre les violences basées sur le genre et l’autonomisation socio-économique des femmes et groupes vulnérables (veuves, personnes du 3ème âge et vivant avec handicap) à Sibut, et d’autres villes de la RCA.
Il sera également procédé au lancement du projet pilote de résilience et d’adaptation des femmes rurales de Bérengo et de Bambari aux changements climatiques et pour la paix, sur financement respectifs de l’Union Européenne, de la France et de l’ONU-femme.
Mes Chers Compatriotes,

L’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs constituent l’une de mes priorités, car nécessaires à la mobilisation des ressources financières pour la reconstruction de notre pays.
L’une des principales priorités concerne la mise en œuvre rigoureuse du RCPCA et l’amélioration des chiffres clés de l’économie centrafricaine.
Ainsi, le Plan National de Relèvement et de Consolidation de la Paix est entré dans la 3ème année de sa mise en œuvre. Comme vous le savez, le coût estimé des besoins, lors de la conférence internationale de Bruxelles de 2016, s’élevaient à 3 milliards 500 millions de dollars américains sur cinq ans.
Le financement approuvé est de l’ordre de 2 milliards 655 millions de dollars américains, soit un taux de mobilisation de ressources de 76%.
Cette bonne performance en termes de mobilisation des ressources est toutefois dépendante des ressources extérieures à 90%.
Pour l’année 2019, le Gouvernement a favorisé l’augmentation des recettes dans les secteurs productifs et commerciaux pour améliorer la proportion des investissements internes et diminuer progressivement cette dépendance extérieure.
Ainsi, le taux de décaissement enregistré au 31 décembre 2019 au niveau du Système de Gestion de l’Information sur les Investissements (SG2i) a atteint plus de 74,78 %. Cela témoigne d’un très bon niveau de disponibilité des ressources financières.
C’est pourquoi, j’ai instruit le Gouvernement de continuer à améliorer l’utilisation et l’absorption de ces ressources axées sur les résultats du RCPCA.

Par ailleurs, la mise en œuvre des engagements du Cadre d’Engagement Mutuel, considéré comme le cadre de référence politique pour la stabilisation et la paix en RCA, a globalement enregistré en fin 2019 des avancées significatives, notamment dans le domaine de la sécurité, la gouvernance et la réconciliation nationale.
A la faveur de l’Accord de Paix du 6 février 2019, des réalisations ont porté sur la recherche de la paix, la résilience des communautés et les réformes socio-économiques avec la création des conditions d'un désarmement complet des groupes armés, le renforcement de l'autorité de l'Etat et la préservation de l'unité et l'intégrité du pays.
Au vu des acquis qui sont importants et méritent d’être résolument renforcés en 2020 et au-delà, nous devons accélérer la mise en œuvre du RCPCA en renforçant sa capacité de planification, de programmation et d’exécution de la stratégie appropriée.
En ce qui concerne l’assainissement des finances publiques, mon objectif demeure l’amélioration de la stabilité du cadre macroéconomique, l’accroissement de la mobilisation des recettes domestiques et la transparence budgétaire.
C’st ainsi que sur la base du plan de développement élaboré en 2016, j’ai fait signer le 20 juillet 2016, un accord triennal 2016-2019 avec le FMI au titre de la Facilité Elargie de Crédit, véritable gage du réengagement de tous les partenaires techniques et financiers au chevet de l’économie nationale.
L’exécution de ce programme que j’ai fortement recommandé a permis d’obtenir des résultats très encourageants.
Ainsi, sur le plan de la coopération économique et budgétaire, le Gouvernement a organisé successivement, avec satisfaction et sans dérapage, les six (6) revues prévues dans le cadre du programme. La sixième revue qui s’est déroulée en 2019 a donné lieu au dernier décaissement convenu avec le partenaire.
Avec mon implication personnelle dans les négociations d’un nouveau programme de 2ème génération à Washington, le FMI a approuvé, le 20 décembre 2019, notre programme de développement économique et financier soutenu une fois de plus par une Facilitée Elargie de Crédit durant la période de 2020-2022.
Ce nouveau programme qui classe la RCA parmi les bons élèves du FMI, visera, entre autres, le volet gouvernance dans la gestion des finances publiques avec l’implication de la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance qui veillera à la mise en œuvre des actions qui seront identifiées dans ce cadre.
Il y a lieu de noter qu’un accent particulier a été mis sur la politique de la parafiscalité avec la promulgation de la loi régissant les entreprises et établissements publics.
Dans ce sens, le Gouvernement a décidé de la suppression, à travers la loi des finances rectificative de 2019 et la loi des finances 2020, des entreprises et établissements publics qui ne sont pas économiquement justifiés.
Vous vous rappellerez qu’il y a quelques mois, j’ai lancé le projet de digitalisation qui consiste en la dématérialisation des paiements des impôts et taxes dans l’optique d’accroître leur mobilisation, et au paiement mobile de salaires dont la phase expérimentale démarrera en janvier prochain.
Afin de renforcer la capacité opérationnelle du cadre d’exécution de ce projet, j’ai recommandé et procédé à la pose de la première pierre de l’hôtel des Impôts dans lequel toutes les opérations à caractère fiscal seront centralisées.
Dans le cadre de la dynamique sous-régionale, le Gouvernement a bouclé la transposition des directives de la gestion harmonisée des finances publiques de la CEMAC dans le corpus juridique national.
Désormais, l’exécution budgétaire en mode programme permet une mise en œuvre budgétaire et comptable axée sur la performance des administrations centrafricaines, avec l’accord du PNUD, Pôle Dakar, du FMI et de la CEMAC, pour l’accompagner dans cette tâche.
En lien avec les objectifs de développement fixés par le Gouvernement, la loi sur le partenariat public-privé a été promulguée.
Sur le plan de l’exécution budgétaire, le Gouvernement a bénéficié des appuis budgétaires consentis par la Banque Mondiale, l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement.
Sur le plan interne, la prudence qui a caractérisé la gestion des finances publiques a permis d’accroître les recettes intérieures à hauteur de 117 milliards 700 millions de FCFA contre 93 milliards 500 millions de FCFA deux ans plus tôt, soit 8,7% du PIB en 2019 contre 7,8% en 2017.
Cet accroissement s’est fait en dépit des perturbations que les forces nuisibles font peser sur les administrations fiscales et douanières.
Pour maintenir le cap de la mobilisation des ressources domestiques, la transformation du poste de Mongoumba en bureau de recettes douanières est faite et les services déployés.
L’informatisation de ce bureau ainsi que celle de Gamboula et la construction d’un port sec à Douala et à Kribi au Cameroun, au PK 26, route de Boali, permettront d’accroître sensiblement la mobilisation des recettes douanières.
Au cours de l’année 2019, nous avons poursuivi le paiement régulier des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, des pensions et des bourses d’études, parallèlement avec l’apurement des arriérés intérieurs, y compris les arriérés dus aux bénéficiaires de DVA et au personnel d’Air Afrique.
Je mentionne que pour les dépenses en capital, il y a eu un décaissement total de 96 milliards 700 millions de FCA correspondant à une augmentation d’environ 80% par rapport à l’année précédente.
Ainsi, l’utilisation des moyens modernes nous permettra de sécuriser davantage les recettes publiques.
Le Gouvernement a entamé l’opérationnalisation de la gestion informatisée des pensions aussitôt après la promulgation de la loi portant mensualisation du paiement des pensions.
Tout cela est le fruit d’une gouvernance économique et financière saine, marquée par une stabilité des indicateurs macroéconomiques, une amélioration constante de l’environnement des affaires et un bon niveau de mise en œuvre du RCPCA.
En perspective, sont pris en compte, la modernisation des institutions, le développement du capital humain et du bien-être social, la transformation structurelle de l’économie, le développement des infrastructures harmonieusement réparties sur le territoire, la préservation de l’environnement, l’intégration régionale et la coopération internationale.
J’ai le plaisir de vous informer que notre économie a retrouvé le chemin de la croissance. Le taux du PIB qui était de – 36% en 2016 est passé à 5% en 2019 avec une pression fiscale de 10%.
Nous devons poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de rigueur dans la gestion budgétaire, notamment en luttant contre la corruption et la gabegie.

Mes Chers Compatriotes ;

Comme je l’ai rappelé, l’une de mes priorités était la relance des secteurs productifs, notamment l’agriculture, l’élevage, l’énergie, les mines, les eaux et forêts, les infrastructures, le commerce, les télécommunications, la communication et les médias.
En abordant le domaine de l’Agriculture et de l’Elevage, je voudrais mentionner que plusieurs projets ont été exécutés ou sont en cours d’exécution, au nombres desquels la relance de la production agropastorale dans les savanes (PREPAS) qui couvre les Sous-préfectures de Bouar, Baoro, Bossemptélé et Yaloké pour un coût total de 29 Millions de dollars américain soit environ 15 milliards de FCFA sur une période de six (6) ans, financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA).

Pour encourager la relance de la culture du coton, nous avons, en février dernier, payé tous les arriérés dus aux producteurs du coton pour un montant d’un (1) milliard 931 millions de FCFA.
Il me plait également d’évoquer dans le sillage de l’agro-business, le développement de la filière maïs avec en 2019, plus de 1400 agriculteurs mobilisés par la société SH HUSACA à travers 80 groupements et coopératives agricoles dans l’Ombella M’Poko.
L’appui technique de l’ACDA à ces groupements a permis la culture de 400 hectares de maïs dans cette zone avec 960 tonnes collectées pour un chiffre d’affaires de 80 Millions de FCFA.

S’agissant de l’Elevage, plusieurs efforts ont été déployés en collaboration avec les partenaires pour offrir à nos Compatriotes éleveurs des conditions favorables à l’exercice de leurs activités.
Nous avons en effet mis l’accent sur les infrastructures modernes pour une meilleure production, notamment par la construction du marché terminal moderne à bétail de Bangui au village Bouboui, PK 45, route de Boali sur financement de la BAD ; la construction et l’équipement du nouveau laboratoire central vétérinaire (LACEVET) à Bangui sur financement de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.
Avec l’appui du CICR, 220.136 bovins ont été vaccinés contre le PPCB et 31 caprins vaccinés contre le PPR.

Soucieux de la santé de la population, le Gouvernement a mis à la disposition des secteurs de Sibut, Dékoa et Kaga-Bandoro, 6.000 doses de vaccins antirabiques pour le contrôle de la rage et 46.263 animaux de toutes espèces ont été vaccinés.
En ce qui concerne les mines, le Gouvernement a organisé, en février dernier, le premier Salon International des Mines, des carrières et du pétrole (SEMICA).
Ce forum qui a réuni plus de plus de 1000 participants venant de différents horizons, vise à donner un nouvel élan à notre secteur minier en relevant les potentialités géologiques de notre pays et les opportunités qu’offre le cadre juridique pour l’attraction d’investissements directs étrangers.
Dans le domaine du pétrole, le Gouvernement a poursuivi l’exécution des obligations sociétales des sociétés PTIAS et PTIAL au profit des populations riveraines.
Ainsi, pour la Vakaga, 23 forages équipés de pompes à motricité humaine ; 1 collège d’Enseignement Général ; 1 Centre de Santé et une école primaire, pour un montant total de 464.000.000 de FCFA ont été réalisés, en dépit des conditions sécuritaires difficiles.

Pour la Bamingui-Bangoran, 8 forages équipés de pompes à motricité humaine et 2 écoles primaires ont été construits, pour un montant total de 122.000.000 de FCFA.
Grâce au financement des partenaires du secteur, un nouvel immeuble moderne de trois étages devant abriter les services du Ministère des Mines et de la Géologie a été construit.
S’agissant de l’Énergie, nous nous sommes employés à construire de nouvelles unités et à réhabiliter les anciennes.
Compte tenu de l’importance de ce secteur, je voudrais noter avec vous les efforts consentis par le Gouvernement portant sur:
• la remise en service de 8 centres secondaires dans les villes de Mbaïki, Bambari, Carnot, Paoua, Bouar, Bozoum, Moungoumba et Berberati par l’ENERCA ;
• le dédoublement de la capacité installée de l’usine de Boali II dans le cadre du projet d’interconnexion des Réseaux Electriques entre la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo, financé par la BAD à hauteur de 23 milliards 500 millions de FCFA permettra d’obtenir 10 mégawats au quatrième trimestre de cette année ;
• la construction d’un champ solaire de 15 mégawatts à Sakai sur financement de la République Populaire de Chine dont le démarrage des travaux est prévu pour le mois d’avril de cette année;
• le renforcement de la centrale thermique de Bangui de 10 mégawatts supplémentaires et l’éclairage public par des lampadaires solaires de 35 avenues de Bangui, sur financement du Fonds Saoudien à hauteur de 7 Milliards 500 millions de FCFA dont les travaux ont été lancés le 2 mars dernier ;
• la construction d’un champ solaire de 25 Mégawatts à Danzi, au PK 20 route de Boali sur financement de la Banque Mondiale à hauteur de 32 milliards 500 millions de FCFA dont le processus de recrutement du maître d’œuvre est déjà enclenché.
Je voudrais dire ici que mon ambition est d’apporter une solution durable au déficit de l’offre d’électricité qui sape depuis plusieurs années les efforts du Gouvernement pour le développement de notre pays.
S’agissant du sous-secteur hydrocarbures, des efforts ont été déployés par le Gouvernement pour accroître notre capacité de stockage et de distribution. On pourrait noter, entre autres :
• la construction du 15ème Bac de stockage d’une capacité de 5.500m3;
• la construction de nouvelles Stations par la société TRADEX CENTRAFRIQUE ;
• la remise en service de plusieurs autres stations-services dans les villes de Mbaïki, Berberati, Bossembelé, Sibut, Bossangoa et Damara.
En abordant la problématique de l’environnement, et notamment la lutte contre les changements climatiques, un accent particulier a été mis sur l’élaboration du programme-pays pour l’accès aux financements du fonds verts climat.
En ce qui concerne les acquis dans le domaine des eaux et forêts, le Gouvernement a poursuivi la gestion de ce secteur dans le strict respect de nos engagements internationaux en faveur du climat et de la biodiversité.
C’est ainsi qu’un document national de politique forestière pour la période 2019-2035 et un projet de Loi d’organisation forestière pour la bonne gouvernance du secteur ont été élaborés.
Aussi, la signature de la convention de partenariat entre le Gouvernement et la Société Générale de Surveillance dans le cadre de la production mensuelle des données des cours de bois sur le marché international servant de base aux travaux de révision des valeurs mercuriales et FOT permettra d’augmenter les recettes publiques.
Dans le domaine des transports, je voudrais vous dire qu’en dépit des difficultés conjoncturelles, des réalisations pertinentes ont ponctué nos actions pendant l’année écoulée.
Sans être exhaustif, nous pouvons noter qu’en vue d’assurer le contrôle des différentes activités dans le transport routier, le Gouvernement a procédé à l’opérationnalisation de l’édition des titres sécurisés et plaques d’immatriculation.
Dans ce même registre, un guichet offrant des facilités fiscales et douanières a été ouvert au profit des Mototaxis aux fins de ramener dans le secteur formel cette activité en pleine expansion sur toute l‘étendue du territoire.
Il convient également de noter que dans un volet bilatéral, notre pays a signé une convention de transport de surface avec la République du Congo.
Dans le domaine aérien, nous avons lancé plusieurs travaux au niveau de l’Aéroport Bangui M’Poko afin de répondre aux exigences internationales en matière de la navigation aérienne. Nous pourrions noter :
• les travaux de construction de la nouvelle Tour de Contrôle et du Bloc technique de Bangui, sur financement de l’ASECNA ;
• les travaux de renforcement de la piste d’atterrissage grâce à l’appui financier de l’AFD et de la BDEAC ;
• les travaux de réhabilitation des équipements électriques et du balisage lumineux totalement vandalisé lors de l’occupation du site de l’aéroport par des déplacés en 2013.
A termes, ces travaux permettront la reprise de vol de nuit au niveau de notre aéroport.
Il importe de noter que le Gouvernement a pu bénéficier de l’appui financier de la BAD dans le cadre de l’étude de faisabilité de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha, du Corridor n°13 et de la route Ouesso-Bangui-Ndjamena sous l’égide de la CEEAC.
Comme chacun peut l’observer, l’Etat a déployé beaucoup d’efforts pour l’améliorer ce secteur stratégique.
Dans le domaine des infrastructures routières, nous avons entamé un vaste programme de construction et de réhabilitation de voiries à Bangui et sur l’ensemble du territoire.
Sur le budget national, le Gouvernement a financé les travaux de voiries urbaines bitumées à Bangui dont le coût total est de 2 milliards 400 millions de FCFA ; des travaux de routes en terre rebâtie pour un coût total de 530 millions de FCFA et de pistes rurales pour 2 milliards 826 millions de FCFA dont les travaux sont réalisés à 75% ainsi que des ponts consolidés pour 100 millions de FCFA.
Il convient de mentionner les travaux de bitumage de la route Ngaragba-Camp Kasaï et la réhabilitation de la route Kassaï – Boy Rabe.
Le Gouvernement a obtenu un financement extérieur d’un montant de 81 milliards 681 millions de FCFA pour réaliser des travaux de réhabilitation de routes en dehors de Bangui, y compris le pont de Bamingui, l’axe Baoro-Bouar et les travaux de connectivité.
Dans le domaine des communications électroniques et de la poste, nous avons lancé, le 4 octobre 2019 à Berberati, le grand projet de la dorsale à fibre optique Afrique Centrale grâce au co-financement de la BAD et de l’Union Européenne.
Les grands travaux d’infrastructures concernent 1.100Km de tranchées Bangui-Berberati et permettront l’emploi de plus de 5000 jeunes dans les villes traversées.
L’objectif est de remédier au désenclavement numérique des zones rurales et de contribuer de ce fait à améliorer les recettes fiscales tout en réduisant le coût des transactions économiques et sociales.
Par ailleurs, les réformes du secteur ont eu pour objectif de renforcer l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) en lui donnant non seulement la possibilité de procéder à l’extension des réseaux de communication pour assurer la desserte de l’ensemble du territoire, mais aussi de la doter des outils de contrôle des flux de communications afin de garantir une bonne tarification qui réduirait les énormes pertes financières au détriment de l’Etat.
En matière de communication et des médias, j’ai proposé, en raison de la carence constatée dans la presse, l’adoption d’une loi qui fait non seulement la promotion de la liberté de la presse, mais également lutte contre les calomnies, les rumeurs, la vulgarisation des messages et discours de haine, puis renforce les capacités en matière de communication de crise et de couverture médiatique responsable. Ce texte a été déjà adopté en Conseil des Ministres.
Je note également avec satisfaction la rénovation de la Radio et de la Télévision Centrafricaines dont les studios et équipements sont désormais rendus modernes.
Je voudrais ici saluer l’extension progressive de la Radio et de la Télévision à l’intérieur du pays.
Je constate néanmoins que la presse a besoin de plus de moyens pour sa professionnalisation. C’est pourquoi, j’ai instruit le Gouvernement de payer la subvention due aux organes de presse.

Mes Chers Compatriotes,
En passant en revue les quelques acquis de cette 4ème année, je voudrais aborder avec vous le volet social, notamment la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement.
Je dois mentionner d’emblée que dans un souci de rajeunissement de l’Administration et de résorption du chômage des jeunes, nous avons intégré 1300 jeunes dans la Fonction Publique, en plus des 3000 intégrés au cours des trois années précédentes.
En ce qui concerne la santé, les principales réalisations s’inscrivent dans une vision de protection de la population et de développement du capital humain sain, pouvant soutenir un développement socio-économique cohérent, harmonieux et productif en lien avec les objectifs du développement durable et la couverture santé universelle.

C’est dans ce contexte que les dix (10) domaines d’impulsions présidentielles ont été édictés pour servir de cadre de référence à l’action gouvernementale en mettant l’accent sur la réduction accélérée de la mortalité maternelle et infantile et l’amélioration de la qualité des soins.
Dans cette optique, les réalisations majeures peuvent être résumées comme suit :

Dans le domaine des ressources humaines, près de 1000 agents de santé, toutes catégories confondues, ont été soit intégrés dans la Fonction publique soit recrutés comme contractuels et affectés dans les différentes formations sanitaires à l’intérieur de pays, y compris dans des zones difficiles.

La réforme de la gouvernance du secteur pharmaceutique a été engagée par l’élaboration et l’adoption de la loi sur les médicaments et autres produits de santé et sur l’exercice de la pharmacie en RCA, premier texte du genre depuis l’indépendance.

En outre, un mécanisme d’approvisionnement en médicaments a été mis en place afin de doter toutes les formations sanitaires du pays en médicaments essentiels.

Ces deux mesures constituent des jalons majeurs vers la résolution définitive de la carence en médicaments à laquelle notre pays a été confronté suite à la faillite de l’Unité de Cession des Médicaments.

Les investissements dans le secteur de santé ont été considérablement accrus. Outre l’augmentation de la proportion du budget national alloué à la santé qui est passée de 5% en 2018 à 8,1% en 2019, l’Etat a pu mobiliser auprès de ses partenaires extérieures plus de 200 milliards de FCFA pour ce seul secteur, soit l’équivalent de 80% du budget national.

Pour la première fois, la RCA s’est inscrite comme contributeur au Fonds Mondial contre le paludisme, la tuberculose et le SIDA, ce qui a permis à notre pays de voir sa nouvelle subvention atteindre le double de la subvention précédente.

Les infrastructures sanitaires ont été renforcées en quantité et en qualité. Plus de 300 formations sanitaires ayant des maternités ont été réhabilitées ou construites. La proportion des formations sanitaires fonctionnelles est passée de 50% en 2016 à environ 80% en 2019.

En outre, de nouvelles infrastructures spécialisées ont été construites, notamment le Centre nutritionnel du Complexe Pédiatrique de Bangui, le Centre d’Imagerie médicale et le Centre d’hémodialyse. Les deux dernières qui seront bientôt opérationnelles permettront à la fois de réduire considérablement les délais d’accès aux soins de qualité et les coûts d’évacuations sanitaires à l’étranger.
Un Système d’Information Sanitaire unique, robuste, capable de détecter tout évènement de santé publique a été mis en place pour orienter les prises de décisions et mesurer les résultats des interventions.

La lutte contre les grands fléaux à travers la mise en œuvre des programmes prioritaires a été un des axes majeurs de l’action gouvernementale.

Le renforcement de la prévention par la vaccination chez les enfants de zéro à 11 mois s’est traduit par une amélioration sans précédent de la couverture vaccinale, comme en témoigne l’augmentation du taux de couverture vaccinale chez les enfants de zéro à 11 mois par l’antigène traceur Penta 3 qui est passé de de 47% en 2016 à 81% en 2019 ainsi que le taux de couverture vaccinale au BCG qui est passé de 56% en 2016 à 80% en 2019.

S’agissant de la lutte contre le VIH, le nombre de personnes vivant avec le VIH mises sous traitement ARV est passé de 36.499 en 2017 à 44.909 en 2019.

Pour assurer l’équité dans l’accès aux soins aux mères et aux enfants, j’ai pris un décret assurant la gratuité ciblée à l’endroit des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes/allaitantes et des femmes victimes de violences basées sur le genre.

La riposte aux épidémies et aux catastrophes naturelles demeure une priorité constante du Gouvernement dont les actions ont permis de faire face à de nombreuses épidémies ou menaces d’épidémie telles que la rougeole, la poliomyélite, la rage et l’épidémie à virus Ebola qui a été évitée grâce au système d’alerte précoce et à base communautaire le long des frontières terrestres, aériennes et fluviales.

Dans cette dynamique, des mesures fortes ont été adoptées et mises en œuvre pour barrer la route à la pandémie du Covid-19.

Dans le domaine de l’éducation nationale, notamment de l’enseignement primaire, secondaire et technique, plus de 280 salles de classe ont été construites ou réhabilitées dans l’Ouham, l’Ouham Pendé, la Nana-Mambéré, la Lobaye, la Nana-Gribizi, la Ouaka et au lycée de Miskine à Bangui en plus de 1.050 autres salles de classe réalisées dans 8 Préfectures et à Bangui.
Aussi, plus de 14 000 tables-bancs ont été fabriqués sur le budget national afin d’améliorer les conditions d’apprentissage de nos enfants.
Nous avons édité 260 630 manuels scolaires dans les domaines de mathématiques, de langage et d’éducation à la citoyenneté.
Le personnel a été renforcé par l’intégration dans la fonction publique de 240 enseignants.
Je ne pourrais conclure sur ce secteur sans évoquer les projets majeurs au nombre desquels le Projet d’Urgence de Soutien à l’Education de Base (PUSEB), financés par la Banque Mondiale à hauteur de 25 millions de dollars américains, soit environ 13 milliards de FCFA.
S’agissant de la gouvernance du Secteur, il convient de noter l’amélioration du taux d’achèvement du primaire au-dessus de 50%, le taux brut de scolarisation à 91% au niveau du Fondamental 1, et l’indice de parité fille/garçon à 75% au Fondamental 1, contre 50% au secondaire, grâce à la restauration du Système d’Information et de Gestion du Secteur à Partenariat Mondial pour l’Education, d’une valeur initiale égale à 31 millions 600 mille dollars, soit environ 16 milliards de FCFA.
Au niveau de l’enseignement supérieur, notre pays a accueilli en juillet 2019 la 41ème session des Conseils Consultatifs Interafricains. A cette occasion, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) a consacré les travaux de dix (10) enseignants et chercheurs de l’Université de Bangui, promus à des grades supérieurs, parmi lesquels six (6) enseignants chercheurs qui ont reçu des distinctions prestigieuses, marquant ainsi une reconnaissance de nos efforts.

Abordant le secteur de l’eau et l’assainissement, je vous informe que pour rattraper le retard accumulé depuis 1984 où des investissements substantiels étaient prévus par le plan directeur d’alimentation en eau potable chaque décennie, et qui n’ont pas été réalis&eacu

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