Notre mission, toujours vous informer
Accueil » Point de vue » GESTION DU COVID19 EN CENTRAFRIQUE ET EN CHINE par David KOULAYOM-MASSEYO
GESTION DU COVID19 EN CENTRAFRIQUE ET EN CHINE par  David KOULAYOM-MASSEYO

                               

   Décidément, le virus couronné ( coronavirus ) a le don de révéler les tares, les faiblesses et les pensées profondes des dirigeants du monde : les dirigeants extrémistes ont tendance à le nier ou à le minimiser ; ceux des démocraties libérales à appliquer diverses solutions allant de la parole verbale ( France ) aux rodomontades du Premier ministre Boris Johnson  qui a fini par attraper le mal lui-même, jusqu’au silence efficace des Allemands qui ont réussi à juguler le mal sans trompette ni tambour .

   En Centrafrique et en Chine, ce mal est devenu une variable d’ajustement pour de basses opérations de politique intérieure . 

I . LA FOLIE DU PRESIDENT CENTRAFRICAIN

   Tandis que le monde entier se mobilise contre le covid19, le Président centrafricain et sa majorité n’y ont vu qu’une opportunité de prolonger leurs mandats alors qu’ils avaient cinq ans pour organiser les élections ! Le temps mis à durer au pouvoir dans ce pays n’est pas du temps mis à travailler.  Si les gouvernements africains déployaient autant d’énergie et d’intelligence pour mieux gérer leurs pays qu’ils n’en déploient pour durer, l’Afrique serait un Eldorado pour tous ses fils et filles, leur évitant ainsi de faire de la Méditerranée un grand cimetière marin ou d’aller s’exposer inutilement à la haine négrophobe des Chinois .

   Quelle urgence absolue, quel message politique le Président centrafricain envoie-t-il à son peuple en allant à Kinshasa puis à Brazzaville en cette période de confinement général ? Pendant ce temps, l’hôpital communautaire de Bangui est plongé dans l’obscurité par manque de gazoil pour alimenter son générateur, les masques et les tests manquent et que les Banguissois se contentent d’une eau boueuse pleine de matières fécales …A moins que ce voyage ahurissant et en tous points rocambolesque ne soit qu’un écran de fumée censée masquer les négociations honteuses de son Premier ministre avec les assassins du peuple centrafricain .

Si gouverner c’est prévoir, on ne peut pas tromper tout un peuple pendant cinq ans !

II . LA MAUVAISE FOI CHINOISE

   Tout le monde sait que le coronavirus est parti de Wuhan qui se trouve naturellement en Afrique !! En conséquence de quoi, les Chinois ont vite fait de trouver des boucs émissaires : les Africains ( étrangers ) . Cette accusation est malhonnête, non fondée et grossière . En Chine, aucun «  étranger » ne peut échapper aux contrôles : caméras, codes aux portes, services de renseignements, gardiens d’immeubles, chefs de quartiers, de blocs, présence policière, etc  .

    Dans l’absolu, ce sont les Chinois et leur économie qui ont absolument besoin de l’Afrique pour exister ( cobalt congolais qui fait d’eux des champions de la batterie électrique, bauxite guinéen, main d’œuvre éthiopienne…) . Le contraire est moins vrai . De plus, il y a plus de Chinois en Afrique pour l’inonder de leurs gadgets  (empêchant toute industrialisation de l’Afrique ) que d’Africains en Chine  . La Chine est un vaste territoire avec un pouvoir fort centralisé . L’Afrique est un continent émietté ( balkanisation ) et c’est dommage car une Afrique fédérale, unie, parlant un même langage de sauvegarde des Africains et de leurs intérêts , aurait réagi massivement pour imposer les mêmes règles et conditions à la Chine et se faire respecter dans un échange gagnant-gagnant  au lieu de ces réactions en ordre dispersé observé au Kenya ( expulsions ), au Nigéria ( commerces chinois attaqués et brûlés ) . Ces réactions spontanées, épidermiques rappellent fâcheusement l’envoi  des avions en Libye par certains pays pour rapatrier uniquement leurs ressortissants . Pourquoi l’Afrique ne chasse-t-elle jamais en meute comme les loups ou nos lycaons africains ?

   N’est-ce pas là, une occasion unique pour l’Union africaine d’exister enfin en portant la voix unanime de l’Afrique au lieu de limiter à une simple convocation de l’ambassadeur de Chine ?

 En Centrafrique, l’avenir des Centrafricains est entre leurs mains . A eux de ne pas l’hypothéquer davantage en se rappelant que 80% de leur territoire est sous occupation étrangère et que la prolongation d’un mandat n’est pas la réponse appropriée. Un Président doit être reconduit sur son bilan .

    Les Africains attendent une réaction massive, coordonnée de leurs dirigeants pour contrer la mauvaise foi chinoise dans une mondialisation où l’Afrique est appelée à jouer un rôle de plus en plus important . Le silence des gouvernants africains laisse la porte ouverte à des actes individuels ( boycott ) et aux dérapages éventuels ( violences ) . C’est désolant et bien dommage !

 

                    Le 28 Avril 2020

                    David KOULAYOM-MASSEYO

0 commentaire

Soyez la première personne à vous exprimer !

Mon commentaire

Dans la même catégorie
Dix ans après le lancement de Serval au Mali, l’ancien président de la République française (2012-2017) affirme, dans une interview à RFI et Fr » ...la suite
Le sociologue centenaire évoque les conflits traversés et plaide pour une résolution négociée du conflit en Ukraine. Le jour est gris, il pleu » ...la suite
Emmanuel Macron a accusé la Russie d'alimenter une propagande anti-française en Afrique pour servir un "projet de prédation" sur des pays africains » ...la suite
En Centrafrique, après sa lettre au président Faustin-Archange Touadéra, Danièle Darlan sort maintenant de son silence médiatique. L'ex-présiden » ...la suite
Dans le discours controversé qu'il a prononcé du haut de la tribune des Nations unies le 24 septembre dernier, le Premier ministre malien par intér » ...la suite
ENTRETIEN. L’économiste et ancien ministre togolais publie un livre plaidoyer dans lequel il propose un nouveau modèle économique basé sur le n » ...la suite
Je reviens de Bangui et ce que j'y ai vu m'a laissé complètement pantois : absence de rues praticables, chaussées abandonnées aux motos-taxis qui » ...la suite
En Centrafrique, c’est la parole d’un homme de paix : le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, s’inquiète de la montée des d » ...la suite
Cette Chronique n’a pas pour objet de dire à l’Afrique qu’elle doit choisir son camp dans la guerre invisible que se livrent l’Occident et la » ...la suite
Cette Chronique n’a pas pour objet de dire à l’Afrique qu’elle doit choisir son camp dans la guerre invisible que se livrent l’Occident et la » ...la suite