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INVITÉ AFRIQUE SUR RFI : François BOZIZE

INVITÉ AFRIQUE

 

Révision constitutionnelle en RCA: F. Bozizé prône une solution politique et consensuelle

 

28/04/2020 - 07:01Modifié le : 28/04/2020 - 10:28

 

François Bozizé, l’ex-président du pays, qui a pris le pouvoir à la faveur d’un putsch en 2003 et a été renversé en 2013 par la coalition de la Séléka, est rentré en Centrafrique en décembre dernier au terme de près de sept ans d'exil. Discret depuis son retour, il parle aujourd’hui en exclusivité à RFI. Il est notre invité.

RFI : Un projet de loi a été déposé par l’Assemblée nationale pour modifier la Constitution et permettre le maintien du président et des députés en cas de report des élections. Êtes vous d’accord avec cette proposition ?

François Bozizé : C’est un projet inopportun. Ce projet viole les dispositions de la Constitution centrafricaine et vous vous rappelez (qu')en ce qui me concerne c’est bien lorsqu’il était question de toucher à la Constitution qui a provoqué mon départ et je n’aimerais pas que cela se répète pour le cas actuel. Le pays a tellement souffert qu’il faut éviter toute sorte de provocation.

En 2010 vous-même vous aviez modifié la Constitution pour rester au pouvoir. Est-ce à dire que vous tirez des leçons de ce qu’il s’est passé à l’époque ?

Non, non, rien n’a été fait à mon époque. C’était une invention de mes adversaires politiques tout simplement. La situation était un peu confuse et le délai se raccourcissait. Et puisque la Constitution était ouverte dans ce cas, effectivement l’Assemblée nationale a été contrainte de voter une loi qui permettait la prolongation du mandat du chef de l’État jusqu’aux prochaines élections et c’est ce qui a été fait.

Pourquoi être contre aujourd’hui ?

Je le disais : la Constitution actuelle ne le permet pas. Et toucher à cela... ça va provoquer du bruit. Je demande de la sagesse du chef de l’État pour qu’il réunisse autour de lui les forces vives de la nation pour une solution consensuelle et politique. Je pense que c’est la meilleure voie.

Dans l’une de vos rares apparitions publique après la cérémonie du premier anniversaire de l’accord de paix, on vous a vu souriant auprès du président Touadéra. Comment vont vos relations ?

Oh vous savez avec le président Touadera on se connaît depuis longtemps, on se parle normalement. On s’est rencontré à plusieurs reprises et on a échangé sur les problèmes de l’heure. Ne pas confondre cela avec la situation du pays et les agissements de ses collaborateurs troubadours qui font du tapage pour se remplir les poches.

Néanmoins vous avez rejoint la coalition d’opposition, la COD 2020…

Pourquoi rejoindre directement le pouvoir en place alors qu’il y a une situation difficile ? Il faut qu’il y ait une opposition pour l’aider à corriger les maux qui gangrènent le pays. C’est normal d’être dans l’opposition pour le conseiller. C’est une manière d’aider le pays.

En vous étant allié à d’importants partis d’opposition, est-ce à dire que vous être prêts à vous désister à la faveur d’un candidat unique à l’élection présidentielle ?

La question n’est pas encore posée pour le moment dans la mesure où l’ANE n’a pas encore clarifié sa position. C’est encore confus et lorsque l’occasion se présentera vous aurez une réponse à cet effet.

Mais vous êtes rentré pour être candidat…

Tout dépend de ce que décidera mon parti.

Rien n’est exclu.

Pour le moment, rien ne m’empêche d’être candidat.

Vous dites avoir fait l’objet récemment de menaces. Comment percevez-vous cette situation ?

Au cours du mois il y a eu des opérations militaires à mon domicile à plusieurs reprises, et c’était effectivement des tentations qui ne semblent pas être justifiées du moment que je ne menace personne, je ne dérange personne. Pourquoi le pouvoir envoie la troupe bien armée venir à hauteur de ma maison, prendre des dispositions de combat. Ce n’est pas normal ça. Une troupe qui tourne autour de votre résidence, ça dit beaucoup de choses. Tout cela prouve bien qu’il y a de mauvaises intentions cachées.

Est-ce que vous comprenez que vous puissiez canaliser certaines frustrations ici dans le pays ?

C’est le passé. Après moi il y a eu des moments difficiles pour le peuple centrafricain et je crois que frustration… Peut-être pour d’autres personnes mais pas pour Bozizé.

Et pour les populations ?

La population m’est favorable dans la mesure où j’ai organisé plusieurs meetings à Bangui et le déplacement de Bouar a prouvé bien que ma popularité reste intacte. Ma popularité dérange.

Au mois de janvier lors de votre conférence de presse vous demandiez pardon. À qui s’adressent ces excuses ?

Lorsqu’on exerce les fonctions de chef de l’État c’est pas facile. Il y a les gens qui vous aiment il y en a d’autres qui ne vous aiment pas. Et je crois bien que c’est dans ce sens que j’ai adressé ce pardon pour toujours contribuer à la paix, à la réconciliation, l’entente, l’harmonie.

Est-ce que vous demandez pardon notamment aux proches de Charles Massi et de François Njadder qui sont tous les deux décédés dans des circonstances encore aujourd’hui non élucidées ?

Oh mais (quand) le général Njadder est mort, j’étais à Bangui. C’était au cours d’une opération militaire, il a été blessé, je lui ai rendu visite à l’hôpital et les médecins n’ont pas pu redresser la situation. Quant à Charles Massi, il a quitté Bangui, il m’a écrit, il disait qu’il allait rendre visite à sa famille qui se trouvait en France et quelques semaines après il revendique des actions au Nord du pays. Au cours de ces actions il y a eu des officiers qui sont tombés, des soldats qui sont tombés et ensuite bon c’est la grande confusion jusqu’à aujourd’hui.

Parmi les recommandations de la CVJRR, enquêter sur les crimes commis depuis l’indépendance. Est ce que vous seriez prêt à participer ou en tout cas à contribuer à ces enquêtes ?

Nous attendons, nous avons la conscience tranquille et on verra ce que la justice fera.

Est-ce que vous seriez prêt à faire face à la justice si on vous appelait à la barre ?

J’ai la conscience tranquille. J’attends toujours. Je suis citoyen centrafricain.

Est-ce que vous estimez avoir une part de responsabilité dans la crise qui touche encore actuellement le pays ?

Part de responsabilité de quel point de vue ? Dans la mesure où lorsque j’étais au pouvoir vers les années 2012, toute la situation était au vert. J’étais sur le point d’organiser un dialogue politique interne, le DDR fonctionnait, nous avions reçu le crédit de la CEMAC, proche de 5 milliards. Nous attendions tout simplement que les festivités de fin d’année 2012 s’achèvent pour qu’en janvier nous démarrions. On a déclenché, précipité la Séléka à partir de décembre. Et c’est tout, c’est arrivé on ne pouvait plus faire quoi que ce soit. C’est ça la situation. Moi je ne sais pas ce qu’on peut me reprocher.

Si tout allait si bien comment expliquez-vous votre renversement il y a 7 ans ?

Votre question est importante mais qu’est-ce que vous voulez la jalousie des uns et des autres, la méchanceté de l’homme a fait que nous avons connu cette situation qui a complètement détruit le pays et nous sommes là et nous ne voyons même aucune solution possible jusqu’à présent, que ce soit la Minusca, que se soit le pouvoir en place c’est la confusion totale et on en est là.

Vous dites proposer votre aide au président Touadéra. Est-ce à dire que le KNK pourrait se rapprocher du MCU. Ou en tout cas au lieu d’un changement de Constitution, est-ce que vous proposez des alliances politiques et plutôt d'aller vers une transition ?

Tout est possible pourvu qu’il y ait la bonne foi de part et d’autre. Tout est possible mais ce n’est pas au KNK et à Bozizé tous seuls de trouver des solutions, il faut associer tout le monde pour pouvoir trouver des solutions consensuelles et politiques.

François Bozize merci.

 

http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200428-r%C3%A9vision-constitutionnelle-rca-f-bozize-prone-solution-politique-consensuelle  

 

 

REACTION D'UN CITOYEN

 

CENTRAFRIQUE : BOZIZE EST-IL LE SEUL CAPABLE DE DIRIGER LA CENTRAFRIQUE AUJOURD’HUI ET DEMAIN ?

28AVR

 

Dans une déclaration laconique intitulée « Discours à la nation » avec le drapeau centrafricain comme décor, François Bozizé s’est adressé aux centrafricains le 24 Avril 2020.

Cette sortie de l’ex président Centrafricain se poursuivant sur RFI interpelle le citoyen lambda qui ne doute point des velléités pouvoiristes du patron du Knk.

L’utilisation des emblèmes de la nation par Bozizé(qui n’a plus qualité) est une grossière provocation. Une scène inimaginable dans un état de droit.

Avant François Bozizé, la Centrafrique a eu d’autres présidents : David Dacko,bJean Bedel Bokassa, André Kolingba, Ange Félix Patassé.

Tous ces chefs d’états une fois renversés démocratiquement ou par coups d’états n’ont jamais eu dans leur finitude humaine l’idée qu’ils sont indispensables en tant que président de la république et sans eux le pays ne devrait plus exister.

Sans eux rien absolument rien ne pouvait se faire sur la terre de Boganda.La paix, le bonheur, la justice c’est eux.

Parmi ses fils et filles de Centrafrique Bozizé et ses partisans dans leur for intérieur se considèrent comme propriétaire de la Centrafrique.

Or une époque est passée, les temps ont changé. Rien ne prédestinait François Bozizé à être le président de Centrafrique.

Son avènement au pouvoir est lié à un contexte politique : l’attribution des ressources du sous sol par le président Ange Félix patassé aux américains puis ax chinois.

Bozizé faisait bien partie des ressortissants du nord qui entouraient Patassé mais qui ont fini par le poignarder dans le dos par un coup d’état contre la démocratie.

Sous le règne de Jean Bedel Bokassa, le soldat Bozizé était au centre des intrigues qui ont conduit à la mort de nombreux et vaillants officiers centrafricains.

Animé d’un réflexe égoïste, le même Bozizé après avoir été chassé pitoyablement du pouvoir par la seleka revient clandestinement à Bangui pour d’autres intrigues aux contours assez flous.

Bozizé est celui qui durant 30 ans trouble la paix sociale en Centrafrique quand il n’est pas au pouvoir !

Le pouvoir, c’est le peuple qui l’octroie à celui qui s’estime en être digne.C’est bien le cas de l’actuel president Faustin Archange Touadera anciennement son premier ministre et cadre de son parti le Kwa na Kwa.

Avec cet age qu’il a aujourd’hui et vu son passé politique l’homme Bozizé par sagesse devrait se féliciter de son œuvre vis-à-vis du peuple et se bomber la poitrine en disant au peuple « Voici mon œuvre.C’est moi qui ai fabriqué Touadera et le voici president.Cela prouve que je n’étais point tribaliste.
Et puisque grace à la paix retrouvée sous le règne de mon poulain FAT, je suis rentré, je le soutiens dans cette mission difficile».

Une telle attitude aurait été responsable et l’aurait grandi en face de notre peuple.

Or au lieu de cela le désordre actuel, c’est Bozizé qui en est l’auteur, donc quand il était aux commandes, il terrorisait tout le monde pour que plus personne n’osait s’opposer à lui et il appelait cette terreur « paix ».

Il est en train de dire au monde entier et aux Centrafricains : « Si vous voulez la paix, ramenez-moi au pouvoir! »

Autrement dit, si je ne reviens pas diriger ce pays , vous aurez la guerre !

Avouons que ce ne sont pas les méthodes d’un démocrate mais celles d’un dictateur exerçant un chantage malodorant sur tout un pays !

Bozizé est un terroriste politique doublé d’un criminel passible du tribunal pénal international… Si le principe du désordre arrête d’agir, il n’y a plus désordre. Bozizé veut bien nous faire comprendre que seul lui importait.

Donc, son objectif actuel est de reprendre ce pouvoir qu’il avait perdu.

Mais logiquement est ce Touadera qui l’avait renversé ?
Pourquoi n’était il pas venu en heros renversé la Seleka et reprendre son héritage(fauteuil) ?

Les agitations de Bozizé ces derniers temps ressemblent curieusement à une imposition à tout un peuple par la terreur, par la peur – par tous les moyens de reprendre le pouvoir!

Imaginons qu’aux prochaines élections présidentielles sa candidature n’est pas retenue ou qu’il soit battu, que fera Boz ?

Il n’admettra jamais les résultats ou passera à l’offensive militaire juste pour reprendre ce pouvoir qu’il adore tant.

Mais en bon prince machiavélien, François Bozizé a surtout en tête un autre calcul beaucoup plus subtil et beaucoup plus personnel :créer la zizanie et destabiliser le pays pour en tirer profit.

S’il cherche à reprendre le pouvoir, ce n’est certainement pas par les urnes et encore moins parce qu’il veut sauver le peuple de Centrafrique. Bien au contraire son rêve d’une présidence à vie écourtée par la rébellion Seleka ne l’a jamais quitté.

Comme à son habitude, il n’avance jamais à découvert, il avance toujours masqué en clamant une popularité, des menaces parce qu’il est populaire.Mais de quelle popularité parle t-il?

Aujourd’hui, il est prêt à déclencher une boucherie sans précédent pour accéder au pouvoir en oubliant qu’il a des enfants, des petits fils et des arrières petits fils auxquels il doit s’effacer pour leur faire de la place.

Ce qui nous étonne dans cette démarche de Bozizé c’est que certains compatriotes issus de son clan voulaient le suivre dans cette folie meurtrière pour des intérêts inavoués.

Certes Touadera gère mal la Centrafrique et que le peuple lui reproche tant de choses dans sa gouvernance mais le vent de la démocratie qui a soufflé très fort à ce moment-là voudrait que l’accession au pouvoir se fasse par la voie des urnes.

Affaibli par les coups de boutade de Bozizé, Touadera n’arrive plus politiquement à se concentrer sur l’essentiel . Il fut contraint d’ accepter les frasques de son mentor sans lever un petit doigt.Selon certaines indiscrétions, même son entourage et ses marabouts lui conseilleraient de laisser le pouvoir…

Supposons que Touadera cède le pouvoir sous la pression de Bozizé, quelle sera alors l’attitude des groupes armés qui ont chassé Bozizé du pouvoir il y’a 7 ans?

Boz pense qu’ en dehors de lui personne ne peut diriger ce pays?

Il suffira que l’ancien chef d’état accepte de se retirer de la scène politique et renonce à son ambition démesurée pour que les choses redeviennent paisibles.

Sa paix n’est que peur, intimidations, assassinats, corruption. Bozizé se révèle comme le plus gros obstacle au bonheur du peuple centrafricain.

Il va bien falloir s’en débarrasser un jour et cette fois-là, définitivement pour l’empêcher de nuire à jamais…

Mais là encore Touadera aura-t-il les épaules assez larges pour mettre fin à ce désordre nommé François Bozizé ?

QUI VIVRA ENCORE VERRA.


Bangui, le 28 Avril 2020

Par Charlie Joseph LARABO

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