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Originaire de Seine-Maritime, Louise est travailleuse humanitaire en Centrafrique

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Originaire de Blangy-sur-Bresle, Louise est travailleuse humanitaire en Centrafrique depuis septembre 2019. Le Coronavirus a fait évoluer ses missions sur place. Rencontre.

Louise Arnoux, 25 ans, a grandi à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime). Elle a récemment obtenu son master en Coopération Internationale et Développement, à Sciences Po Bordeaux (Gironde), où elle a étudié. À l’exception d’une année Erasmus à Séville, en Espagne. Pour valider son master, elle a effectué un stage à Lyon (Rhône), au siège de l’ONG humanitaire Triangle Génération Humanitaire (TGH), qui lui a ensuite proposé un poste.

Attirée depuis toujours par le continent africain et curieuse de ses richesses historiques et culturelles, Louise a tout de suite accepté cette première expérience professionnelle dans un pays africain.

En poste à Bangui depuis septembre 2019

La jeune femme est arrivée le 20 septembre 2019 en Centrafrique pour prendre son poste, et son contrat est prévu jusqu’au 20 juin 2020.

Elle travaille et vit à Bangui, la capitale du pays. Louise est logée dans le cadre de son travail, et habite dans une maison qu’elle partage avec ses collègues.

Lorsque la pandémie mondiale s’est déclarée, la Blangeoise était déjà sur place. Elle précise :

La République Centrafricaine, RCA, a été touchée plus tardivement que l’Europe, étant donné qu’il ne s’agit pas d’une destination touristique et que rapidement, les frontières ont été fermées aussi bien dans les pays africains frontaliers qu’en Europe.

L’Éclaireur du Vimeu : Avez-vous envisagé de rentrer en France lorsque la pandémie du Coronavirus s’est déclarée ?

Louise Arnoux : Je devais rentrer en France pour des congés début avril 2020, à six mois de mission. Finalement cela n’a pas été possible à cause du contexte. Vu ce qui se passait en Italie, il devenait évident que la France allait se confiner et que je ne serais alors plus en mesure de revenir en RCA. Et si j’avais pu revenir, cela signifiait prendre le risque de potentiellement ramener le virus dans le pays qui était jusqu’alors plutôt épargné. Étant donné mon statut de travailleuse humanitaire, je peux à tout moment exercer mon droit de retrait afin de rentrer en France, mais j’ai fait le choix de rester.

En quoi consiste votre mission sur place ?

J’étais déjà venue dans le cadre de mon stage au mois de mai 2019 en Centrafrique. Je suis désormais employée par TGH au niveau de la coordination à Bangui. Mon poste consiste à rédiger des projets pour répondre aux besoins humanitaires dans trois domaines, à savoir l’éducation, la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, ainsi que l’eau, l’hygiène et l’assainissement, pour les soumettre à des bailleurs, c’est-à-dire des institutions publiques ou des agences de l’ONU qui financent l’aide humanitaire. Une fois que le projet est accepté et mis en œuvre auprès des populations, je suis chargée de rédiger des rapports pour ces bailleurs afin de rendre compte de ce qui est réalisé sur le terrain.

Comment vous tenez-vous informée de l’évolution de la situation ?

Pour ce qui est de la situation dans le monde, je suis attentivement les informations à distance et je suis en contact régulier avec mes proches qui me racontent comment cela se passe pour eux. Ici, en RCA, dès qu’un nouveau cas est positif, le Ministère de la Santé diffuse un communiqué public [N.D.LR. : au 10 juin 2020, 1 888 cas confirmés, 5 décès]. Évidemment, puisque nous menons actuellement des projets dans plusieurs zones du pays, l’évolution du contexte sanitaire et sécuritaire est suivie de près par les équipes en RCA et à Lyon.

Votre quotidien a-t-il changé ? Des mesures ont-elles été prises par le gouvernement centrafricain ?

À la différence de la France, nous ne sommes pas confinés. Dans un pays qui vit majoritairement de l’économie informelle et où la population gagne sa vie au jour le jour, cela est difficilement envisageable. Toutefois, des mesures ont été prises, comme l’interdiction des rassemblements de plus de quinze personnes, des mesures de quarantaine en cas d’arrivée sur le territoire, la fermeture des écoles, des débits de boissons ou encore des lieux de culte. En dehors de cela, les habitants mènent une vie normale, seuls les transports ont dû s’adapter : pas plus d’un client par moto-taxi et limitation dans les mini-bus par exemple. Me concernant, je dois suivre les règles sécuritaires de mon ONG qui se sont adaptées au contexte, mais pour l’instant mon quotidien n’est pas trop bousculé et je peux aller faire des courses sans problème par exemple.

 Et pour votre travail ?

Je continue à travailler et cette période est particulièrement intense, étant donné que le secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement, dans lequel nous intervenons, est au centre de la réponse à apporter pour éviter la propagation de l’épidémie. Il faut donc rédiger beaucoup de projets pour la réponse Covid-19, tout en continuant de suivre les projets actuels qui répondent aux autres urgences humanitaires du pays. La seule différence est que les réunions à l’extérieur sont limitées ou se déroulent à distance par Skype. Sinon, au bureau, les expatriés et les employés centrafricains respectent les gestes barrières et doivent se laver les mains régulièrement.

 Êtes-vous inquiète pour votre santé ?

Non, pas particulièrement à ce stade. En revanche, si l’épidémie se répand dans le pays, ce serait une catastrophe sanitaire. Très peu de personnes ont accès à l’eau, il y a 235 019 déplacés internes, souvent en raison du contexte sécuritaire, qui vivent dans des camps, dans une promiscuité qui est favorable à la propagation du virus. Surtout, les capacités sanitaires du pays sont très insuffisantes. Par exemple, il n’existe qu’une dizaine de respirateurs pour les 4,5 millions de Centrafricains.

 

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