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HOMELIE DU DIMANCHE 26A

HOMELIE DU DIMANCHE 26A

Messe de la Rentrée pastorale

27 septembre 2020 (Ez 18, 25-28 ; Ps 24 ; Ph 2, 1-5 ; Mt 21, 28-32)

« Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne » (Mt 21,28c)

Chers frères et sœurs,

Et vous, hommes et femmes de bonne volonté, À vous tous, « grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ » (Rm 1,7). La paix du Christ. Cette année, nous avons choisi le slogan : « Chrétiens de l’archidiocèse de Bangui, mets ta confiance dans le Seigneur ». Aujourd’hui, le Seigneur nous fait la grâce de célébrer deux commencements : une nouvelle année pastorale pour tout l’Archidiocèse de Bangui et l’adhésion à un nouvel état de vie pour Arsène, Juvin et Florentin. Mon homélie sera axée sur l’Evangile. Je parlerai d’abord de la rentrée pastorale, puis en partant de l’Evangile, je m’adresserai aux candidats au diaconat et au sacerdoce et à la communauté.

Chers frères et sœurs,

la rentrée pastorale est un temps de grâce que Dieu accorde à nous son peuple. Il nous rassemble pour écouter sa Parole, réfléchir autour d’un thème, prier, partager les grâces reçues. Cette année, nous avons choisi le thème : « Le monde face à la pandémie du COVID-19 ; ‘‘Ma grâce te suffit : car ma puissance se déploie dans la faiblesse’’ (2Co 12,9) ». Pourquoi avons-nous choisi un tel thème pour la rentrée pastorale archidiocésaine ? Depuis décembre 2019, le monde est confronté au coronavirus. La propagation et la virulence de ce virus n’épargnent personne. Partant du premier cas de contamination chez nous le 14 mars 2020, le nombre des malades ne cesse d’augmenter.

En tant que pasteur et soucieux de prévenir de nouvelles contaminations et de sauver des vies humaines, j’ai pris ma responsabilité pour convier des experts qui nous ont aidés à mieux comprendre cette pandémie et la nécessité de continuer à respecter les principales mesures barrières : lavage des mains, port de masques, distanciation sociale. Comme croyants, nous ne nous sommes pas seulement limités aux hommes de sciences profanes. Nous nous sommes ouverts pour accueillir la sagesse de Dieu. Des imams, pasteurs, prêtres et religieuses sont partis des textes sacrés sur la maladie et la guérison, pour nous inviter à toujours mettre notre confiance au Dieu unique, le Maître de la vie.

En définitive, la pandémie du COVID-19 est un mal à affronter avec foi et raison dans l’amour. Chers frères et sœurs, nous ne pouvons pas nous réfugier dans une quelconque doctrine pour faire fi de cette maladie qui détruit dangereusement notre humanité. Jésus Christ n’est pas resté indifférent face aux souffrances de l’humanité. Il a guéri la belle mère de Simon et l’aveugle-né (Cf. Mc 1,29-31 ; Jn 9,1-7). Il a redonné vie à Lazare (Cf. 2 Jn 11,1-44). Aujourd’hui, il nous confie la mission de sauver des vies. Alors que le monde est paniqué devant cette pandémie, je vous dis que Jésus a connu la souffrance. Il a vaincu la mort. Maintenant, il est assis à la droite du Père. Associons alors toutes nos souffrances à celles du Christ.

En effet, pour nous les chrétiens, à cause de Jésus, la mort est un passage vers la vie éternelle. Dorénavant, chacun dans son état, est invité à se tourner vers Dieu et à l’invoquer. C’est ce à quoi nous exhortent les Evêques de Centrafrique à travers la prière d’intercession contre le coronarivus que je vous invite à lire chaque jour à 6 heures, 12 heures et 18 heures pour être en communion les uns avec les autres. Chers frères et sœurs, pendant cette célébration, le Seigneur communiquera une nouvelle vie à Arsène et Juvin qui seront ordonnés diacres et à Florentin qui sera ordonné prêtre.

Comme vous pouvez le constater, la parabole que Jésus raconte dans l’Evangile est simple, mais très profonde. Elle évoque la parabole de l’enfant prodigue en Lc 15,11-32. Elle ne se trouve que dans l’Evangile selon saint Mathieu. Dans cette parabole, un père de famille demande un service à chacun de ses deux fils. Il s’approche du premier et lui dit : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne ». Celui-ci donne d’abord une réponse négative : « Je ne veux pas ».

Selon la culture d’Israël, ce refus est inacceptable parce que tout enfant est appelé à obéir à son père et à être responsable. Si 3,8 dit : « En actes comme en paroles honore ton père afin que la bénédiction te vienne de lui ». Heureusement, cet enfant n’agit pas comme il l’a dit à son père. Après un temps de réflexion, il regrette le refus, change d’idée, et fait ce que le Père lui a demandé. Il a donc su transformer son refus en obéissance et assumer sa responsabilité pour honorer son père et contribuer au bien-être de sa famille.

Après le premier enfant, le père s’approche du second et lui demande aussi d’aller travailler dans sa vigne. Contrairement au premier fils, le second se montre apparemment respectueux et donne sans tarder une réponse affirmative : « J’y vais, seigneur ». Oralement, le second enfant accepte donc d’aller à la vigne. Il accentue même l’autorité de son père en l’appelant « seigneur ». Mais concrètement, cette déclaration d’intention est suivie d’une désobéissance. La promesse faite au père est donc du mensonge. Elle ne sera jamais réalisée.

Cette belle promesse met en lumière la mise en garde de Jésus en Mt 7,21 : « Ce n’est pas en me disant ‘‘Seigneur, Seigneur’’ qu’on entrera dans le Royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est dans les Cieux ». Mes chers fils Arsène, Juvin et Florentin, le Seigneur vous appelle à travailler dans sa vigne. Vous serez bientôt ordonnés diacres ou prêtre. N’oubliez jamais que le ministère chrétien à tout niveau et sous toute forme, est service. Jésus est venu servir et s’est mis au service de tous.

Devenez alors des serviteurs à la suite du Christ. L’ordination diaconale n’est pas une promotion sociale, mais un appel au service des pauvres et à l’annonce de la volonté de Dieu. Jésus Christ notre Seigneur a dit « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » (Jn 4,34). 3 Mes chers fils, avec foi, prenez part à la mission du Christ en annonçant la Bonne Nouvelle à temps et à contretemps (cf. 2 Tm 4,2). Jésus était un prophète puissant parce qu’il disait et faisait (Cf. Lc 24,19 ; He 10,9). Prenez soin de tout ce que vous direz et ferez. Le monde a besoin de vrais témoins, non pas de ceux qui « disent et ne font pas » (Cf. Mt 23,3).

Je vous invite à dépasser la peur, à renouveler votre adhésion au Seigneur et à assumer votre responsabilité en tant témoins de la vérité. Regardez le renversement que Jésus opère dans l’Evangile : ce sont les publicains et les prostituées qu’il cite en exemple. Bien qu’ils étaient considérés comme des pécheurs publics et des gens méprisables, ils ont accueilli favorablement l’appel à la conversion de Jean-Baptiste et de Jésus alors que les grands prêtres et les anciens qui ont publiquement donné leur assentiment à la Loi et aux prophètes n’ont accueilli ni Jean Baptiste, le plus grand des prophètes, ni Jésus, le Fils unique de Dieu.

En ce jour, je vous invite à une configuration au Christ, Serviteur qui a lavé les pieds de ses disciples et a donné sa vie sur la croix. C’est en agissant à son exemple que vous participerez à la dimension médicinale de son sacerdoce, en ce temps trouble, il incombe à nous pasteurs, d’ouvrir la route qui conduit à la santé du corps et de l’âme et à la paix durable. Chers frères et sœurs, le message de cet Evangile ne concerne pas seulement nos frères qui deviendront diacres et prêtre. Il s’adresse à toute la communauté que nous formons.

En cette période préélectorale, qu’est ce que nous n’entendons pas. Quelles promesses les candidats n’ont-ils pas commencé à faire ? Beaucoup ont commencé à promettre monts et merveilles. Sauront-ils réparer des routes ? Construire des ponts, des écoles et des hôpitaux ? Reconstruire l’armée ? Donner du travail aux jeunes ? Chasser les rebelles ? Promouvoir l’unité ? Renoncer au tribalisme, au régionalisme et mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ? Trouver de bons partenaires pour le développement du pays ? Je vous invite à lire le message des évêques sur les élections intitulé « Fais sortir mon peuple » (Ex 3,10).

Chers frères et sœurs et vous tous hommes et femmes de bonne volonté, notre nation a vécu une crise sans pareille marquée par, entre autres, des exclusions arbitraires, des intrusions inadmissibles. Je souhaite de tout cœur que les élections à venir permettent l’intégration des différentes composantes du peuple dans la gestion du pays. Le temps n’est plus à la division mais à l’unité. Nous ne pouvons y parvenir que si nous sommes humbles.

Comment concrétiserons-nous l’idéal du « Zo kwe zo » sans humilité ? Il le faut pour reconnaître à chacun le droit de s’épanouir, d’être protégé par la loi, de se nourrir, de se vêtir, de s’instruire, de se loger. Il faut surtout cette humilité pour reconnaître la primauté de Dieu et obéir à sa volonté. Puisse la Sainte Vierge, Notre Dame de l’Oubangui, obtenir au monde entier la santé du corps et de l’âme et le courage d’être des fidèles serviteurs du Dieu d’amour.

Donnée en la paroisse saint Antoine de Padoue Bangui, 

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