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RCA: inquiétudes autour de la circulation d'armes de guerre à l’approche des élections

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 20 novembre 2020 16:16

 

A cinq semaines des élections groupées en Centrafrique, la rédaction de Radio Ndeke Luka a décidé de s’intéresser à la circulation des armes dans le pays. L’Accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 engage les rebelles à se désarmer. Qu’en est-il aujourd’hui, à un moment où la jeune démocratie centrafricaine s’apprête à être testée ? Une enquête sur la situation sécuritaire, menée ces derniers jours dans le Nord-est du pays.

Il apparait clairement dans les témoignages recueillis par Radio Ndeke Luka ces dernières semaines que des armes neuves de type Kalachnikov, lance-roquettes RPG7, mitrailleuses 12/7 montés sur de véhicules flambants neufs circulent à l’intérieur du pays. Du matériel qui circule librement au vu et au su de tous.

La région dont on parle, est celle qui s’étend de Bria, Obo, Bambouti, Nzako, Alindao, jusqu’à Mobaye, une zone contrôlée et sous-influence du groupe armé UPC d’Ali Darassa. Toujours selon nos sources, ses hommes arborent des tenues militaires de premières mains, leurs bérets sont aussi similaires à ceux des Forces armées centrafricaines (FACA) et patrouillent régulièrement sur l’étendue de ce territoire.

Leur objectif, collecter des impôts et toutes sortes de taxes sur les véhicules, les marchandises et les commerces. Selon nos informations, ces derniers exigent aussi que des éleveurs peuhls leur versent une somme d’argent avant de faire paître leurs bétails. Cependant au Nord-ouest du pays, on rappelle qu’un des gradés des FACA est toujours détenu depuis 2 mois par Abbas Sidiki à De gaulle dans l’Ouham-Pendé, région contrôlée en partie par le mouvement 3R. D’après des habitants de Koui, une des localités de la région, qui ont accepté de parler, ce mouvement continue de recruter des hommes. Ses véhicules, lourdement armés, ne cessent de faire la navette entre la République centrafricaine, le Cameroun et le Tchad.

Il y a de cela deux semaines, deux parlementaires en la personne de Martin Ziguélé et Ernest Mizedio ont dénoncé des exactions commises par ces rebelles sur les populations civiles. Martin Ziguélé, va même jusqu’à parler d’un  véritable « Far-West » lorsqu’il  évoque la situation dans ces régions.

De son coté, la Minusca affirme travailler main dans la main avec le gouvernement afin de garantir la protection des civils. Elle précise que ses troupes sur le terrain ne resteront pas inactives face à la recrudescence des armes ou des véhicules armés des rebelles. Lors d’une conférence de presse le mercredi 18 novembre 2020 à Bangui, la mission onusienne se dit consciente de la réalité de la situation sur le terrain. Elle a voulu aussi se montrer rassurante. Toutefois, des check-points, nous dit-on, sont en train d’être installés dans ces région. Un tour de vis, censé réduire les déplacements et la capacité d’action de ces hommes en armes.

 

2 commentaires

S
Il suffit de bloquer nos frontières et de faire les contrôles dans une ceinture interne à la R.C.A.

Notre faiblesse est celle de ne pas avoir des radars militaires puissants sol/air pour détecter les avions qui survolent la R.C.A nuit et jour en basse altitude dans nos provinces et aussi de ne pas avvions qui survolent la R.C.A nuit et jour en basse altitude dans nos provinces et aussi de ne pas avoir un avion de chasse, peut-être c'est trop demander financièrement. Mais à la limite du possible avec 1 avion de type Mystère 20 équipé d'une mitrailleuse, cela peut faire mouche et vite dégager la zone cible, en prenant la tangente gauche ou droite à 180° plein gaz (donc avoir des pilotes centrafricains surentrainés en réel sur des cibles fictifs et en simulation).

Tout est possible pour que la MINUSCA ait les moyens. Mais c'est une question de vouloir leur donner ces moyens qui sont comme des perfusions des sérums, à trèèèèès petite dose. Les moyens ne manquent, les moyens existent.


Car il y a une chose qu'il faut savoir, ceux qui se ravitaillent en armes dans la brousse, ne sont pas des enfants de chœurs. Ils s'en foutent éperdument des accords de Khartoum :
combien de fois ils ont tué des gens après l'accord de Khartoum ?

Donc à 1 moment donné, il faut arrêter l'attitude de l'autruche qui met sa tête dans le sol pour chercher quelque chose d'introuvable.
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P
Observateur bienveillant et objectif ( autant qu'on puisse l'être) de l'actualité centrafricaine, je partage totalement cette analyse.
Par ailleurs , il faut que le gouvernement et la classe politique centrafricaine soutiennent un peu plus qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici la MINUSCA en dénonçant les infoxs docaine soutiennent un peu plus qu'ils ne l'ont fait jusqu'ici la MINUSCA en dénonçant les infoxs dont elle fait l'objet.
Il convient également de donner à la MINUSCA les moyens de combattre et mettre fin au trafic des armes . Les armées nationales des pays voisins devraient lutter plus efficacement contre ces trafics en concertation avec la mission onusienne.
Lors des affrontements avec des milices surarmées , il est arrivé que la MINUSCA puisse être mise en difficulté et que des soldats de la MINUSCA et de la FACA soient tués.
Il faut rappeler aux 14 milices qui continuent à commettre des violences et à occuper 80% du territoire national qu'elles ont signé l'accord de paix conclu à Karthoum. Les actions menées par les groupes armés sont illégitimes et illégales .
Il ne suffit pas de s'auto- proclamer général et de donner des noms à des groupes de bandits pour être légitimes et apparaître comme des mouvements de libération oeuvrant pour la démocratie.

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