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Une aventure dangereuse

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https://www.cameroon-tribune.cm/ Par Paul EBOA 15 Janv. 2021 11:14

 

Les combats ayant eu lieu aux portes de Bangui, la capitale centrafricaine, avant-hier, confirment la volonté des groupes armés opposés à la réélection du président Faustin Archange Touadéra, de s’emparer du pouvoir par les armes.

Formée en mi-décembre 2020 et réunie sous la bannière de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), cette rébellion armée n’a jamais fait mystère de sa volonté de « marcher sur Bangui ». On sait que l’ancien président François Bozizé soutient cette rébellion. On sait également les anti-balaka, qui en font partie, sont réputés proches de l’ancien chef de l’Etat.

Ayant été mis au courant des manœuvres déstabilisatrices de François Bozizé, au cours du mois de décembre dernier, la communauté internationale avait dépêché auprès de l’ancien président et des groupes armé, deux émissaires. Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, Gilberto Da Piedada Verissimo et le représentant du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies en Afrique centrale, François Louncény Fall, étaient venus auprès de François Bozizé et des représentants des groupes armés pour se rassurer que l’intention de « marcher sur Bangui » qu’une certaine opinion leur prêtait était dénuée de tout fondement. Les interlocuteurs locaux avaient rassuré les émissaires internationaux que rien ne se tramait contre le processus électoral. La progression des rebelles jusqu’aux portes de Bangui montre que ceux-ci ont menti. Non seulement, ils persistent dans leur tentative de s’emparer du pouvoir, mais aussi, ils sont toujours soutenus par François Bozizé. Ce dernier est pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international, pour avoir été l’un des acteurs principaux de la crise ayant ébranlé la République centrafricaine de 2013 à 2016. On se demande comment il a pu regagner le pays natal. Et surtout comment il demeure libre de ses mouvements.


Toujours est-il que les coups d’Etat sont interdits, en Centrafrique, comme ailleurs. « Le berceau des bantous » ne peut plus se permettre des coups d’Etat qui constituent une aventure dangereuse. Lui qui, par le passé, a déjà été ébranlé par une demi-douzaine de coups d’Etat parmi lesquels celui qui avait porté Francois Bozizé au pouvoir et le coup d’Etat de Michel Djotodia ayant chassé l’ancien président dudit pouvoir. Le moment semble indiqué pour tourner la page de ce passé ténébreux et taire les querelles intestines qui minent la stabilité du pays.  

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