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Centrafrique : les évêques condamnent les offensives rebelles

 

https://www.rfi.fr/ 17/01/2021 - 19:48 Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Alexandra Brangeon

En Centrafrique, alors que des opérations militaires continuent au nord de la capitale, Bangui, pour déloger les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) - coalition de groupes armés qui a annoncé marcher sur Bangui le mois dernier - des opérations dites de ratissage ont encore eu lieu, ce dimanche 17 janvier après midi. C’est dans ce contexte que les évêques du pays se sont réunis cette semaine.

Les évêques de la République centrafricaine, réunis en assemblée plénière, ont condamné les offensives rebelles. Dans un communiqué signé par les neuf évêques du pays, ils félicitent les Centrafricains qui sont allés voter pour la présidentielle, le mois dernier, et dénoncent l’insécurité.

Ils dénoncent également les divisions de la classe politique qui laisse le pays à la « merci des prédateurs et des mercenaires », selon Monseigneur Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa, ville située à 300 km au nord de Bangui, joint par RFI.

« Aujourd’hui, le pays vit malheureusement aux dépens d’hommes politiques "aigris", d’hommes politiques, je ne dirais pas corrompus mais nous ne sommes pas loin de cette réalité. Chacun cherche à asseoir son autorité, non pas pour le bien de la population, non pas pour le développement socio-économique de la nation… on s’acoquine avec des personnes de toute moralité pour continuer à exploiter le pays. Dans tout cela, la population est prise en otage », dénonce-t-il.

« Nous faisons du sur-place »

« À ces hommes politiques et à ces groupes armés, nous leur disons que la République centrafricaine n’est pas la propriété d’un individu, d’un clan, d’un groupe d’intérêts quelconque. Cela fait huit ans que nous vivons avec la crise militaro-politique. Plusieurs propositions de sortie de crise, au moyen de différents accords, ont été conclues mais nous faisons du sur-place. Nous avons fait part, dans notre message, au dialogue mais encore faut-il que ce dialogue-là soit franc et fraternel. Combien de fois, des dialogues ont été tenus mais personne ne tient compte des résolutions de ces dialogues-là. C’est ce qui qui nous manque aujourd’hui », alerte Monseigneur Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa.

 

Centrafrique: l'insécurité continue de faire flamber les prix

 

 https://www.rfi.fr/ 17/01/2021 - 04:07 Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Alexandra Brangeon

 

Les prix se sont envolés ces dernières semaines en raison de l’insécurité, rapporte l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales. Selon cet institut, les produits alimentaires importés ont enregistré une hausse allant jusqu’à 240% pour certains produits. Cette flambée est due à la paralysie des transports de marchandises en provenance du Cameroun.

Sur le marché central de Bangui, c’est la grogne. Pour cette habitante du quartier de Gobongo venue faire ses courses pour 15 personnes, tout est devenu trop cher« Tout a augmenté sur le marché, les produits de première nécessité, les oignons, la viande, le poisson, les œufs, le sel, les arachides… Tout a augmenté. »

En deux semaines, le prix d’un œuf est passé de 75 à 150 CFA. Le prix d’un oignon a été multiplié par 4. Car l’essentiel des produits sont importés du Cameroun explique ce vendeur. « Beaucoup de nos produits viennent de Cameroun, on n’a rien ici à part les légumes. Si les prix augmentent c’est ça cause de la fermeture de la route. Les convois ne rentrent pas. »

Depuis plusieurs semaines la route allant de Bangui à la frontière est coupée par les groupes rebelles. Les camions ne passent plus et la capitale n’est plus approvisionnée, explique cette vendeuse dans une supérette. « Le sucre vient du Brésil, ça arrive via le Cameroun par la route mais on peut vendre un peu pendant une semaine, mais après une semaine, il n’y a plus de stocks, donc on ne sait pas comment on va faire. »

Auparavant, les soldats des Nations unies escortaient chaque semaine des dizaines de camions de transport de marchandises mais l’offensive des rebelles fin décembre a tout interrompue.

 

 

Centrafrique: un premier convoi de camions reprend la route pour le Cameroun

 

https://www.rfi.fr/ 16/01/2021 - 00:44 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

Cela fait désormais près d’un mois que l’axe qui ravitaille Bangui depuis la frontière camerounaise est bloqué. Plus de 250 camions sont en attente à Bangui, plus de 600 à la frontière camerounaise. Mais ce vendredi matin, après de multiples reports et négociations, un premier convoi d’une trentaine de camions est parti de Bangui pour retourner au Cameroun.

C’était un préalable des syndicats camerounais. Une trentaine de camions ont finalement pu quitter Bangui ce matin sous escorte des Nations unies.

Un soulagement pour El Hadji Oumarou, le coordonnateur général du bureau de gestion du fret terrestre camerounais. « Nous sommes heureux, contents qu’il y ait enfin un départ. Nous sommes sereins, mais en même temps il y a de l’inquiétude, de l’appréhension. Et nous espérons que, cette fois-ci, les 30 camions partis de Bangui arriveront à bon port au Cameroun. Dès qu’ils arrivent, ça va nous réconforter, ça va décrisper la situation et nous pourrons donc sereinement nous mettre en route. »

Nous avons tous peur. Ce qui nous inquiète le plus aujourd’hui ce n’est pas tant la matériel, c’est beaucoup plus la vie de nos chauffeurs

El Hadji Oumarou, coordonnateur général du bureau de gestion du fret terrestre camerounais

Guy est coincé à Bangui. Depuis plus d’un mois il dort sous son camion. Il espère faire partie du prochain départ. « C’est une très bonne nouvelle puisque des confrères sont déjà partis. On nous a dit que demain nous pourrons partir. Donc c’est une joie pour nous de rejoindre nos familles au Cameroun. Comme des personnes sont parties, nous saurons s’il y a la sécurité sur la route. On appelle de temps en temps nos confrères chauffeurs qui sont en route. »

Les transporteurs connaissent bien la dangerosité de ce tronçon. El Hadji Oumarou déplore la mort de 15 chauffeurs ces dernières années.

 

 

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