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Centrafrique : un chef Séléka devant la CPI

Le Centrafricain Mahamat Saïd a comparu à la Cour pénale internationale

 

https://www.rfi.fr/  30/01/2021 - 04:38  Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Arrêté le 22 janvier en Centrafrique avant d’être transféré aux Pays-Bas où il est désormais incarcéré, le milicien est suspecté de crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Au cours de cette audience - une simple formalité -, le suspect a décliné son identité. Il parle sango. Il sait de quoi on l’accuse. Il est disposé à coopérer. Il rappelle qu’il est présumé innocent. Il a « hâte d’être jugé », a assuré son avocat Jean-Pierre Madoukou, s’exprimant par vidéo depuis Bangui.  

Mais il faudra du temps. La CPI est lente et les audiences de mise en accusation du suspect n’auront lieu que dans huit mois, le 5 octobre. Ce n’est qu’ensuite, si les juges confirment les charges, que le procès pourra réellement démarrer. 

Ces charges sont pour l’heure confidentielles. Mais on sait que Mahamat Saïd est accusé de crimes commis après mars 2013. À cette époque, la Seleka s’emparait du pouvoir à Bangui, et plaçait Michel Djotodia au pouvoir. 

Le numéro 2 de la milice, Noureddine Adam, devenait ministre de la Sécurité et nommait Mahamat Saïd à la tête de l’Office de répression du banditisme. C’est donc à ce poste qu’il aurait commis les tortures et les persécutions reprochés par la procureure. L'enquête est toujours en cours, a précisé cette dernière, suite à l’arrestation, et d’autres responsables de la Seleka sont attendus devant la CPI.

 

NDLR : Selon les informations de la rédaction de CAP, c’est ce Mahamat Saïd qui a tiré une roquette sur les citoyens qui faisaient tranquillement la queue au bureau de vote de l’école Koudoukou lors du vote du référendum constitutionnel de 2015

 

REMISE D’UN EX-CHEF DE GUERRE CENTRAFRICAIN A LA CPI : A quand le tour de François Bozizé ?

https://lepays.bf/ 25 janvier 2021

Il s’appelle Mahamat Said Abdel Kani. C’est un ancien chef rebelle de l’ex-Séléka, du nom de cette milice à majorité musulmane qui, avec sa rivale chrétienne des Anti-Balaka, ont ouvert les portes de l’enfer aux Centrafricains, lors du conflit fratricide de 2013-2014 qui a entraîné de nombreuses pertes en vies humaines, à la suite d’actes d’atrocité d’une rare violence, qui révulsent encore la conscience humaine. Quelque huit ans plus tard, cet ancien chef de guerre est appelé à répondre de ses actes devant la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis, en janvier 2019, un mandat d’arrêt contre lui. Ce mandat vient d’être exécuté avec sa remise, il y a quelques jours, à l’institution pénale internationale basée aux Pays-Bas. Il  y rejoint deux de ses tristement célèbres adversaires du camp adverse des anti-Balaka, Edgard Ngaïssona et Alfred Yekatom, détenus à la prison de Scheveningen, en attente de leur procès prévu en début février prochain.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le transfèrement de cet autre seigneur de guerre centrafricain de l’ex-Séléka à la CPI, est un acte à saluer.

Reste à espérer que l’effet psychologique de ces poursuites sera suffisamment dissuasif

Car, au-delà de l’impunité même des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA et dont les prévenus sont soupçonnés, c’est l’équité de l’institution encore dirigée par Fatou Bensouda (son mandat arrive à expiration le 15 juin 2021) dans les poursuites qui ont lieu dans les deux camps, qu’il convient de louer. Car, dans d’autres circonstances comme dans le conflit ivoirien, cela n’a pas été le cas avec l’ex-président Laurent Ggagbo et son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, qui se sont retrouvés seuls à répondre devant l’institution pénale internationale pendant que leurs adversaires du camp Ouattara n’ont jamais été inquiétés. Reste maintenant à espérer que l’effet psychologique de ces poursuites contre ces ex-chefs rebelles centrafricains, sera suffisamment dissuasif pour réfréner les ardeurs d’éventuels apprentis maquisards qui seraient toujours tentés, dans l’ex-Oubangui Chari,  par la conquête du pouvoir par les armes. Car, le drame que vit aujourd’hui le pays de Barthélémy Boganda, semble, à bien des égards, moins le fait de l’incapacité des populations à vivre en harmonie les unes avec les autres, que l’action des acteurs politiques et autres individus aux intentions obscures qui les instrumentalisent à des fins purement partisanes.

Or, tant qu’il en sera ainsi, il sera difficile, pour ce pays d’Afrique centrale dont les richesses diamantifères aiguisent les appétits bien au-delà de ses frontières, de connaître la paix. La preuve en est qu’aujourd’hui encore, à la faveur de la présidentielle du 27 décembre dernier, le pays qui était déjà en convalescence démocratique et qui peine à se relever de la crise de 2013-2014, est à nouveau à feu et à sang, du fait de l’incurie de personnalités politiques comme l’ex-président François Bozizé qui semble avoir jeté son dévolu sur les armes pour la reconquête du pouvoir, après avoir été recalé sur la voie des urnes par la Cour constitutionnelle.

Il est temps, pour l’institution judiciaire internationale, de songer à ouvrir un dossier Bozizé

Aujourd’hui, en ignorant royalement les voies constitutionnelles de recours contre les résultats du scrutin qui a livré son verdict final en faveur du président sortant, Faustin Archange Touadéra, pour faire alliance avec les groupes armés qui sèment la mort et la terreur dans le pays, Bozizé s’affiche en principal ennemi de la paix en Centrafrique. Et seule une institution comme la Cour pénale internationale semble encore en mesure de l’inquiéter. Car, l’intéressé fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Justice de son pays, sans que cela suffise à l’empêcher de se déplacer sur le territoire national, comme un poisson dans l’eau. C’est pourquoi l’on a envie de se demander à quand le tour de François Bozizé, d’être dans la collimateur de la Justice internationale en vue d’intégrer la célèbre prison de La Haye pour mieux y méditer sur tous ses actes attentatoires à la paix en RCA. C’est dire s’il est temps, pour l’institution judiciaire internationale, de songer, si ce n’est déjà dans ses tuyaux, à ouvrir un dossier Bozizé. Cela pourrait peut-être permettre à la Centrafrique de connaître la paix. Car, au-delà de François Bozizé et des protagonistes de cette crise qui n’en finit pas de compter ses morts et de maintenir le pays dans un état d’instabilité et de précarité économique et sécuritaire, c’est le rôle de puissances extérieures qui continuent d’attiser en sous-main la braise en RCA pour mieux tirer leurs marrons du feu, qu’il convient de dénoncer. C’est dire s’il y a des raisons de croire aujourd’hui que la RCA est  otage non seulement du choc des ambitions de ses leaders politiques, mais aussi des convoitises de ses richesses naturelles et minières qui semblent faire le malheur de ses habitants.

 

 Le Pays

 

 

Centrafrique : un chef Séléka devant la CPI

 

29.01.2021

 

Première audition pour Mahamat Said Abdel Kani devant la Cour pénale internationale.

Commandant présumé de la coalition rebelle Séléka, en Centrafrique, Mahamat Said Abdel Kani est soupçonné de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, torture et traitements cruels, selon la CPI.

Mahamat Said Abdel Kani est arrivé lundi au centre de détention de la Cour, à La Haye aux Pays-Bas ou il a décidé de se taire pour l'instant et s'exprimera le moment venu.

Je ne suis pas encore très bien informé de mes droits. Je suis conscient qu'en tant que suspect, je suis présumé innocent a-t-il précisé. Une audience de confirmation des charges devrait avoir lieu en février.

Mahamat Said Abdel Kani, un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, responsable de nombreuses violences dans le pays en 2013, avait été remis dimanche par les autorités de Bangui à la CPI, sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par l'un des juges du tribunal en 2019.

Deux anciens chefs de guerre centrafricains, qui dirigeaient des milices anti-balaka, sont, eux aussi, actuellement jugés par la CPI.


Africanews / MCP, via mediacongo.net

 

RCA : le rebelle Abakar Sabone sous le coup d’un mandat d’arrêt

 

Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice Publié le 29.01.2021 à 18h09

Les autorités souhaitent aujourd’hui le poursuivre pour « des infractions commises entre décembre 2020 et janvier 2021 ».

Abakar Sabone, l’un des porte-parole de la rébellion CPC, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice centrafricaine. Ancien conseiller spécial de Michel Djotodia du temps de l’ex-Séléka, il est rentré en Centrafrique en 2019, après un long exil au Tchad.

Ce n’est pas l’un des principaux chefs rebelles de la CPC. Son mouvement, fondé il y a un an, n’est d’ailleurs pas signataire de l’accord de Kamba Kotta, acte de naissance de la coalition. Mais il en est l’un des porte-paroles et l’une des figures les plus médiatiques, habitué aux déclarations tonitruantes sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas un petit bout de papier signé par un procureur qui va nous empêcher de poursuivre la lutte », régissait-il encore hier soir au sujet du mandat d’arrêt émis contre lui ce 25 janvier.

Il faut dire qu’à 55 ans, Abakar Sabone, né à Carnot, s’est forgé une longue expérience dans diverses rébellions, au gré des soubresauts que connait son pays. Actif aux côtés de François Bozizé lors de son coup d’État de mars 2003, il est son dernier ministre du Tourisme, avant de rejoindre le camp adverse : la Séléka de Michel Djotodia qui en fait son conseiller spécial. À cette époque, il défraye la chronique en proposant une partition de la Centrafrique.

Exilé au Tchad pendant de longues années, il prend part aux négociations de l’accord de Khartoum pour le FPRC de Noureddine Adam, puis quitte ce mouvement. Selon le mandat d’arrêt émis contre lui, il est accusé d’incitation à la désobéissance et au refus de payer l’impôt. Un mandat émis dans le cadre de l’instruction en cours contre Thierry Savonarole, un cadre du KNK, le parti de l’ex-président Bozizé, arrêté en janvier.

Ce n’est pas l’un des principaux chefs rebelles de la CPC. Son mouvement, fondé il y a un an, n’est d’ailleurs pas signataire de l’accord de Kamba Kotta, acte de naissance de la coalition. Mais il en est l’un des porte-paroles et l’une des figures les plus médiatiques, habitué aux déclarations tonitruantes sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas un petit bout de papier signé par un procureur qui va nous empêcher de poursuivre la lutte », régissait-il encore hier soir au sujet du mandat d’arrêt émis contre lui ce 25 janvier.

 

Centrafrique: les pays africains des Grands lacs appellent les rebelles à cesser le feu

LUANDA (AFP) 30.01.2021 - 11:17

 

Les représentants de plusieurs pays africains de la région des Grands Lacs, réunis vendredi à Luanda en un mini-sommet sur la situation en Centrafrique, ont appelé les rebelles qui tentent de renverser le régime du président Touadéra, à cesser le feu.

"Les chefs d'État et de gouvernement appellent les forces rebelles à un cessez-le-feu unilatéral et immédiat", a déclaré le ministre des Affaires étrangères angolais, Téte António, en conclusion d'une réunion de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (ICGLR) à Luanda.

Présent au sommet, Faustin Archange Touadéra a officiellement été réélu, avec un faible taux de participation, pour un second mandat à la tête de la Centrafrique le 18 janvier.

Les élections présidentielle et législatives se sont tenues fin décembre dans ce pays en proie depuis 2013 à une guerre civile, très meurtrière jusqu'en 2018 et ravivée par l'annonce d'une offensive rebelle pour empêcher ces scrutins.

Plusieurs puissants groupes armés se sont alliés dans la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et ont juré de marcher sur la capitale Bangui.

Majoritairement sous contrôle rebelle, la République centrafricaine a décrété cette semaine l'état d'urgence pour 15 jours.

"Nous voulons une région des Grands Lacs sans conflit armé, sans mort, ni déplacement forcé des habitants", ont déclaré les responsables africains à l'issu du mini-sommet qui rassemblait notamment le président congolais Denis Sassou-Nguesso et rwandais Paul Kagame.

Les violences en Centrafrique ont obligé plus de 200.000 personnes en moins de deux mois à fuir leur foyer, selon l'ONU.

Les groupes armés se heurtent jusqu'ici à des forces bien supérieures en nombre et lourdement équipées: quelque 12.000 Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), mais aussi des centaines de militaires rwandais et paramilitaires russes dépêchés fin décembre à la rescousse de M. Touadéra et d'une armée démunie.

Sous le coup d'un embargo sur les armes lourdes, la Centrafrique a récemment plaidé en faveur d'une levée de cette mesure pour lutter contre les groupes armés.

A Luanda, les chefs d'Etat africains présents ont déclaré qu'ils soutiendraient la demande de la Centrafrique auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

 

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