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Centrafrique : arrestation du chef anti-balaka Eugène Ngaïkosset

Un ancien chef d'une milice accusée de crimes de guerre arrêté en Centrafrique

 

05.09.2021 à 17:00

Un important ancien chef d'une des milices accusées de crimes contre l'humanité par l'ONU durant la guerre civile en Centrafrique a été arrêté à Bangui, a annoncé dimanche à l'AFP le ministre centrafricain de la Justice.

L'ex-capitaine Eugène Barret Ngaïkosset est un ancien cadre de la garde rapprochée de l'ex-président François Bozizé, renversé en 2013 par une coalition de groupes armés à majorité musulmane, la Séléka. Il a ensuite été un chef important des milices anti-balaka, à majorité chrétienne et animiste, fondées par M. Bozizé pour lutter contre la Séléka.

Ces deux groupes ont plongé le pays dans une sanglante guerre civile et ont été accusés en 2015 par l'ONU de "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" durant les années 2014 et 2015, au paroxysme du conflit.

Ngaïkosset "a été arrêté samedi lors de l'inauguration de la nouvelle base logistique des forces armées centrafricaines" dans la périphérie de la capitale, a assuré à l'AFP le ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene.

"Il avait précédé les autorités sur le lieu des cérémonies" présidées par le président Faustin Archange Touadéra, a-t-il ajouté, sans plus de détail. Les chefs d'accusations retenus contre lui seront précisés "dans les prochains jours", a conclu le ministre.

La Cour pénale internationale (CPI) de la Haye comme une Cour Pénale Spéciale (CPS) à Bangui sont chargées de juger les criminels de guerre présumés en Centrafrique.

Ngaïkosset est surnommé par la presse centrafricaine "le boucher de Paoua" en référence à des massacres commis dans cette ville du Nord-Ouest par l'armée, de 2005 à 2007, lorsqu'il était un des commandants de la redoutable garde présidentielle de M. Bozizé.

Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) de 2009, "des diplomates à Bangui avaient (alors) insisté auprès du président François Bozizé pour qu'il engage des poursuites judiciaires contre Eugène Ngaïkosset, commandant d'une unité de la garde présidentielle impliquée dans des atrocités généralisées commises dans le Nord-Ouest".

"A l’époque, il y avait eu un mandat d’arrêt international contre lui", a précisé M. Abazene.

L'ex-capitaine avait créé une faction des milices anti-balaka après la chute de M. Bozizé en 2013. Et un rapport de l'ONU, qui a gelé ses avoirs à l'étranger et émis un avis d'interdiction de voyager, l'a accusé en 2015 de "s’être livré ou avoir apporté un appui à des actes (...) contraires au droit international des droits de l’Homme".

La guerre civile a considérablement baissé d'intensité depuis 2018 mais des groupes armés, issus ou non de l'ex-Séléka et des anti-balaka, occupaient encore fin 2020 plus des deux tiers de la Centrafrique. Certains ont lancé en décembre une rébellion contre le pouvoir du président Touadéra. Ce dernier a été finalement réélu le 27 décembre et son armée, grâce à l'appui de centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, a aujourd'hui largement reconquis le territoire.

© 2021 AFP

 

 

Centrafrique : arrestation du chef anti-balaka Eugène Ngaïkosset

 

https://www.aa.com.tr/ Lassaad Ben Ahmed   |05.09.2021 AA / Peter Kum

 

- Cet ancien membre de la garde rapprochée de l'ex-président François Bozizé, a été arrêté samedi sur la base logistique des Forces armées centrafricaines à Liton au PK22.

 

Le capitaine Eugène Barret Ngaikosset, chef anti-Balaka, a été arrêté samedi au PK22 en RCA et transféré au siège de la section des recherches et d'investigation (SRI) à Bangui, a appris l’Agence Anadolu des autorités centrafricaines.

Eugène Barret Ngaikosset alias « Boucher de Paoua », a été arrêté par la garde présidentielle lors de la cérémonie inaugurale de la principale base logistique des Forces armées centrafricaines (Faca) présidée, samedi, par le président centrafricain à PK22 au village Liton sur la route de Damara.

« Alors que le Président de la République était attendu pour la cérémonie de l’inauguration de la base logistique principale, le capitaine de l’armée poursuivi par la CPI (Cour pénale internationale) pour les crimes commis dans la partie septentrionale du pays, a été aperçu en tenue militaire sur les lieux, alors qu’ il ne faisait pas partie du dispositif militaire devant sécuriser ladite cérémonie », a indiqué à l’Agence Anadolu, Arnaud Djoubaye Abazene.

Dans un rapport publié le 17 décembre 2015, le Conseil de sécurité de l’ONU avait souligné que M. Ngaïkosset est l’un des principaux auteurs des violences qui ont éclaté à Bangui à la fin du mois de septembre 2015.

« Lui et d’autres combattants anti-balaka se sont alliés à des rebelles de l’ex-Séléka en vue de déstabiliser le gouvernement de transition de la République centrafricaine », avait relevé le rapport.

Le 8 octobre 2015, les autorités centrafricaines avaient annoncé l'ouverture d'une enquête au sujet de Ngaïkosset et d’autres personnes pour leur participation aux violences perpétrées à Bangui en septembre 2015.

Le capitaine Ngaïkosset et ses coaccusés étaient nommément cités pour leurs « comportements flagrants, qui sont constitutifs d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, de complot, d’incitation à la guerre civile, à la désobéissance civile, à la haine, et de complicité ».

Le Gouvernement avait instruit les autorités judiciaires compétentes aux fins d’ouvrir une enquête à l’effet de rechercher et d’arrêter les présumés auteurs et complices.

A l'entrée de la coalition Séléka, le 24 mars 2013, date de la chute du pouvoir de François Bozizé, le capitaine Eugène Baret Ngaïkosset s'était réfugié en République démocratique Congo.

Il s'était ensuite retrouvé au Cameroun en novembre et sera rattrapé dans sa course par la justice au Congo-Brazzaville où il va être arrêté et mis en prison en compagnie de son frère cadet pendant 2 ans, à compter du 1er décembre 2013.

Il est libéré et expulsé en République Centrafricaine le mardi 12 mai 2015.

A sa descente d'avion, le capitaine Baret Ngaïkosset avait été systématiquement conduit de l’aéroport Bangui M'Poko à la SRI, où il disparaîtra de ce lieu de détention dimanche 17 mai 2015 dans des circonstances non élucidées.

 

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