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PARIS MENACE DE RETIRER SES TROUPES SI LE MALI S’ALLIE AVEC LE GROUPE RUSSE WAGNER

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

 

C’est l’agence Reuters qui a lancé l’information ces derniers jours. Depuis, d’autres sources, notamment citées par Jeune Afrique, le confirment : « Depuis début septembre, un contrat est prêt à être signé entre l’État malien et une société militaire privée liée au groupe russe Wagner. Le document prévoit le déploiement de mercenaires dans le pays, en liaison avec l’armée malienne, et la protection de hautes personnalités. L’entreprise russe serait payée 6 milliards de FCFA, soit environ 9,1 millions d’euros. L’une des sources de Reuters évoque l’arrivée de 1 000 mercenaires, quand d’autres indiquent des chiffres un peu plus bas. Depuis plusieurs mois, rappelle Jeune Afrique, des envoyés du groupe Wagner se livraient à un intense lobbying auprès des autorités de la transition malienne, et en particulier de Sadio Camara, lequel s’était encore rendu en Russie en août dernier. Si Bamako a déjà signé en 2019 un accord de défense avec la Russie, ce contrat est en revanche le premier liant les autorités maliennes à une société militaire privée d’obédience russe. »

Propagande anti-française

« Pour des raisons politiques et économiques, la Russie cherche à reprendre pied en Afrique, pointe L’Informateur à Bamako. D’où son intérêt pour la Centrafrique, où, en échange de concessions minières, elle a envoyé des armes et des "instructeurs", en réalité des "mercenaires" de la société militaire privée Wagner. Et le tout accompagné d’une propagande anti-française. »

Et L’Informateur de s’interroger : « Qu’en sera-t-il pour le Mali, aidé par la France pour combattre les groupes terroristes ? »

En tout cas, poursuit le site malien, la France fait feu de tout bois sur le plan diplomatique pour contrer cet accord : « Paris craint que l’arrivée de mercenaires russes au Mali ne déstabilise davantage la région et compromette la lutte antiterroriste au Sahel au moment où la France cherche à transformer l’opération Barkhane en coalition internationale impliquant davantage ses alliés européens. »

Contre-offensive diplomatique de Paris

En effet, précise Le Point Afrique, le président Emmanuel Macron estime « incompatible » la présence militaire française et celle de mercenaires russes au Mali, assure-t-on de source proche de l’exécutif. « L’arrivée de paramilitaires russes constituerait une ligne jaune pour la France, déjà échaudée par un second coup d’État en un an au Mali, en mai dernier, et alors que Paris, conjointement avec la CEDEAO pousse avec difficulté la junte à tenir ses engagements à organiser des élections pour ramener des civils au pouvoir. »

Côté malien, relève L’Informateur, « un porte-parole de la junte au pouvoir à Bamako affirme ne pas être au courant d’un tel projet d’accord avec Wagner. "Ce sont des rumeurs. Les officiels ne commentent pas les rumeurs." Le porte-parole du ministère malien de la Défense déclare de son côté que "l’opinion publique malienne est favorable à une coopération accrue avec la Russie vu la situation sécuritaire", tout en assurant "qu’aucune décision n’a été prise sur la nature de cette coopération". »

Après la Françafrique, la Russafrique ?

« Après la Libye et la Centrafrique, les Popov lorgnent donc le Sahel via le Mali », s’exclame le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « Si toutes ces informations s’avéraient, cela signifierait donc qu’il faudrait aussi prêter foi aux miasmes russes qui auraient entouré le coup d’État du 18 août 2020. Mais Wagner, au Mali, au-delà des accusations de prédations, de non-respect des droits de l’homme, c’est aussi une estocade à la France dans son pré carré, après celui de la RCA, relève encore Aujourd’hui. La question que doivent se poser les Sahéliens est de savoir ce qu’ils gagneraient avec les Russes, car il faut cesser d’être naïf. Si la Russafrique devait être un pâle avatar de la Françafrique… alors ce sera kif-kif bourricot ! »

Le Mali a-t-il vraiment besoin des Russes ?

« Attention à ne pas jouer avec le feu ! », renchérit WakatSéra« En faisant débarquer dans la maison, des mercenaires qui n’ont aucune limite dans leurs actions… »

Et puis le Mali a-t-il vraiment besoin d’une aide extérieure ? s’interroge le site burkinabè. « Les sommes astronomiques qui serviraient à payer la société Wagner ne pourraient-elles pas permettre d’équiper davantage les soldats maliens et leur offrir des conditions de vie meilleures ? »

Enfin, se demande encore WakatSéra, « si tous ces colonels maliens, qui ont déserté les casernes, happés par les vertiges du trône, faisaient de la lutte contre l’agression du Mali leur devoir, le pays aurait-il encore besoin de confier sa sécurité et sa défense à des "instructeurs" budgétivores venus d’ailleurs ? »

 

PARIS MENACE DE RETIRER SES TROUPES SI LE MALI S’ALLIE AVEC LE GROUPE RUSSE WAGNER 

 Par Bamada.net 14/09/2021 

Paris menace de retirer ses troupes du Mali si le gouvernement malien signe un accord avec la société russe de sécurité privée Wagner. Le pouvoir malien serait prêt à accueillir des mercenaires russes chargés de former l’armée nationale et d’assurer la protection des dirigeants maliens.

Le gouvernement malien reconnaît que des discussions sont en cours.

Une coopération entre la junte au pouvoir au Mali et la société privée russe Wagner serait “incompatible” avec le maintien d’une force française dans ce pays, a averti le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec notre présence

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

“C’est absolument inconciliable avec notre présence”, a estimé Jean-Yves le Drian. Le ministre s’exprimait devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. “Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali”, a-t-il ajouté.

De source française proche du dossier, la junte au pouvoir à Bamako étudie la possibilité de conclure avec Wagner un contrat sur le déploiement d’un millier de paramilitaires russes au Mali pour former ses forces armées (FAMA). Ces mercenaires devront également assurer la protection des dirigeants.

“Rien n’est signé” selon le gouvernement malien

Les autorités maliennes ont admis que des discussions avec le groupe russe étaient en cours, mais que “rien n’est signé”.

“Ils se sont illustrés dans le passé singulièrement en Syrie, en Centrafrique beaucoup avec des exactions, des prédations, des violations en tous genres (et) ne peuvent pas correspondre à une solution quelconque”, a affirmé le ministre français des Affaires étrangères.

“En Centrafrique, ça a provoqué une détérioration de la situation sécuritaire”, a-t-il insisté.

Ils (les mercenaires de Wagner) se sont illustrés dans le passé singulièrement en Syrie, en Centrafrique beaucoup avec des exactions, des prédations, des violations en tous genres (et) ne peuvent pas correspondre à une solution quelconque

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

La ministre des Armées, Florence Parly, a aussi asséné qu’un tel accord “serait extrêmement préoccupant et contradictoire” avec l’engagement militaire de la France au Sahel depuis huit ans.

Source :Maliweb.net

 

 

Paris retirera ses soldats si le Mali s’allie avec les russes

 

https://senalioune.com/   Par Oumlbenina Mint Bamba  14/09/2021 10:11pm

Une coopération entre la junte au pouvoir au Mali et la « société de sécurité » privée russe Wagner serait incompatible avec le maintien d’une force française dans ce pays, a averti mardi le chef de la diplomatie française.

« C’est absolument inconciliable avec notre présence », a lancé Jean-Yves le Drian devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

« Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali », a-t-il ajouté.

De source française proche du dossier, la junte au pouvoir à Bamako étudie la possibilité de conclure avec Wagner un contrat sur le déploiement d’un millier de paramilitaires russes au Mali pour former ses forces armées et assurer la protection des dirigeants. Les autorités maliennes ont admis que des discussions avec le groupe russe étaient en cours, mais que « rien n’est signé ».

Ils se sont illustrés dans le passé singulièrement en Syrie, en Centrafrique beaucoup avec des exactions, des prédations, des violations en tous genres (et) ne peuvent pas correspondre à une solution quelconque.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian.

« En Centrafrique, ça a provoqué une détérioration de la situation sécuritaire », a-t-il insisté.

La ministre des Armées Florence Parly a aussi asséné qu’un tel accord « serait extrêmement préoccupant (e) et contradictoire » avec l’engagement militaire de la France au Sahel depuis huit ans.

« Si les autorités maliennes devaient contractualiser avec la société Wagner, ce serait extrêmement préoccupant et contradictoire, incohérent avec tout ce que nous avons entrepris depuis des années et tout ce que nous comptons entreprendre en soutien des pays du Sahel », a-t-elle lancé devant la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale.

Lapresse.ca

 

 

Après la Centrafrique, les mercenaires russes bientôt au Mali?

https://actucameroun.com/ 14 Sep 2021 par Marturin ATCHA

Le gouvernement malien serait sur le point de conclure un accord avec le groupe de sécurité privé russe Wagner, dont les militaires sont déployés en république centrafricaine, a révélé lundi Reuters.

Pour former ses militaires afin de mieux faire face à la menace sécuritaire, le gouvernement de transition au Mali a jeté son dévolu sur le groupe privé de sécurité russe Wagner. Selon l’Agence Reuters qui évoque des sources diplomatiques, un accord serait proche entre l’entreprise de sécurité russe Wagner et les autorités maliennes.

En effet, plus de 1000 mercenaires russe pourraient bientôt à Bamako pour former les soldats de l’armée et assurer la protection des autorités maliennes, assure le média indiquant que Wagner toucherait 6 milliard de francs CFA par mois pour ce travail de formation. Ce montant correspond à un peu moins de 10 millions d’euros.

Le groupe de sécurité privé Wagner est dirigé par Yevgeny Prigozhin, un proche du président russe Vladimir Poutine. L’arrivée de mercenaires russes comparable à ce qui s’est passé en République centrafricaine constitue une menace pour l’influence française au Mali.

 

 

La société militaire privée russe Wagner ira-t-elle au Mali ? 

Ouestfrance.com Mardi 14 septembre 2021 17:572

L’arrivée de cette sulfureuse société déjà présente en Centrafrique inquiète Paris qui a déjà décidé de redéployer une partie de son dispositif militaire au Sahel.

Sollicité par l’AFP, le ministère malien de la Défense a admis mener des pourparlers avec le Groupe Wagner, la sulfureuse société militaire privée russe (SMP) déjà présente en RCA depuis 2018, au grand dam de Paris.

Wagner, faux nez de Moscou ?

La présence de cette société militaire privée russe a été signalée (et parfois confirmée) en RCA, au Soudan, au Mozambique, en Libye, à Madagascar, en Syrie, en Ukraine, au Venezuela. Créée en 2014, elle propose des prestations de formation, de sécurité et de protection rapprochée, d’encadrement de forces de sécurité étrangères.

Toutefois, l’implication directe de ses personnels dans des opérations de combat a aussi été signalée, en particulier en RCA et en Syrie. Ce qui tranche avec les prestations actuelles des ESSD comme on préfère les appeler en France (ESSD, pour entreprises de services de sécurité et de défense) qui vont de la formation au renseignement, en passant par le soutien médical, la sécurité, le déminage, la logistique et le MCO. Or, des SMP russes, mais aussi turques, n’hésitent plus à engager leurs personnels dans des actions offensives et à leur faire mettre en œuvre des forces létales.

Sur l’histoire de Wagner et sa création, on lira un article paru le 27 avril 2021 dans Newsline Magazine sous la plume de Ruslan Trad. Il est titré : « The Soviet Origins of Putin’s Mercenaries Methods perfected during the occupation of Afghanistan are now in wide use among Russia’s corporate guns for hire. » En dépit des dénégations de Moscou, cet article établit les liens forts qui unissent cette SMP et le pouvoir russe. Malgré tout, le Kremlin se refuse toujours à faire reconnaître ce type de sociétés par le Parlement russe.

On lira aussi l’étude de l’Institut français des Relations internationales (Ifri) sur le rôle des sociétés militaires privées (SMP) russes en Afrique. Cette étude analyse le déploiement de Wagner en RCA, au Mozambique et en Libye.

Inquiétudes tricolores

De source française proche du dossier, la junte au pouvoir à Bamako étudierait bien la possibilité de conclure avec Wagner un contrat pour le déploiement d’un millier de paramilitaires au Mali avec pour mission de former ses forces armées (FAMa) et assurer la protection des dirigeants. Un contrat à l’image de celui signé entre le pouvoir centrafricain d’une part et la SMP russe et sa filiale locale Sewa Security Services (SSS) d’autre part.

Une source sécuritaire ouest-africaine a, de son côté, affirmé à l’AFP que Wagner négociait pour arriver en force au Mali, moyennant finances et avec des contreparties minières.

Toutes ces sources confirment des informations initialement révélées par l’agence Reuters. L’agence britannique affirme que selon quatre sources, le groupe Wagner serait payé six milliards de francs CFA (environ 9,15 millions d’euros) par mois pour ses services. L’accord pourrait également garantir à la société russe l’accès à trois gisements miniers, deux d’or et un de magnésium. Ce qui rappelle encore le scénario centrafricain et fait craindre une mainmise russe sur un pan minier de l’économie malienne.

Rapprochement avec Moscou

Par ailleurs, la junte malienne a multiplié les signes de rapprochement avec la Russie. Le ministre de la Défense Sadio Camara était à Moscou le 4 septembre 2021. Un responsable du ministère malien de la Défense a indiqué que cette visite s’inscrivait dans le cadre de la coopération et de l’assistance militaire, sans plus de précisions. Le ministère russe de la Défense a évoqué de son côté un entretien entre le vice-ministre russe, Alexandre Fromine, et Sadio Camara, consacré à des projets de coopération militaire et aux questions de sécurité en Afrique de l’Ouest.

On notera que Sadio Camara, alors colonel, revenait d’une formation d’un an au Collège militaire supérieur de Moscou lors du putsch de 2020 auquel il a pris une part active.

Déploiement, redéploiement…

Si l’arrivée de Wagner se concrétisait, un redéploiement plus rapide et plus important des troupes françaises du Mali vers le Niger voisin serait étudié, selon une source de l’AFP. D’autant qu’en cas d’intervention russe au Mali, s’alarme-t-on en France, les États-Unis arrêteraient tout sur place, privant la France de moyens cruciaux (ravitaillement et renseignement) pour ses opérations au Sahel. 

Philippe CHAPLEAU.    Ouest-France

 

Mali : qui sont les miliciens russes du groupe Wagner qui se rapprochent de la junte ?

https://www.france24.com/ 14/09/2021 - 23:11

Alors que la France a annoncé cet été la réduction de sa présence militaire au Mali, les autorités maliennes seraient en passe de signer un accord avec le groupe paramilitaire russe Wagner. Le Mali confirme des pourparlers en cours. Qui sont ces miliciens russes, appartenant à une société privée mais proches du Kremlin ?

L'ONG Amnesty international l'appelle "l'armée secrète de Vladimir Poutine". Fort de 2 500 à 5 000 mercenaires, le groupe de sécurité russe Wagner serait en passe de signer un accord avec la junte malienne, selon Reuters. 

Seule certitude, le ministère malien de la Défense a admis, mardi 14 septembre, auprès de l'AFP mener des pourparlers avec cette société militaire privée, tout en insistant sur le fait qu'"à ce stade, rien n'a été signé". L'éventuel recours à la sulfureuse société pourrait déboucher sur le déploiement d'un millier de paramilitaires russes au Mali si ce rapprochement est confirmé.

L'arrivée de ces troupes pourrait remettre en cause l'engagement de la France au Mali, où ses militaires combattent les groupes jihadistes depuis huit ans.

Apparu pour la première fois aux côtés des sécessionnistes du Donbass en Ukraine en 2014, Wagner n'a pas d'existence légale en Russie, où les sociétés militaires privées sont interdites. Mais la présence du groupe a été documentée avec les troupes de Bachar al-Assad en Syrieen Libye aux côtés des forces du maréchal Khalifa Haftar ou encore comme "instructeurs" en Centrafrique et ailleurs. Des médias occidentaux ont également fait état d'une présence au Mozambique, mais aussi au Soudan lors des répressions de manifestants anti-Omar el-Béchir en 2019.

Soupçonnés d'exaction en République centrafricaine

En République centrafricaine, explique Clément Di Roma, le correspondant de France 24 à Bangui, "le groupe Wagner est implanté depuis plusieurs années". "Officiellement, Moscou a déployé des instructeurs russes dans le pays depuis 2018 pour former l'armée nationale mais derrière, c'est la société de mercenariat privé qui opère, selon des experts des Nations unies", rappelle le journaliste. Un groupe d'experts de l'ONU s'est alarmé dès le mois de mars du recrutement par le gouvernement de la République centrafricaine de sociétés militaires et de sécurité privées étrangères, opérant aux côtés des forces gouvernementales et accusées de multiples exactions. 

Le groupe Wagner en République centrafricaine

"Depuis la crise électorale en décembre 2020 puis l'attaque des rebelles sur Bangui, l'État centrafricain a reçu de nombreux renforts de la société Wagner. Jusqu'à 2 000 mercenaires seraient présents. Ils combattent encore aux côtés de l'armée nationale en région et depuis janvier, ils ont repoussé la coalition rebelle vers les frontières au nord du pays. En juin, les experts de l'ONU envoyés ici parlaient de pillages, d'assassinats aveugles, de recours à la force excessive en pointant du doigt les forces nationales, leurs alliés russes et aussi les troupes rebelles", détaille Clément Di Roma. Le rapport onusien, paru fin juin, évoque en effet des "violations des droits de l'Homme et manquements au droit international humanitaire".

Toutefois, rappelle le correspondant de France 24, la Russie et le gouvernement centrafricain nient toute participation russe dans les opérations des forces nationales. 

Un milliardaire proche du Kremlin 

Le groupe Wagner, avec qui Moscou dément tout lien, est pourtant suspecté d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evgueni Prigojine. Ce milliardaire de Saint-Pétersbourg, au passé de prisonnier pour banditisme, a fait fortune dans la restauration haut de gamme, puis en fournissant les cantines de l'armée russe. "Propriétaire de restaurants de luxe fréquentés en 2000 par Poutine", il devient "le traiteur officiel du Kremlin", raconte l'ONG Amnesty international qui publie un rapport sur le groupe paramilitaire. "Il utilise la rente pour bâtir un empire de communication et de médias que le FBI accuse, en 2016, d'avoir influencé l'élection présidentielle américaine en faveur de Donald Trump à travers son usine à trolls, la fameuse Internet Research Agency. Il se diversifie enfin dans l'exploitation minière, gazière et pétrolière en Afrique et au Moyen-Orient", indique l'ONG. 

Un recruteur pour le groupe Wagner interviewé par France 24 en 2018 lors d'une enquête sur cette mystérieuse organisation avait avoué, à demi-mot, travailler pour l'État russe. "L'objectif principal de toute entreprise militaire privée est de défendre les intérêts de son gouvernement s'il ne peut pas utiliser son armée régulière. Nos objectifs se sont des revenus financiers et la possibilité de prendre le contrôle d'un grand marché de ressources pétrolières pour notre pays", expliquait l'homme à la tête de l'un des ces groupes privés, connecté à Wagner.

Selon Amnesty international, l'organisation tire son nom d'un lieutenant-colonel du renseignement militaire russe passé au privé, un certain Dimitri Outkine, nostalgique des nazis, qui "s'est choisi pour nom de guerre 'Wagner' en hommage au compositeur préféré d'Adolf Hitler".

Une plainte déposée en Russie pour torture en Syrie

Amnesty international, mais aussi d'autres ONG des droits humains comme la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ou l'association russe Memorial, accusent la société Wagner de commettre des tortures, des exécutions ou des viols contre des civils, dans des zones de conflit.

Pour la première fois, une plainte a été déposée en Russie le 15 mars par trois ONG, dont la FIDH. Elles accusent des membres de l'organisation Wagner d'avoir torturé et décapité un déserteur supposé de l'armée syrienne, en 2017, alors qu'ils se trouvaient en Syrie. Dans une vidéo du meurtre, révélée dès 2018 par le journal russe indépendant Novaïa Gazeta, on voit des hommes parlant russe frapper leur victime avec un marteau puis le démembrer, finissant par l'asperger d'essence et mettre le feu à son corps tandis que sa tête était suspendue à un poteau. 

Depuis, la Novaïa Gazeta a été gravement menacée et la plainte est restée pour le moment sans suite.

Avec AFP et Reuters

 

Les mercenaires russes du groupe Wagner seraient bientôt présents au Mali

 

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 15 septembre 2021

 

Les mercenaires russes de la société privée Wagner seront-ils bientôt actifs au Mali ? Oui, selon l’agence de presse britannique Reuters, qui affirme que des négociations entre les autorités de transition et le groupe Wagner sont en cours et même « proches de conclure ».

Le groupe Wagner est déjà présent en Afrique, où ses exactions ont été révélées par des organisations de défense des droits de l’homme. Au Mali, en revanche, ce serait une première et cela, dans un contexte de désengagement français avec la fin annoncée de l’opération Barkhane et la réduction des effectifs militaires français dans le pays

Wagner, « les clandestins » de Poutine

Formé en 2014 en Ukraine et détenu par l’homme d’affaires Yevgeny Prigozhin, le groupe Wagner est intensément impliqué dans plusieurs conflits non seulement en Ukraine mais aussi à travers le monde, du Moyen-Orient à l’Amérique latine. La présence la plus connue du groupe a cependant eu lieu en Syrie et en Libye, où la Russie a activement participé à la guerre civile et aurait utilisé le groupe Wagner comme mandataire dans la région. Bien que la Russie ne reconnaisse officiellement aucune coopération avec le groupe Wagner, les rapports sur le terrain prouvent le contraire.

Après sa fondation initiale en 2016, il a été signalé que le groupe comptait 1 000 employés, ce qui a rapidement culminé à 6 000 en 2017. Le groupe aurait des bureaux en Argentine, à Saint-Pétersbourg et à Hong Kong.

Bien que les employés de la société ne soient pas autorisés à prendre et à publier des photographies ou des enregistrements vidéo ou à partager leur emplacement, il existe de nombreux rapports sur la présence du groupe dans divers pays, qui sont souvent témoins de controverses.

Dernièrement, les sites où la présence de Wagner a été signalée s’étendent de la Libye à (presque) tout le continent africain, où le groupe serait non seulement impliqué dans les conflits en entraînant des armées, mais exploite également des sociétés minières et de cybersécurité.

Certains des pays africains qui auraient une présence Wagner sont le Soudan, la République centrafricaine (RCA), le Zimbabwe, l’Angola, Madagascar, le Soudan, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mozambique et (très probablement) la République démocratique du Congo.

Il est rapporté que Wagner (et ses sociétés annexes) ont certains privilèges et droits dans ces pays d’utiliser et de bénéficier des ressources naturelles de ces pays et de fournir en retour des armes, de la technologie et des services militaires.

Libye: le terrain de jeu de Wagner

En Libye, la Russie a soutenu le putschiste général Khalifa Haftar dans sa lutte pour s’emparer du pouvoir du gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU à Tripoli.

Le 24 juillet 2020, le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a accusé la Russie de « jouer un rôle inutile en Libye en livrant des fournitures et des équipements au groupe Wagner».

Le groupe Wagner compte 2 000 personnes en Libye, selon le commandement. Actuellement, le groupe a des bases dans les villes de Syrte et Jufra.

L’année dernière, les États-Unis ont également imposé des sanctions à trois personnes et à cinq entités liées au groupe Wagner après avoir accusé le groupe de mercenaires d’avoir posé des mines à Tripoli et dans ses environs.

Pendant le processus de conflit, des mercenaires et des armes étrangères ont afflué dans le pays depuis que Haftar a lancé son offensive contre la capitale Tripoli.

Malgré la date limite pour le départ des mercenaires étrangers de Libye en vertu d’un cessez-le-feu d’octobre passé le mois dernier, les appels à accélérer le processus se poursuivent car aucun mouvement n’a été annoncé ou observé sur le terrain.

Centrafrique (RCA): le paradis de Wagner

En RCA, où il y a eu des tensions internes depuis 2013, on suppose que la Russie a renversé la France en tant que puissance étrangère dominante dans le pays grâce à la présence du groupe Wagner.

On estime qu’il y a aujourd’hui environ 450 mercenaires Wagner dans le pays, qui opèrent en tant qu’entraîneurs militaires depuis 2018. Selon un site Web appelé «The Africa Report», il y a actuellement plus d’un millier de «formateurs militaires» en RCA.

Wagner agit en tant que fournisseur de sécurité dans le pays et joue un rôle majeur dans la formation des gardes présidentiels et de l’armée.

Cependant, le groupe protège également les mines d’or et de diamant de la RCA et confisque une partie des revenus perçus via ces mines.

Actuellement, les mercenaires du groupe Wagner sont situés dans le palais de Berego, qui était autrefois le quartier général de Jean-Bedel Bokassa, alors empereur autoproclamé, et qui a maintenant été transformé en base militaire.

Soudan: le visage «  protecteur  » de Wagner

Au Soudan, on sait que le groupe Wagner a effectué des recherches de sites miniers via ses sociétés satellites «Meroe Gold» et «M Invest» en 2017.

Le groupe a également dispensé une formation militaire aux militaires soudanais. Les mercenaires seraient présents dans tout le Soudan, de Khartoum au Darfour. Il est également connu qu’il transfère régulièrement des armes et du personnel du Soudan vers la RCA, ce qui est supposé être l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont sanctionné M Invest en juillet 2020.

Le Groupe Wagner est d’abord entré au Soudan après que le président soudanais Omar el-Béchir a exprimé son besoin de protection contre les «actions agressives» des États-Unis au président russe Vladimir Poutine. Depuis lors, même après le renversement d’al-Bashir en 2019, Wagner s’est rangé du côté du gouvernement soudanais contre le Soudan du Sud.

Actuellement, on estime qu’il y a environ 300 mercenaires Wagner au Soudan.

Mozambique: le défi de Wagner

Au Mozambique, des mercenaires Wagner opèrent depuis 2018, notamment sous prétexte de lutter contre Daech. Contrairement à d’autres pays, le Mozambique est connu pour être un défi pour Wagner car il a de fortes pluies et des forêts sauvages, qui ont causé la mort d’au moins 10 mercenaires. Actuellement, on estime qu’il y a environ 160 à 300 mercenaires russes au Mozambique.

Wagner aurait investi 60 milliards de dollars dans le pays pour tenter de tirer parti des ressources en gaz naturel. Dans la politique mozambicaine, certains partis politiques accusent les mercenaires russes de Wagner d’avoir lancé des activités de sabotage, ce qui est une affirmation fortement démentie par le Kremlin.

De nombreux experts affirment que de telles activités font partie de la vision géostratégique du Kremlin en Afrique.

En août 2020, un rapport secret du ministère allemand des Affaires étrangères affirmait que la Russie prévoyait d’intensifier sa coopération militaire avec les pays africains dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour l’Afrique, y compris la construction de bases dans six pays. Le document classifié sur ce qu’il appelle «les nouvelles ambitions de la Russie en Afrique» indique que Poutine a fait de «l’Afrique une priorité absolue».

En outre, a-t-il déclaré, le Kremlin était « contractuellement assuré » qu’il « serait autorisé à construire des bases militaires dans six pays », à savoir la RCA, l’Égypte, l’Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Mais la Russie ne vise pas seulement un déploiement permanent de ses troupes en Afrique, mais elle s’appuie également de plus en plus sur des armées privées ou des groupes mandataires comme le groupe Wagner, selon le rapport.

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