Notre mission, toujours vous informer
Accueil » Dossiers » Centrafrique: Human Rights Watch pointe des zones d’ombre dans le dossier Ngaïkosset
Centrafrique: Human Rights Watch pointe des zones d’ombre dans le dossier Ngaïkosset

 

 

https://www.rfi.fr/ 14/09/2021 - 22:46 Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

L’ancien chef rebelle Eugene Baret Ngaïkosset a été inculpé vendredi 10 septembre de crimes contre l'Humanité par la Cour pénale spéciale (CPS) à Bangui. « Une étape importante pour la justice » et dans la lutte contre l’impunité, selon l’ONG de défense des droits de l’homme. HRW a longuement enquêté à la fin des années 2000 sur les crimes dont est accusé celui qui était alors capitaine de la garde présidentielle de François Bozizé, et pour lesquelles il a hérité du triste surnom de « boucher de Paoua ».

L’histoire d’Eugène Ngaïkosset est une histoire de violence. D’abord en tant qu’intouchable lieutenant de François Bozizé chargé de mater la rébellion dans le nord du pays, au début des années 2000, au prix d’un très lourd bilan parmi les civils, alors documenté par Human Rights Watch, dont Lewis Mudge est le directeur pour l’Afrique centrale.

« Ses troupes, ainsi que Ngaïkosset lui-même, ont commis des meurtres de civils, ont brûlé des maisons, ils ont poussé les civils à aller dans la brousse. Ils ont puni des civils soupçonnés d’être proches des rebelles. »

À la chute de Bozizé, Ngaïkosset, placé sous sanctions des Nations unies puis du Trésor américain, prend la fuite avant d’être arrêté en 2015 au Congo voisin. Transféré à Bangui, il parvient à s’évader dans des circonstances non encore élucidées. « Les portes ont été ouvertes par quelqu’un. On veut savoir comment est-ce qu’il s’est échappé et qui lui a donné un coup de main pour s’évader. »

Ngaïkosset reprend les armes à la tête d’un groupe anti-balaka, il continue de semer terreur et désolation cette fois en tant que rebelle, mais peut-être pas sans aide. « Il était bien protégé par les leaders et peut-être par les leaders actuels ici en RCA. Comment quelqu’un qui a un mandat d’arrêt contre lui lancé en 2014 peut continuer de bénéficier de son salaire comme Faca jusqu’à 2018 au moins ? »

Les premiers procès de la Cour pénale spéciale pour la Centrafrique devraient s’ouvrir avant la fin de l’année. Il faudra encore éclaircir de nombreuses zones d’ombres.

 

0 commentaire

Soyez la première personne à vous exprimer !

Mon commentaire

Dans la même catégorie
Le 3ème sommet extraordinaire de la CIRGL (Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs) sur la situation politique et sécuritaire en R » ...la suite
Quelques jours après l’annonce-surprise de l’ONU de retirer le contingent gabonais du Centrafrique, après 25 ans de présence ininterrompue, en » ...la suite
En Centrafrique, l'affaire concernant les permis miniers de Ndassima, les seules mines du pays connues comme étant industriellement exploitables se p » ...la suite
La France est un gros exportateur de matériel militaire. Et elle arme des régimes qui bafouent ouvertement les droits humains. Le livre “Ventes d » ...la suite
« Le Mali a le droit de solliciter le soutien militaire de n’importe quel pays », selon son Premier ministre. Le PM réagissait au fait que la Fra » ...la suite
Le CNRD a organisé son premier point de presse ce samedi 18 septembre à Conakry. Il a été essentiellement consacré au bilan de la visite des chef » ...la suite
La présence de mercenaires de la société privée Wagner au Mali "serait incompatible avec la présence internationale et européenne", a averti Jea » ...la suite
Le Comité national du rassemblement et du développement (Cnrd) dirigé par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, nouvel homme fort de Conakry, a d » ...la suite
La France prête à claquer la porte. Depuis que les discussions entre le Mali et le groupe de sécurité russe Wagner ont été révélées, Paris ne » ...la suite
L'Angola accueille ce jeudi un nouveau sommet de la Conférence internationale pour la région des grands lacs, CIRGL. Les autorités centrafricaines » ...la suite