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L’ONU retire les Casques bleus gabonais de Centrafrique après des accusations d’abus sexuels

 

 

Par Le Figaro avec AFP 15 sept 2021

Les accusations de crimes et délits sexuels contre les Casques bleus sont récurrentes en Centrafrique. Mike Segar / REUTERS

L’ONU a décidé le retrait des quelque 450 Casques bleus gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique après des accusations d’exploitation et d’abus sexuels sur lesquels le gouvernement à Libreville ouvre une enquête, a annoncé mercredi 15 septembre le ministère gabonais de la Défense.

« Ces dernières semaines, des faits d’une particulière gravité, contraire à l’éthique militaire et à l’honneur des armées, commis par certains éléments des bataillons gabonais (…) ont été rapportés», écrit le ministère. « Suite aux nombreux cas d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations unies ont décidé ce jour du retrait du contingent gabonais de la Minusca», la mission de l’ONU en Centrafrique, et «une enquête a été ouverte par le Gabon», précise le texte.

La Minusca a été déployée par l’ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la sanglante guerre civile qui a suivi un coup d’État l’année précédente contre le président François Bozizé. Les combats qui ont suivi entre la coalition de groupes armés qui l’avait renversé, la Séléka, à majorité musulmane, et des milices soutenues par le chef de l’État déchu, les anti-balakas, dominées par les chrétiens et les animistes, ont culminé de 2014 à 2015.

La guerre civile a, depuis, considérablement baissé d’intensité, mais la Minusca dispose toujours de quelque 15.000 personnels dans ce pays pauvre d’Afrique centrale, dont 14.000 en uniforme, avec pour mission prioritaire la protection des civils. Les accusations de crimes et délits sexuels contre les Casques bleus sont récurrentes en Centrafrique, certains contingents ont été retirés par le passé mais aucune enquête n’a abouti à des condamnations à ce jour, du moins publiquement.

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE  

 

Bangui, le 15 septembre 2021- La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a été alertée sur des allégations d’abus sexuels sur, selon les informations reçues à date, cinq filles, impliquant des membres non-identifiés du contingent militaire gabonais déployés dans une localité du centre du pays.  

 Conformément à la politique globale des Nations Unies d’aide et de soutien aux victimes d’actes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des membres du personnel des Nations Unies ou du personnel apparenté, les victimes identifiées ont été aussitôt prises en charge par les partenaires selon leurs besoins médicaux, psychosociaux et en matière de protection.  

 Compte tenu de la gravité de ces allégations et de la politique de tolérance zéro des Nations Unies, et sous réserve des conclusions de l’enquête, la MINUSCA a dépêché une mission pluridisciplinaire sur les lieux qui a fait une évaluation de la situation et pris des mesures de prévention des risques.  

 Par ailleurs, le Secrétariat des Nations Unies a informé, le 7 septembre 2021, les autorités gabonaises pour que soit notamment désigné un enquêteur national dans les cinq jours ouvrables et que l'enquête soit conclue dans moins de 90 jours.  

 Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) a ouvert une enquête et se tient prêt à assister l’enquêteur national sous réserve de sa désignation.   

 En raison de la gravité de ces dernières allégations rapportées, le Secrétariat des Nations Unies a pris la décision de rapatrier tout le contingent gabonais de la MINUSCA.  

 Cette décision a été communiquée par le Secrétariat aux autorités gabonaises le mardi 14 septembre 2021. Elle se fonde sur la résolution du Conseil de Sécurité 2272 (2016), dont le Comité permanent d'examen de mise en œuvre évalue le contingent Gabonais depuis 2017, qui envisage, lorsqu’il existe des preuves crédibles de cas répandus ou systémiques d’exploitation et d’abus sexuels commis par des unités d’un pays contributeur, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas pris les mesures voulues pour enquêter sur ces allégations, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas amené les auteurs de ces actes à en répondre ou informé le Secrétaire général des progrès des enquêtes ou des mesures prises, de remplacer toutes les unités du pays concerné.  

 La MINUSCA reste résolument engagée à lutter contre l'exploitation et les abus sexuels par son personnel, et à mettre pleinement en œuvre la politique de tolérance zéro des Nations Unies en ce qui concerne l’exploitation et les abus sexuels. 

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