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Le Drian désavoué par l’Élysée

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Publié le 29 octobre 2021 à 07h47 - Hubert Coudurier.  Télégramme

Hubert Coudurier, directeur de l’information du Télégramme, livre son point de vue sur les mouvements de diplomates au Quai d’Orsay, initiés par l’Élysée et malgré les réticences de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Au début de son quinquennat, Emmanuel Macron avait créé le trouble parmi les personnels de Défense en rappelant, à l’occasion du 14 juillet, le chef d’État-major des armées, le général Pierre de Villiers, à un devoir de réserve. Lui indiquant brutalement devant son homologue américain qu’il était le chef des Armées, le président de la République l’avait humilié au point de provoquer sa démission.

Cette fois, c’est un haut responsable du Quai d’Orsay, Christophe Farnaud, directeur de la zone Afrique du Nord-Moyen-Orient, ancien ambassadeur en Afrique du Sud, qui vient d’être éjecté de son poste et remplacé par la secrétaire générale adjointe Anne Gueguen pour des motifs obscurs, malgré les réticences du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Diverses interprétations ont été données de cette décision dans cet univers feutré où les choses se disent à demi-mot.

La foudre de Jupiter ne s’est pas abattue sur Farnaud pour son style de management, un tantinet autoritaire et condescendant, propre à nos diplomates conscients de leur valeur. Ce qui avait d’ailleurs valu un audit à la cellule diplomatique de l’Élysée, dont les responsables, Emmanuel Bonne et son adjointe Alice Rufo, soupçonnés de harcèlement moral, furent finalement exonérés. En réalité, le chef de l’État n’aurait guère apprécié les critiques du diplomate sur sa politique arabe qui, du Liban à l’Algérie, enchaîne les fiascos.

La méthode a d’autant plus choqué que, dans la foulée de la suppression de l’Ena, un nouveau corps des administrateurs de l’État a été créé dans lequel vont se diluer les corps supprimés, dont celui des diplomates comme des préfets. La suppression du prestigieux concours d’Orient, à laquelle Le Drian n’a pas réussi à s’opposer, induit un nivellement par le bas assez démagogique, qui permettra des nominations plus discrétionnaires. À force de culpabilité, les élites encouragent le populisme.

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