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La France utiliserait-elle l'ancien Président Bozizé

Centrafrique : près d'une trentaine de leaders de groupe armé poursuivis par la justice

 

- Dont l'ancien président François Bozizé et son fils Aimé Vincent.

https://www.aa.com.tr/ Lassaad Ben Ahmed   |15.11.2021 Peter Kum

Près d'une trentaine de personnalités centrafricaines sont poursuivies par la justice après avoir été citées dans une ordonnance de renvoi devant la Cour criminelle de Bangui, signée par le doyen des juges d’instruction, Nana Bibi Mathieu, en date du 10 novembre 2021.

Parmi les personnes citées dans cette ordonnance, figurent notamment l’ancien président François Bozizé et son fils Aimé Vincent, alias Papy, ainsi que Bozanga Simon Serges, porte-parole de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et l’opposant centrafricain Karim Meckassoua.

Cette ordonnance vise également l’ancien ministre de la justice Thierry Savonarole Maleyombo, haut cadre du Kwa Na Kwa (le parti de François Bozizé) arrêté le 31 décembre 2020 et placé en détention ensuite.

Huit chefs d’accusations sont retenus contre ces principaux leaders des groupes armés dont l'« atteinte à la sécurité de l’État », l'« association de malfaiteurs », l'« assassinat », la « rébellion complot », des « destructions de biens appartenant à autrui ».

Ces actes qui ont été perpétrés aussi bien à Bangui que dans les provinces selon la justice centrafricaine.

La plupart des personnes inculpées, se trouvent au Tchad, en France ou dans les pays voisins de la Centrafrique.

La semaine dernière, les autorités tchadiennes ont confirmé que François Bozizé vivait dans une villa à N'Djamena.

L’ancien président centrafricain, accompagné de quelques éléments de sa garde rapprochée, a quitté le sud du Tchad pour la capitale fin juin, ont rapporté des médias locaux.

N'Djamena avait précisé que si l'ancien président Bozizé était au Tchad, c'est bien à la demande de l'Angola qui avait initié une médiation entre les groupes armés centrafricains et le pouvoir dirigé par le président Touadera.

Une information judiciaire ouverte le 8 janvier 2021 par le juge d’instruction spécialisé auprès du tribunal de grande instance de Bangui, Narcisse Ted Issa Bedengba, avait indiqué que Bozizé serait rendu coupable de complot contre le pouvoir en place.

« Courant novembre 2020, convaincu d’une éventualité de l’invalidation de sa candidature à l’élection du 27 décembre 2020, François Bozizé […] avait quitté Bangui à destination de l’intérieur du pays [et profité] de l’occasion pour signer avec certains leaders de groupes armés la création [de] la CPC [dont le but] n’est rien d’autre que de déstabiliser par un mouvement insurrectionnel armé les institutions républicaines », avait annoncé en janvier dernier le juge Bedengba.

Ce magistrat avait ajouté qu’«il convient de noter qu’à côté du nommé François Bozizé sur le terrain, se trouvaient non seulement ses enfants et neveux, mais aussi certains cadres du parti KNK et des groupes armés, en l’occurrence le nommé Jean-Eudes Teya et autres, tout ceci par la complicité de leurs mentors dont les nommés Abakar Sabone et Serge Simon Bozanga, respectivement responsable de communication et porte-parole de la CPC. »

 

 

Lu pour vous

 

La France utiliserait-elle l'ancien Président Bozizé "pour nuire à la RCA"?

 

https://fr.sputniknews.com/ 18:38 16.11.2021

 

Le Tchad a annoncé officiellement la présence à N’Djamena de François Bozizé en compagnie d'autres chefs rebelles. Alors que l’ancien Président centrafricain n’a pas renoncé à sa reconquête du pouvoir, sa présence dans ce pays voisin, selon un spécialiste, n’est pas de nature à rassurer Bangui, au cœur d’une lutte d’influence entre Paris et Moscou.

Le gouvernement centrafricain ne perd pas de vue l'ancien Président François Bozizé. En cette mi-novembre, une information a été rendue publique sur le déclenchement d'une procédure judiciaire contre les principaux leaders de groupes armés dont l'ex-Président.

Si on le savait vivre dans la clandestinité entre le nord de la Centrafrique et le sud du Tchad depuis l’offensive manquée sur Bangui en janvier dernier, les autorités tchadiennes ont récemment annoncé officiellement la présence de François Bozizé et de certains chefs rebelles dans la capitale tchadienne. Une présence qui ne rassure guère, selon Freddy Lagme, géostratège et enseignant à l’université de Douala, au vu des ambitions de l’homme et de la position stratégique du Tchad.

"Le corridor qui sépare les deux États est devenu un espace de repli stratégique pour les forces du mal toujours engagées dans la déconstruction de la République centrafricaine (RCA). La présence de François Bozizé aujourd’hui au Tchad pourrait également s’entendre comme une autre phase de renouvellement des alliances militaires avec les forces disparates, au moment où Bangui souhaite renforcer sa cohésion sociopolitique et est résolument tourné vers le développement", prévient-il au micro de Sputnik.

Bozizé, un pion entre les mains de Paris?

Selon une information RFI, François Bozizé qui vit dans une villa, accompagné de quelques éléments de sa garde rapprochée, a quitté mi-2021 le sud du Tchad pour la capitale N'Djamena. Si l’ancien chef d’État, selon la même source, dit y attendre les avancées du processus de médiation initié par l'Angola et la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs pour un retour de la paix en République centrafricaine (RCA), cette présence à N’Djamena ne convainc guère les plus sceptiques. Pour Freddy Lagme:

"la proximité entre le Tchad et la RCA crée une situation inquiétante dans la mesure où l’ennemi actuel Bozizé, pro-occidental, du gouvernement de Touadéra, proche des Russes, est soutenu par un régime tchadien qui vient d’être légitimé par la France, qui, elle, entreprend à nouveau de nuire à la RCA. En ce moment, un nouveau convoi de récupération et de recolonisation pourrait se créer pour déstabiliser la RCA", explique l’analyste des questions géostratégiques.

Cette conjoncture est marquée par le choix de la RCA de s'ouvrir à de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie. Si bien que le pays est souvent présenté comme le terrain d’expression de la rivalité entre Paris et Moscou. Alors qu’à Bangui, l’influence de la France s’effrite et que le sentiment antifrançais au sein de l’opinion ne cesse de monter, au profit de la présence Russe, à N’Djamena, la France se prévaut d'une meilleure position, en dépit de contestations internes émanant de la société civile ou de partis d'opposition. Si depuis son arrivée au pouvoir par les armes en 1990 avec l'aide de la France, Idriss Déby avait toujours pu compter sur l'ancienne puissance coloniale, cela semble également le cas pour son successeur de fils.

D’ailleurs, lors des obsèques du père, Emmanuel Macron, seul chef d’État occidental présent, n’avait pas manqué de réaffirmer le soutien de Paris au nouvel homme fort. Pour Freddy Lagme, ce soutien historique fait du Tchad un point stratégique d’où pourrait partir de nombreux assauts de l’Hexagone à la reconquête de ses territoires perdus, notamment contre la RCA qui sort peu à peu du giron de l’ancienne puissance coloniale. "La France dans cette logique veut prolonger ses visées expansionnistes de la puissance tutrice. Elle déploie une stratégie d’encerclement et de contre-offensive des puissances étrangères présentes dans la sous-région. Il s’agit pour elle de se repositionner parce que la configuration actuelle n’est pas favorable à son extension coloniale de l’époque", assure-t-il.

 

"Il s’agit d’une guerre de rivalité des puissances et dont les acteurs manipulés sont des Africains. Les dynamiques géopolitiques sont toujours à l’origine des guerres d’intérêt dans les pays disposant d’immenses ressources. La France pourrait utiliser François Bozizé dans cette crise afin de renouveler les accords d’exploitation minière inachevée depuis la période d’indépendance. Ce qui justifie en même temps son alliance avec le Tchad qui aujourd’hui reste encore un régime sous le joug colonial", développe le géostratège.

Bozizé et la reconquête du pouvoir à tout prix

Déjà par le passé, sous le régime du Président Ange Félix Patassé, Bozizé, à partir du Tchad où il s’était réfugié avec quelques soldats, avait mené des incursions en Centrafrique à la conquête du pouvoir. Il réussira à s’en emparer en 2003 à Bangui où, selon les commentateurs de l'époque, la France venait de laisser tomber le Président Patassé.

Depuis son retour discret en RCA, en décembre 2019, au terme de six ans d’exil en Ouganda, l’ancien homme fort de Bangui a multiplié sans répit les tentatives de reconquête du pouvoir. S’il a vu sa candidature à la dernière présidentielle être rejetée par la Cour constitutionnelle au motif, notamment, qu'il était sous le coup de sanctions de l'Onu pour des crimes de guerre et contre l'humanité au paroxysme de la guerre civile en 2013 et 2014, François Bozizé a vite repris le chemin du maquis.

Mi-décembre 2020, il est annoncé à la tête de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), constitué de six des plus puissants groupes armés qui contrôlent plusieurs localités de Centrafrique. Après l’offensive manquée contre Bangui en janvier dernier, François Bozizé, est resté discret dans son fief du nord de la RCA avant de rejoindre le sud du Tchad, puis N’Djamena. Depuis lors, de nombreuses hypothèses fleurissent dans l’opinion au sujet de sa capacité à revenir aux affaires.

 

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