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Centrafrique : l'ONU demande au président la libération de quatre Casques bleus français

 

Par Le Figaro avec AFP  Publié le 22/02/2022 à 21:37

Un haut responsable de l'ONU en Centrafrique a rencontré le président Faustin Archange Touadéra afin d'obtenir «au plus vite» la libération de quatre militaires français, membres de la mission onusienne Minusca dans ce pays, a indiqué mardi le porte-parole des Nations unies.

«Ils portent des cartes d'identification de l'ONU» et «ne sont pas libres», toujours «détenus par la gendarmerie» centrafricaine, a précisé Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien. «Le commandant de la Force» de Casques bleus de l'ONU et l'adjoint de l'émissaire onusien dans ce pays ont «été reçus par le président afin de traiter ce dossier», a-t-il indiqué. «Tout le monde essaie de dénouer cela pour que l'on assiste à la libération au plus vite des quatre militaires», a-t-il dit.

Lundi, ces quatre Français qui escortaient un général de la force de l'ONU avaient été arrêtés à l'aéroport de Bangui. Cet incident est survenu au moment où les relations entre la France et son ancienne colonie sont de plus en plus tendues, exacerbées par une féroce guerre d'influence entre Paris et Moscou, dans ce pays en guerre civile depuis 2013.

La France reproche à la Centrafrique d'être «complice» d'une campagne antifrançaise orchestrée par Moscou notamment par d'innombrables trolls sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Et Moscou reproche à Paris d'accuser la compagnie de sécurité privée russe Wagner d'avoir fait main-basse sur le pouvoir et les ressources du pays. La Minusca compte environ 15.000 militaires et policiers dans ce pays parmi les plus pauvres du monde et en guerre civile depuis près de neuf ans.

 

 

Tensions

Arrestation de quatre militaires français en Centrafrique, Paris dénonce une manipulation

par LIBERATION et AFP publié le 22 février 2022 à 9h03

Les militaires escortaient à l’aéroport de Bangui un général de l’ONU qui devait s’envoler pour Paris. Les Nations unies et la France rejette les accusations colportées par les réseaux sociaux sur un possible coup d’Etat.

Des arrestations et une étrange accusation. Quatre militaires français escortant un général de la force de l’ONU ont été arrêtés lundi à l’aéroport de Bangui, la capitale de la Centrafrique. Ils étaient toujours dans les locaux de la gendarmerie dans la nuit, assure un responsable de l’état-major des armées françaises, ajoutant que «le problème est en cours de règlement». «A ce stade, il n’y a pas d’inquiétude», ajoute-t-il.

«L’équipe de protection rapprochée du général (Stéphane) Marchenoir, chef d’état-major de la Force de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique), composée de quatre militaires français, a été arrêtée cet après-midi à l’aéroport de Bangui» alors qu’ils escortaient le général qui devait s’envoler pour Paris, a confirmé l’ambassade dans un communiqué sur ses comptes Twitter et Facebook.

A lire aussi «En Centrafrique, la mission de l'ONU est le bouc-émissaire idéal»

Afrique 30 nov. 2018

Sur les réseaux sociaux, de nombreux comptes ont affirmé que les militaires français avaient voulu «assassiner» le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, s’appuyant sur des photos de leur présumé véhicule et d’armements «saisis» lors de leur interpellation. Ce qu’a évidemment démenti le chef d’état-major parisien des armées, qui dénonce une arrestation «sans raison particulière» : «Ils étaient à l’aéroport pour escorter le général, c’est un concours de circonstances qui a fait qu’au même moment, l’avion du président Touadéra atterrissait.»

«L’ambassade regrette vivement cet incident. Elle condamne son instrumentalisation immédiate sur certains réseaux malveillants et la désinformation grossière à laquelle elle donne lieu», écrivait la représentation diplomatique lundi soir. Dans un communiqué, la Minusca, qui compte environ 15 000 militaires et policiers dans le pays, a «regretté cet incident et condamne vivement son instrumentalisation sur les réseaux sociaux, dans une tentative de manipulation de l’opinion publique» et «rejette catégoriquement les accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat».

Arrestations sur fond de tensions franco-russe

Cet incident survient au moment où les relations entre la France et son ancienne colonie sont de plus en plus tendues, exacerbées par une féroce guerre d’influence entre Paris et Moscou dans ce pays en guerre civile depuis 2013. Paris reproche à la Centrafrique d’être «complice» d’une campagne antifrançaise orchestrée par Moscou notamment par d’innombrables trolls sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Et Moscou reproche à Paris d’accuser la compagnie de sécurité privée russe Wagner d’avoir fait main basse sur le pouvoir et les ressources du pays.

La Centrafrique, parmi les pays plus pauvres du monde, est en guerre civile depuis près de neuf ans. Fin décembre 2020, une coalition de plusieurs des groupes armés qui contrôlaient alors plus des deux tiers du territoire avait lancé une offensive en direction de Bangui pour renverser le président Touadéra à la veille de la présidentielle.

A lire aussi Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque

Afrique 1er févr. 2021

Le chef de l’Etat, finalement réélu, avait alors appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie et mal entraînée et des centaines de paramilitaires russes étaient venues s’ajouter à de nombreux autres présents depuis trois ans. Des «instructeurs non armés» assure Moscou, des combattants de Wagner, selon l’ONU et la France, qui les accusent de commettre des violations de droits de l’Homme.

Depuis leur contre-offensive fulgurante, les militaires centrafricains, essentiellement grâce aux paramilitaires russes, ont regagné la majeure partie du territoire, poussant les rebelles hors des villes et de leurs principaux bastions. Ces derniers mènent aujourd’hui des actions furtives de guérilla contre les forces de sécurité et les civils.

 

Centrafrique : Enquête ouverte après l’arrestation de quatre militaires de l’armée française

20 Minutes avec AFPPublié le 22/02/22 à 21h56 — Mis à jour le 23/02/22 à 06h39

 

TENSIONS Les quatre hommes avaient été accusés sur les réseaux sociaux de vouloir « assassiner » le président centrafricain

 

La Centrafrique a ouvert une enquête mardi après l'arrestation la veille de quatre militaires du corps de la Légion étrangère de l’armée française opérant sous la bannière de l'ONU, a annoncé le procureur de la République à Bangui.

Les quatre « légionnaires » arrêtés lundi devant l’aéroport de Bangui étaient lourdement armés et en treillis, « de nationalité française, italienne, roumaine et bulgare », et circulaient à bord d’un véhicule banalisé non siglé ONU, a indiqué le procureur.

Des accusations contre Wagner

Les quatre hommes armés escortaient un général français de la force de maintien de la paix de l’ONU (Minusca) à l’aéroport, avaient assuré lundi l’armée française et l’ONU. Ils avaient été accusés sur les réseaux sociaux d’avoir voulu « assassiner » le président centrafricain, ce que Paris et l’ONU ont démenti.

Cette annonce survient le jour même où la France et les Etats-Unis ont accusé, par la voix de leurs ambassadeurs devant le Conseil de sécurité de l’ONU, les « mercenaires » de la société russe de sécurité privée Wagner d’avoir « exécuté » et « massacré » des dizaines de civils. Ils accusent aussi cette société de mener une campagne « systématique » de « terreur » en Centrafrique où ils combattent les rebelles aux côtés de l’armée régulière.

 

 

Militaires français arrêtés en Centrafrique : l’ombre de la société russe Wagner

Analyse

https://www.la-croix.com/ Laurent Larcher, le 22/02/2022 à 17:18 

Chargés de la protection du chef de la force onusienne déployée en Centrafrique, ces soldats sont accusés d’avoir fomenté un attentat contre le président Touadéra. La société de mercenaires russe très active dans ce pays est soupçonnée d’être derrière cette arrestation.

Alors qu’ils assuraient la protection rapprochée du chef d’état-major de la force onusienne de l’ONU en Centrafrique (Minusca) en partance pour la France, quatre militaires français ont été arrêtés à l’aéroport de Bangui, lundi 21 février, en fin de journée. Interpellés par la gendarmerie locale, ils ont été conduits dans ses locaux, et Paris cherche depuis à obtenir leur libération dans les plus brefs délais. « Le problème est en cours de règlement, à ce stade, il n’y a pas d’inquiétude », assure-t-on du côté de l’armée française.

Pour quelles raisons ont-ils été interpellés ? Les quatre hommes sont soupçonnés par les autorités locales d’avoir voulu fomenter un attentat contre le président Touadéra, dont l’avion était sur le point d’atterrir au même moment à l’aéroport. Aussitôt, les images de leur arrestation ont inondé les réseaux sociaux sur lesquelles on pouvait lire « tentative d’assassinat du président centrafricain ».

Une manipulation des Russes ?

Ce procédé n’est pas sans rappeler ceux utilisés par la société privée russe Wagner : celle-ci mène régulièrement des campagnes antifrançaises depuis qu’elle a pris pied en Centrafrique en 2018. Appartenant à l’oligarque russe Evgueni Prigojine, surnommé « le cuisinier de Poutine », cette société a mis « sous tutelle » l’État centrafricain, expliquent des sources sécuritaires françaises dans une note que La Croix a pu consulter.

CONTEXTE. Wagner, des mercenaires au service de Poutine

Depuis que Wagner a repoussé une tentative de coup d’État à Bangui, en décembre 2020, « le noyautage des cercles décisionnels, sécuritaires et politiques a pris une nouvelle dimension et s’est accentué », peut-on lire. « En effet, depuis le mois de septembre 2021, un conseiller russe (il s’agirait d’un colonel, donc potentiellement un membre des forces armées russes, NDLR) est présent au côté du directeur général de la gendarmerie nationale. » Et d’ajouter que Wagner a pris le contrôle des « organes politico-militaires de ce pays » : « Les principaux responsables civils et militaires centrafricains considérés comme francophiles sont remplacés dès septembre 2018 : le chef d’état-major des armées, le directeur général de la gendarmerie nationale, le directeur de la police nationale et le président de l’Assemblée nationale. »

À lire aussi Centrafrique, main basse de Moscou

Selon l’agence de presse locale CNC, « l’opération d’arrestation des quatre militaires français a été pilotée de bout en bout par le directeur général de la police centrafricaine, Bienvenu Zokoué ». Selon ce média, cela ne fait aucun doute : il s’agit bien d’une manipulation de Wagner.

« Stratégie de désinformation »

Pour les auteurs de cette note confidentielle, la « stratégie de désinformation et d’influence conduite » par la société russe « isole progressivement les autorités centrafricaines de leurs partenaires traditionnels ».

Ainsi, la défiance du président Touadéra envers Paris « a particulièrement augmenté durant la crise électorale de décembre 2020. La France étant régulièrement assimilée aux groupes rebelles ou considérée comme un soutien de François Bozizé, leur leader. » De même, les partenaires européens (EUTM, la mission de formation de l’armée locale par des instructeurs européens) et internationaux (la force de l’ONU) sont « régulièrement la cible de campagnes de désinformation et de manifestations orchestrées par la société militaire privée (les participants sont payés, NDLR) visant à leur décrédibilisation ».

Le bras de fer Paris-Moscou en Afrique

Cet incident est révélateur des tensions croissantes entre la France et Moscou en Afrique. Elles ont atteint leur paroxysme au Mali où l’armée française a été sommée, la semaine dernière, par les nouvelles autorités maliennes, associées au groupe Wagner, de quitter le pays. Dans une conférence de presse, jeudi 17 février, Emmanuel Macron a condamné les actions de ces mercenaires russes en leur prêtant des « finalités prédatrices » au Mali et sur le continent. Ils « viennent essentiellement sécuriser leurs intérêts économiques »a-t-il pointé.

→ À LIRE. Centrafrique : Moscou, l’indispensable allié

Régulièrement accusé de commettre des exactions dans les pays où elle est engagée, Wagner fait actuellement l’objet d’une enquête de l’ONU en Centrafrique pour un massacre qui leur a été attribué le 16 et le 17 janvier, dans le nord du pays. Selon plusieurs sources, entre 30 et 70 personnes auraient été tuées par des mercenaires de ce groupe.

 

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