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Centrafrique : Des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

Centrafrique: le constat alarmant de la cheffe de la Minusca

https://www.rfi.fr/ 23/06/2022 - 13:14

Valentine Rugwabiza, la cheffe de la Minusca, s'exprimait devant le Conseil de sécurité de l'ONU ce mercredi 22 juin pour présenter son premier rapport sur la situation dans le pays.

Deux mois après sa prise de fonction à Bangui, Valentine Rugwabiza s'inquiète, sur le plan sécuritaire, de « la persistance de violations du cessez-le-feu par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérances ». Elle souligne notamment le repositionnement de groupes armés dans le Nord, le Centre et l'Est du pays.

« De nature à saper le vivre-ensemble »

Sur le plan politique, si la diplomate rwandaise se réjouit d'un « renforcement des mesures de confiance » avec le gouvernement, elle fait part de sa préoccupation quant aux discours violents visant les leaders politiques.

 « La Minusca relève avec la même préoccupation la persistance de la stigmatisation et l’incitation publique à la violence contre des leaders de l’opposition démocratique ou à l’égard de certains partenaires de la République centrafricaine. L’histoire et le passé récent démontrent que ce type de messages peut rapidement se traduire en actes de violence aux conséquences imprévisibles et incontrôlables. Ils sont aussi de nature à saper le vivre-ensemble, fragiliser le processus de réconciliation nationale et freiner les efforts entrepris. Par conséquent, il relève de la responsabilité du gouvernement centrafricain d’y apporter une réponse appropriée en prenant toute mesure utile afin de prévenir, de réprimer et de faire cesser de tels actes répréhensibles ».

Devant la presse, la diplomate rwandaise a annoncé la publication pour le mois de juillet de deux rapports d'enquêtes sur les violations des droits humains, notamment par les forces gouvernementales et leurs supplétifs russes. L'un de ces deux rapports a déjà été remis au gouvernement centrafricain afin d'avoir sa « réponse » sur les conclusions des enquêteurs, a-t-elle précisé.

 

 

Centrafrique : Des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

Fatma Bendhaou   23.06.2022

Peter Kum

La Cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Valentine Rugwabiza, s’est inquiétée, mercredi, au Conseil de sécurité, de la persistance des violations du cessez-le-feu « par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérance » en RCA.

Rugwabiza a relevé que la cessation des hostilités sur toute l’étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la « feuille de route conjointe ».

En prenant la parole, la présidente du Réseau pour le leadership de la femme en Centrafrique (Relefca), Lina Ekomo, a souligné que « tous les ingrédients politiques, socioéconomiques et sécuritaires sont réunis pour plonger le pays dans le chaos malgré l’Accord politique pour la paix et la réconciliation ».

Ekomo qui représente la société civile centrafricaine a appelé le Conseil de sécurité à considérer la République centrafricaine comme une « situation d’urgence » nécessitant des « mesures d’urgence », dont la condamnation d’un mode de gouvernance caractérisé par une violence généralisée contre la population, les partis politiques d’opposition, les groupes ethniques et les dirigeants de la société civile.

De même, Lina Ekomo a plaidé en faveur d’un « cadre de concertation des forces vives de la nation », sous observation de l’ONU et de l’Union africaine (UA) garantissant que les femmes puissent jouer un rôle moteur.

Si Valentine Rugwabiza a également invité le gouvernement centrafricain à mettre en œuvre les 217 recommandations issues du dialogue républicain qui s’est tenu en mars dernier pour promouvoir l’espace démocratique, la représentante de la société civile a en revanche qualifié ce dialogue d’« occasion manquée  », déplorant « le caractère non inclusif » de ce processus qui, selon elle, a montré que « la seule motivation du régime est de réviser la Constitution pour étendre le mandat présidentiel ».

Lors des débats, la République centrafricaine a dit être en peine de tenir un plaidoyer sur « l’injustice des sanctions » contre le pays alors que le monde observe une « avalanche de distribution d’armes sur un terrain de conflit ».

La RCA a assuré la volonté de son gouvernement de parvenir à la stabilisation par la neutralisation de tous les groupes armés, le représentant imputant à un « embargo immoral » la difficulté de son pays à faire face à des groupes armés mieux équipés que les soldats centrafricains.

En écho à cette déclaration, le représentant du Gabon, au nom des A3 (Gabon, Ghana, Kenya), a insisté sur l’importance de lever l’embargo sur les armes imposé en RCA et a appelé le Conseil de sécurité à se focaliser sur les sources et chaînes d’approvisionnement des groupes rebelles qui ont « étonnamment » un accès libre à des armes de plus en plus sophistiquées.

Pour rappel, c’est depuis le début de la crise sécuritaire en 2013 que l'embargo sur les armes en Centrafrique est en vigueur et il a été prolongé à maintes reprises.

Le 29 juillet 2021, le Conseil de sécurité a adopté une résolution visant à prolonger l'embargo sur les armes destiné à la République centrafricaine jusqu'au 31 juillet 2022, ainsi que le mandat du Groupe d'experts assistant le Comité des sanctions contre la RCA jusqu'au 31 août 2022.

 

RCA : des violations du cessez-le-feu et des incitations à la violence préoccupent l'ONU

https://news.un.org/ 22 juin 2022

Paix et sécurité

La persistance des violations du cessez-le-feu en République centrafricaine inquiète la Représentante spéciale du Secrétaire général dans  ce pays, Valentine Rugwabiza, qui s'est exprimée ce mercredi devant le Conseil de sécurité. « Les parties poursuivent leurs opérations et leurs actes de belligérance », a-t-elle affirmé.

La Représentante spéciale s’est aussi inquiétée devant le Conseil d'une « stigmatisation » persistante et d'une incitation publique à la violence contre des chefs d’opposition ou certains partenaires de la République centrafricaine. Des comportements de nature à saper le processus de réconciliation nationale, et qui risquent de se traduire en actes de violence, a-t-elle prévenu.  

Celle qui dirige depuis le mois de février la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a expliqué que la cessation des hostilités sur toute l’étendue du territoire centrafricain restait à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la « feuille de route conjointe ». 

Mme Rugwabiza a fait savoir que depuis son arrivée à la tête de la MINUSCA, la Mission avait réajusté ses prérogatives, privilégiant désormais une approche « préventive » et « centrée sur les populations civiles ». Cet ajustement conditionne notamment la création et le maintien d’un environnement sécuritaire propice au déroulement du processus de paix, y compris par le respect du cessez-le-feu et la restauration intégrale de l’autorité et des services de l’État, a-t-elle précisé. 

En outre, malgré la crise du carburant, qui l’affecte, la MINUSCA planifie, pour exécution immédiate, des opérations en réponse aux groupes armés, « qui profitent du contexte de crise pour un repositionnement tactique ».

Le 4 juin, « tournant décisif » dans la mise en oeuvre de la feuille de route conjointe

La Représentante spéciale a déclaré que la tenue de la réunion de revue stratégique du processus politique devrait faire du 4 juin « une date de référence » et « un tournant décisif », tant elle a enregistré une participation de haut niveau dans la mise en œuvre de la « feuille de route conjointe », avec la présence, entre autres, du Chef de l’État, des Ministres des affaires étrangères de l’Angola et du Rwanda, des garants et facilitateurs de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation du 6 février 2019, ainsi que de partenaires internationaux.   

Elle s’est réjouie que cette revue stratégique ait atteint tous les objectifs assignés, notamment la remobilisation des acteurs de la région, la création des conditions indispensables au réengagement des partenaires internationaux autour de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation, ainsi que la décision des autorités centrafricaines de convoquer tous les trois mois, à compter du 4 juin, une « plateforme permanente de revue stratégique du processus politique ».  

Promouvoir l’élargissement de l’espace démocratique

Saluant la décision du Président de la République centrafricaine de s’impliquer directement dans les engagements politiques avec les leaders des groupes armés, Mme Rugwabiza a invité le gouvernement à mettre en œuvre les 217 recommandations du dialogue républicain afin de promouvoir l’élargissement de l’espace démocratique.

« La MINUSCA accroîtra son soutien et sa coopération avec le gouvernement aussi longtemps que prendra le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité en Centrafrique », a-t-elle assuré.

 

 

Centrafrique : l'ONU appelle à des «mesures dissuasives» contre ceux qui empêchent la paix

Par Le Figaro avec AFP Publié hier à 17:37, mis à jour hier à 17:44

 

 «La cessation des hostilités sur toute l'étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat et un gage de crédibilité de la Feuille de route conjointe pour la paix en République centrafricaine», a ajouté l'émissaire, en fonction depuis quelques mois. Valentine Rugwabiza a rappelé «la persistance de violations du cessez-le-feu par toutes les parties qui poursuivent leurs opérations et actes de belligérances» et «qui exposent les populations civiles à la violence». Concernant les enquêtes de la Minusca sur des exactions et meurtres de civils présumés, notamment par les forces gouvernementales et leurs alliés paramilitaires russes de la compagnie privée Wagner, la responsable a promis que «les rapports compilés et finalisés par la Minusca feront l'objet d'une publication après consultation avec le gouvernement».

Dans un rapport mi-février, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait dénoncé des exactions commises par les forces nationales et leurs soutiens étrangers, une allusion à Wagner. En 2021, l'ONU les avait déjà accusés de violations des droits humains, tout comme elle reproche régulièrement aux rebelles des atrocités contre les civils. La Minusca enquête notamment sur des opérations de l'armée et Wagner contre des rebelles présumés entre le 16 et le 18 janvier près de Bria, à 600 km au nord-est de Bangui, ayant tué une vingtaine de civils, ainsi que les 11 et 12 avril dans les villages de Gordil et Ndah, à plus de 1000 km au nord-est de Bangui, où entre 10 et 15 civils auraient été abattus.

Les Casques bleus de l'ONU - 14.000 aujourd'hui chargés en priorité de protéger les civils - sont en Centrafrique depuis avril 2014. Leur déploiement visait à mettre fin à la sanglante guerre civile déclenchée en 2013 après un coup d'Etat contre le président François Bozizé. Depuis début 2021, les forces centrafricaines et leurs alliés russes ont refoulé les rebelles d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient, sans toutefois pouvoir y réinstaller partout et durablement la présence et l'autorité de l'État.

 

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