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Centrafrique : un ancien chef rebelle recherché par la CPI

 

Léa Ramsamy le 29/07/2022 à 18:36

 

La Cour pénale internationale a annoncé jeudi 28 juillet avoir émis un mandat d’arrêt contre Noureddine Adam, ex-chef rebelle de la coalition Séléka, pour de présumés « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». Il est l’une des figures du renversement du président François Bozizé en 2013.

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi 28 juillet avoir émis un mandat d’arrêt contre l’ancien chef rebelle centrafricain Noureddine Adam. Il est recherché pour « des crimes de guerre » et « des crimes contre l’humanité » qui auraient été commis alors qu’il était ministre de la sécurité après le renversement en 2013 de l’ancien président centrafricain François Bozizé. Noureddine Adam est suspecté entre autres de tortures, persécution et disparition forcée dans des centres de détention dirigés par le régime en place à l’époque.

Un chef de guerre

Fils d’imam, il a été formé comme policier en Égypte et a fait partie d’un service d’ordre aux Émirats arabes unis (EAU). En 2012, il s’engage dans la rébellion de la Séléka, coalition de groupes armés essentiellement composée de musulmans, qui renverse le président François Bozizé en mars 2013. Après le coup d’État, la Centrafrique bascule dans la guerre civile. « Noureddine Adam est devenu au fil du temps un chef de guerre qui a instauré une économie de guerre », explique Francis Laloupo, journaliste, enseignant en géopolitique spécialiste de l’Afrique et chercheur associé à l’Iris.

La Centrafrique acclame une loi abolissant la peine de mort

Ministre de la sécurité publique dans le premier gouvernement de Michel Djotodia après le coup d’État, il reprend la lutte dans le but d’instaurer véritablement une économie de guerre dans le pays. « Noureddine Adam fait partie de cette galaxie en Centrafrique des mouvements armés non étatiques », commente le spécialiste de l’Afrique.

En 2019, « il se retrouve à Khartoum, la capitale du Soudan, pour signer un accord de paix très controversé » entre 14 groupes armés et le gouvernement centrafricain (RCA), poursuit Francis Laloupo. Mais Noureddine Adam ne s’est pas inséré dans la vie nationale en Centrafrique, préférant la lutte armée. Avec ce mandat d’arrêt de la CPI, « il est passé d’une forme d’intégration dans le jeu politique national à ce statut d’accusé », ajoute le chercheur.

Noureddine Adam dirige aujourd’hui le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), un groupe armé membre de la Coalition des patriotes pour le changement. « En janvier 2022, ce groupe armé a tenté un coup de force contre le pouvoir en place », explique Francis Laloupo.

« Figure du chaos en Centrafrique »

Noureddine Adam serait aujourd’hui au Soudan, « pays qui a toujours été une de ses bases arrière », selon Francis Laloupo, mais « il ne sera pas la première personnalité à être sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI tout en étant libre de ses mouvements ».

En Centrafrique, le lancement raté de la Cour pénale spéciale

Ce mandat d’arrêt devrait contribuer à la lutte contre l’impunité en Centrafrique, mais l’œuvre est gigantesque. « Noureddine Adam est une figure du chaos centrafricain », ajoute l’enseignant en géopolitique. Le pays est aujourd’hui toujours occupé aux deux tiers par des groupes armés. L’autorité du pouvoir en place se réduit à la capitale Bangui. Pour Francis Laloupo, « la Centrafrique est l’exemple même du non-État, c’est un néant politique, économique et social ». Noureddine Adam a prospéré dans cette absence d’État.

Léa Ramsamy

 

Centrafrique: mandat d'arrêt de la CPI contre Noureddine Adam, ancien numéro 2 de la Seleka

https://www.rfi.fr/ 28/07/2022 - 17:03 Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

La Cour pénale internationale a rendu public un mandat d’arrêt visant Noureddine Adam. L’ex-numéro 2 de la Seleka est poursuivi pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis entre avril et novembre 2013 en Centrafrique. Le mandat avait été émis en janvier 2019, mais était depuis conservé sous-scellé dans l’espoir d’optimiser les chances de l’arrêter.

Ex-policier devenu rebelle, puis ministre et aujourd’hui fugitif. Noureddine Adam court toujours malgré ce mandat d’arrêt émis secrètement contre lui, il y a trois ans et demi. Malgré aussi les sanctions des Nations unies l’empêchant théoriquement de voyager. Ou encore la notice rouge d’Interpol.

Selon le mandat d’arrêt de la CPI, il aurait commis et ordonné des actes de torture, de persécution, des traitements cruels. Autant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis après la prise de Bangui par la Seleka en mars 2013 et la chute de François Bozizé. 

Sous les ordres de Noureddine Adam, devenu ministre du gouvernement de Michel Djotodia, plusieurs hommes ont été détenus de force dans les locaux de l’Office central de répression du banditisme à Bangui. Selon le procureur de la CPI, ils auraient été ciblés en raison de leur soutien supposé à l’ex-président Bozizé, en raison aussi de leur ethnie et de leur religion. 

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Parmi ceux qui auraient exécuté ses ordres figure Mahamat Saïd. Lui est incarcéré dans la prison de la CPI et son procès doit débuter en septembre. Noureddine Adam est le cinquième responsable centrafricain poursuivi publiquement par la Cour depuis le début de son enquête.   

Centrafrique : un ancien chef rebelle recherché par la CPI

Léa Ramsamy le 29/07/2022 à 18:36

La Cour pénale internationale a annoncé jeudi 28 juillet avoir émis un mandat d’arrêt contre Noureddine Adam, ex-chef rebelle de la coalition Séléka, pour de présumés « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». Il est l’une des figures du renversement du président François Bozizé en 2013.

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi 28 juillet avoir émis un mandat d’arrêt contre l’ancien chef rebelle centrafricain Noureddine Adam. Il est recherché pour « des crimes de guerre » et « des crimes contre l’humanité » qui auraient été commis alors qu’il était ministre de la sécurité après le renversement en 2013 de l’ancien président centrafricain François Bozizé. Noureddine Adam est suspecté entre autres de tortures, persécution et disparition forcée dans des centres de détention dirigés par le régime en place à l’époque.

Un chef de guerre

Fils d’imam, il a été formé comme policier en Égypte et a fait partie d’un service d’ordre aux Émirats arabes unis (EAU). En 2012, il s’engage dans la rébellion de la Séléka, coalition de groupes armés essentiellement composée de musulmans, qui renverse le président François Bozizé en mars 2013. Après le coup d’État, la Centrafrique bascule dans la guerre civile. « Noureddine Adam est devenu au fil du temps un chef de guerre qui a instauré une économie de guerre », explique Francis Laloupo, journaliste, enseignant en géopolitique spécialiste de l’Afrique et chercheur associé à l’Iris.

La Centrafrique acclame une loi abolissant la peine de mort

Ministre de la sécurité publique dans le premier gouvernement de Michel Djotodia après le coup d’État, il reprend la lutte dans le but d’instaurer véritablement une économie de guerre dans le pays. « Noureddine Adam fait partie de cette galaxie en Centrafrique des mouvements armés non étatiques », commente le spécialiste de l’Afrique.

En 2019, « il se retrouve à Khartoum, la capitale du Soudan, pour signer un accord de paix très controversé » entre 14 groupes armés et le gouvernement centrafricain (RCA), poursuit Francis Laloupo. Mais Noureddine Adam ne s’est pas inséré dans la vie nationale en Centrafrique, préférant la lutte armée. Avec ce mandat d’arrêt de la CPI, « il est passé d’une forme d’intégration dans le jeu politique national à ce statut d’accusé », ajoute le chercheur.

Noureddine Adam dirige aujourd’hui le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), un groupe armé membre de la Coalition des patriotes pour le changement. « En janvier 2022, ce groupe armé a tenté un coup de force contre le pouvoir en place », explique Francis Laloupo.

« Figure du chaos en Centrafrique »

Noureddine Adam serait aujourd’hui au Soudan, « pays qui a toujours été une de ses bases arrière », selon Francis Laloupo, mais « il ne sera pas la première personnalité à être sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI tout en étant libre de ses mouvements ».

En Centrafrique, le lancement raté de la Cour pénale spéciale

Ce mandat d’arrêt devrait contribuer à la lutte contre l’impunité en Centrafrique, mais l’œuvre est gigantesque. « Noureddine Adam est une figure du chaos centrafricain », ajoute l’enseignant en géopolitique. Le pays est aujourd’hui toujours occupé aux deux tiers par des groupes armés. L’autorité du pouvoir en place se réduit à la capitale Bangui. Pour Francis Laloupo, « la Centrafrique est l’exemple même du non-État, c’est un néant politique, économique et social ». Noureddine Adam a prospéré dans cette absence d’État.

Léa Ramsamy

 

 

Centrafrique: mandat d'arrêt de la CPI contre Noureddine Adam, ancien numéro 2 de la Seleka

https://www.rfi.fr/ 28/07/2022 - 17:03 Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

La Cour pénale internationale a rendu public un mandat d’arrêt visant Noureddine Adam. L’ex-numéro 2 de la Seleka est poursuivi pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis entre avril et novembre 2013 en Centrafrique. Le mandat avait été émis en janvier 2019, mais était depuis conservé sous-scellé dans l’espoir d’optimiser les chances de l’arrêter.

Ex-policier devenu rebelle, puis ministre et aujourd’hui fugitif. Noureddine Adam court toujours malgré ce mandat d’arrêt émis secrètement contre lui, il y a trois ans et demi. Malgré aussi les sanctions des Nations unies l’empêchant théoriquement de voyager. Ou encore la notice rouge d’Interpol.

Selon le mandat d’arrêt de la CPI, il aurait commis et ordonné des actes de torture, de persécution, des traitements cruels. Autant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis après la prise de Bangui par la Seleka en mars 2013 et la chute de François Bozizé. 

Sous les ordres de Noureddine Adam, devenu ministre du gouvernement de Michel Djotodia, plusieurs hommes ont été détenus de force dans les locaux de l’Office central de répression du banditisme à Bangui. Selon le procureur de la CPI, ils auraient été ciblés en raison de leur soutien supposé à l’ex-président Bozizé, en raison aussi de leur ethnie et de leur religion. 

Parmi ceux qui auraient exécuté ses ordres figure Mahamat Saïd. Lui est incarcéré dans la prison de la CPI et son procès doit débuter en septembre. Noureddine Adam est le cinquième responsable centrafricain poursuivi publiquement par la Cour depuis le début de son enquête.   

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