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Le Tchad et les rebelles signent un accord de paix au Qatar avant le dialogue national

Tchad : un "dialogue national" lancé en l'absence d'importants groupes rebelles 

Par Euronews  avec AFP  •  Mise à jour: 08/08/2022 - 14:12

Mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité, c'est l'ambition de l'accord signé ce lundi entre les autorités tchadiennes et une quarantaine de factions rebelles. L'arrangement a été validé à Doha au Qatar, après cinq mois de négociations sous l'égide de l'émirat. Il doit ouvrir la voie à la tenue d'un dialogue national pour la paix prévu à N'Djamena le 20 août.

"un moment clé pour le peuple tchadien"

Si le chef de l'ONU, Antonio Guterres, a salué "un moment clé pour le peuple tchadien". L'accord souffre de l'absence de deux des principaux groupes rebelles du pays qui ont refusé d'y prendre part. Parmi eux, le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), un groupe à l'origine de l'attaque ayant en avril 2021 tué le maréchal Idriss Déby, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans.

Depuis c'est son fils Mahamat Idriss Déby Itno qui a repris le pouvoir à la tête d'une junte militaire. Aux chefs rebelles qui ont signé l'accord, le pouvoir propose un cessez-le-feu et des garanties de sécurité. Le dialogue national à N'Djamena doit mener à l'organisation d'une élection présidentielle prévue en octobre.

Le général Mahamat Idriss Déby Itno laisse planer le doute sur un report de ce scrutin de 18 mois mais Paris, l'Union africaine et l'Union européenne poussent pour qu'il ne touche pas à ce délai.

Le Tchad, membre du G5 Sahel, est considéré comme un partenaire clé dans la lutte antijihadiste des Occidentaux, à commencer par la France, en Afrique centrale et de l'Ouest.

 

 

Le Tchad et les rebelles signent un accord de paix au Qatar avant le dialogue national

Zone Bourse

Les autorités de transition du Tchad et les groupes rebelles ont signé un accord de paix à Doha lundi, en amont d'un vaste dialogue de réconciliation nationale qui doit avoir lieu dans le courant du mois.

Une cérémonie de signature de l'accord, au cours de laquelle les parties ont accepté de prendre part à un dialogue national et inclusif, a été suivie par plus de 30 groupes rebelles et a fait suite à des mois de pourparlers dans la capitale qatarie.

Les détails, tels que la façon dont l'accord sera mis en oeuvre et comment le respect de l'accord sera contrôlé, n'ont pas été immédiatement publiés.

Une source familière avec l'accord a déclaré que ceux qui l'avaient signé avaient accepté un cessez-le-feu permanent et de travailler au désarmement des civils.

Le gouvernement militaire intérimaire du Tchad s'était également engagé à ne pas lancer d'opérations militaires ou policières dans les pays voisins contre les groupes qui avaient signé l'accord, a déclaré la source, sous couvert d'anonymat.

Le gouvernement militaire intérimaire est dirigé par Mahamat Idriss Deby, qui a pris le pouvoir l'année dernière à la suite du décès de son père.

  1. Deby s'est déclaré à la tête d'un Conseil militaire de transition en avril 2021 après que son père, Idriss Deby, dirigeant de longue date, ait été tué alors qu'il rendait visite aux troupes combattant l'insurrection rebelle dans le nord.

Initialement, son conseil a déclaré qu'il superviserait une transition de 18 mois vers un régime démocratique, mais il a montré peu de signes d'organisation d'élections à l'approche de cette échéance.

Le dialogue national, qui est censé inclure un large éventail de groupes et de partis ainsi que le gouvernement et les rebelles, doit actuellement commencer le 20 août.

Le ministre des affaires étrangères du Qatar, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, s'exprimant lors de la signature, a appelé les groupes qui n'avaient pas signé à se joindre à l'accord.

Le riche État du Golfe, le Qatar, allié des États-Unis, a facilité les négociations.

 

 

Tchad: la junte lance un dialogue national en l'absence d'importants groupes rebelles

afp le 08/08/2022 à 01:11 Mis à jour le 08/08/2022 à 13:09

Le chef de la junte au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a signé lundi au Qatar un accord avec une quarantaine de factions rebelles sur l'ouverture d'un dialogue national pour la paix le 20 août à N'Djamena, mais deux des principaux ont refusé d'y prendre part.

L'arrangement, qui prévoit notamment un "cessez-le-feu général" entre les autorités et les groupes signataires, censé ouvrir la voie au retour à un pouvoir civil, a été qualifié de "moment clé pour le peuple tchadien" par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui s'est exprimé dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha.

Le chef de l'ONU a néanmoins insisté sur la nécessité d'un dialogue "inclusif" pour que celui-ci puisse réussir.

Après des négociations qu'il a qualifiées d'"ardues", le président de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, a vanté des discussions pour "transcender des divisions devenues anachroniques".

Depuis cinq mois, différents acteurs tchadiens négocient sous l'égide de l'émirat du Golfe pour mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité dans ce pays de 16 millions d'habitants qui a connu plusieurs coups d'Etat.

Le Tchad, membre du G5 Sahel, est considéré comme un partenaire clé dans la lutte antijihadiste des Occidentaux, à commencer par la France, en Afrique centrale et de l'Ouest.

La junte tchadienne s'engage dans l'accord à assurer la sécurité des membres des groupes rebelles pour qu'ils participent au dialogue national.

Au lendemain de la mort du président Idriss Déby Itno, tué au front contre des rebelles en avril 2021, son fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, avait été proclamé président à la tête d'un Conseil militaire de transition de 15 généraux.

Il avait aussitôt promis des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois, après un "dialogue national inclusif" avec l'opposition politique et les innombrables mouvements rebelles.

- "Accord historique" -

Les négociations à Doha, avec une quarantaine de groupes armés, préalable au futur dialogue national de N'Djamena, ont abouti à la signature de l'accord de lundi.

"C'est un accord historique", s'est félicité auprès de l'AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah. "Notre porte reste ouverte pour les groupes qui n'ont pas signé".

Si le général Mahamat Idriss Déby Itno a exceptionnellement accepté de se rendre à Doha, Mahamat Mahdi Ali, le chef du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) est resté dans le désert libyen.

Le FACT, un des principaux groupes rebelles et qui est à l'origine de l'attaque ayant conduit à la mort le 19 avril 2021 du maréchal Idriss Déby Itno, qui dirigeait d'une main de fer le Tchad depuis 30 ans, a finalement décidé de ne pas signer l'accord. Dans un communiqué, le FACT a affirmé que ce "rejet est concomitant à la non prise en compte de nos revendications", comme la libération des prisonniers. Le FACT a également affirmé qu'il "reste disponible au dialogue partout et toujours".

"La guerre ne résout rien, nous voulons un règlement pacifique et politique, mais lorsque nous serons contraints à nous défendre, nous allons nous défendre", a déclaré à l'AFP Mahamat Mahdi Ali, leader du FACT, critiquant "un dialogue biaisé d'avance".

"C'est un accord qui ne résout pas la question de l'opposition armée, puisque certains des principaux groupes n'ont pas signé", a déclaré à l'AFP Jérome Tubiana, chercheur français spécialiste du Tchad et de ses groupes rebelles. "Mais ce scénario était écrit d'avance, puisque que le gouvernement avait fait le choix de diluer le poids des quatre ou cinq principaux groupes au milieu d'une représentation beaucoup plus large".

Le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR), un autre important groupe rebelle, a annoncé ne pas vouloir signer l'accord, affirmant que les "principes pour lesquels nous nous battons ne nous permettent pas de faire partie d'un dialogue dont nous ne connaissons pas les objectifs".

- "Bon départ" -

Quelque 42 des 47 groupes représentés à Doha ont apposé leur signature lundi, aux côtés du pouvoir.

Ils s'engagent ainsi à participer au dialogue national prévu à N'Djamena le 20 août en présence, selon les autorités, de plus de 1.300 représentants rebelles, issus de la société civile, des syndicats, de l'opposition et du pouvoir.

"Avoir autant de groupes signataires est un bon départ pour le dialogue national", estime le chef d'un groupe signataire sous couvert d'anonymat, soulignant que l'accord serait toutefois "plus fructueux" si le FACT en avait été également partie.

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, a déclaré lundi que l'accord vise à instaurer "une paix qui remplacera les troubles et les conflits que le pays a connus depuis de trop longues années".

Le général Mahamat Idriss Déby Itno laisse planer le doute sur un report de l'élection présidentielle, prévue en octobre si la transition n'est pas prolongée, mais Paris, l'Union africaine et l'Union européenne poussent pour qu'il ne touche pas à ce délai.

 

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