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Burkina : la police disperse une manifestation contre la présence française

 

Par Le Figaro avec AFP Publié le 12/08/2022 à 20:48

La police a dispersé vendredi 12 août à coups de gaz lacrymogènes des manifestants qui tentaient de se rassembler à Ouagadougou pour protester contre la présence de la France au Burkina Faso, a constaté un journaliste de l'AFP.

Rassemblés par petits groupes au rond-point des Nations unies, au cœur de Ouagadougou, les manifestants dont certains brandissant des drapeaux russes, ont tenté de marcher en direction de l'ambassade de France, avant d'être dispersés par la police.

C'est la deuxième fois en quelques semaines que des personnes, à l'appel d'une nouvelle coalition d'organisations rassemblées au sein du M30 Naaba Wobgo, du nom d'un ancien empereur mossi qui s'était opposé à la France au XIXè siècle, manifestent pour «la rupture de tous les accords de coopération militaire et économique» et «la fin de l'expertise technique internationale». «La manifestation a été rapidement maîtrisée. Plusieurs personnes ont été arrêtées et des engins saisis», a indiqué une source policière jointe par l'AFP, expliquant que les organisateurs «n'avaient pas d'autorisation» pour des «raisons sécuritaires non favorables au rassemblement». «Nous dénonçons les accords de partenariat économique, l'installation des détachements et des bases militaires sur le continent» africain et «exigeons le départ de la base militaire de Kamboissin (nord-ouest de Ouagadougou)», avait déclaré Monique Yeli Kam, présidente du mouvement, lors de son lancement.

La France, ex-puissance coloniale au Burkina (ex-Haute Volta), dispose d'une base militaire à Ouagadougou et son aviation intervient régulièrement depuis le Niger voisin en soutien à des opérations de l'armée burkinabé contre les djihadistes. Le Burkina Faso, où des militaires ont pris le pouvoir en janvier en promettant de faire de la lutte anti-djihadiste leur priorité, est confronté comme plusieurs pays voisins à la violence de mouvements armés djihadistes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de déplacés.

 

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