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Ménage dans l'armée au Cameroun, une bombe à retardement ?

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dw.com17h

Par Henri FotsLes autorités ont licencié 929 soldats, accusés d'avoir falsifié leur diplôme. Certains craignent que ces jeunes se tournent désormais vers d'autre horizons.

C'est un ministre de la Défense visiblement très irrité qui a fait l'annonce en fin de semaine dernière (12.08.2022). Joseph Beti Assomo, sur un ton martial, déclarait que les Armées et la Gendarmerie ne sauraient admettre dans leurs rangs des tricheurs et des faussaires :

"Les enquêteurs de demain et les défenseurs de la loi et de l'ordre ne sauraient être, avant d'entrer dans la maison, des délinquants nantis de faux diplômes, alors que d'autres jeunes Camerounais méritants et titulaires de diplômes authentiques sont laissés à la porte, lors des concours et des recrutements. Je le dis sans ambages, la tolérance zéro sera de rigueur en la matière."

Responsabilité des autorités

Si pour certains c'est la corruption à plusieurs niveaux qui a rendu possible cette situation, pour Elizabeth Tamadjong, universitaire et femme politique, il n'y a rien d'étonnant. Selon cette ancienne Secrétaire Générale du Social Democratic Front (SDF), si les forces de sécurité se retrouvent avec des tricheurs et des faussaires dans leurs rangs, les autorités ont une part de responsabilité.

Le gouvernement  manquerait de sérieux et de compétences pour procéder à de meilleurs recrutements dans l'armée estime-t-elle : "Maintenant, quand vous jetez ces gens-là dehors, vous ne savez pas ce qu'ils vont faire, parce qu'ils ont déjà touché les armes. Ils pourront même défier l'Etat, voire intégrer d'autres groupes pour lutter contre l'Etat."

Les populations craignent en effet désormais que ces soldats bien formés mais mis au chômage ne représentent un danger pour la sécurité nationale.

Enquêtes militaires

Ils sont en tout 929 personnels dont 8 élèves officiers, 43 élèves sous-officiers, 898 recrues, radiés des effectifs pour faux diplômes de masters, licences, baccalauréats, probatoires et brevet d'études du premier cycle. Plusieurs vérifications auraient été effectuées auprès des administrations et institutions chargées des examens officiels tant au Cameroun que dans des pays étrangers où des missions militaires d'enquête auraient été mise à contribution.

Le ministre Joseph Beti Assomo annonce que des dispositions sont déjà prises pour remplacer les faussaires par des candidats méritants, qui sont plus de 100.000 et qui remplissent, selon lui, toutes les conditions physiques et intellectuelles.

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