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Les pygmées victimes de violences dans l'est de la RDC

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dw.com

Par Nety Zaidi Zanem | il y a 23h

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Contraints de résider dans une agglomération, les membres de ce peuple autochtone vivent mal le fait qu’ils aient dû fuir leur habitat forestier.

Dans la chefferie de Babila Bakwanza, dans la province de l'Ituri, située dans l'est de la RDC, des violences conduites par des groupes armés contre les populations civiles ont obligé plusieurs milliers de personnes à quitter leurs villages.

Parmi ces déplacés qui se sont réfugiés dans la ville de Mambasa, se trouvent des pygmées. Contraints de résider dans une agglomération, les membres de ce peuple autochtone, vivent mal le fait qu’ils aient dû fuir leur habitat forestier. 

Nous sommes au quartier Kisanga, non loin de l'hôpital général de référence de Mambasa, à plus de 160 kilomètres au sud de Bunia. Ici, une cinquantaine de familles pygmées a été accueillie dans une église.  

Madame Hélène qui nous accueille, vient du village de Mabukulu, à 27 kilomètres à l'est de Mambasa. Elle indique avoir dû fuir sans pouvoir prendre le nécessaire pour ses enfants et ses petits-enfants. Depuis, son quotidien a changé.

"Ce sont les difficultés qui nous ont fait fuir. Nous sommes obligées de fuir dans des endroits où personne ne nous connait. Nous avons abandonné nos biens en désordre. Les difficultés sont la faim et le manque de produits d'hygiène tels que le savon. Regardez vous-mêmes notre état. Que les décideurs nous viennent en aide ", lance Hélène.

Déjà plusieurs décès

Le service des affaires sociales reconnaît les difficultés auxquelles font face les pygmées. Marcel Maneno, un des responsables de ce service dans la chefferie de Babila Babombi, confie que plusieurs décès ont déjà été enregistrés parmi les déplacés pygmées et il explique le manque de moyens dont il dispose pour leur venir en aide. 

"De notre côté, en tant que service étatique, nous les avons identifiés, nous avons cherché à connaître leurs besoins afin de les diriger vers qui de droit. Nous continuons à assister à leur misère mais nous n'avons rien à leur donner parce que nous sommes aussi démunis. Le peuple pygmée voudrait retourner dans son milieu naturel, c'est pourquoi nous demandons au gouvernement congolais de rétablir le plus vite possible la paix dans leur milieu d'origine pour que ces derniers puissent vivre tel qu'ils vivaient avant la guerre ", explique Marcel Maneno, un responsable du service des affaires sociales.  

Voir les images dans l'appli et economisez jusqu'à 80% de dataLes violences des groupes armés ont poussé de nombreux habitants dans l#est de la RDC, à chercher des abris plus sécurisés

Les humanitaires se mobilisent

Le flux de déplacés vers la cité de Mambasa inquiète les humanitaires présents dans la zone. Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha) a réuni toutes les organisations locales afin d'évaluer la situation sécuritaire et humanitaire.  

" Nous nous sommes réunis avec bien d'autres partenaires sous l'égide de l’Ocha. Cette réunion avait pour objectif notamment la situation humanitaire et les conditions dans lesquelles vivent les déplacés, y compris les pygmées, et on s'est tous rendu compte que les déplacés vivent dans des conditions déplorables. Il y a eu une étude multisectorielle d'évaluation menée par tous les partenaires pour essayer de révéler les besoins prioritaires des déplacés. Le rapport qui est en cours d'évaluation sera partagé avec partenaires éventuels qui pourraient appuyer les organisations œuvrant à Mambasa ", estime  Edward Imiamudanga, chargé de projet au sein de la Caritas Wamba, bureau de Mambasa. 

Voir les images dans l'appli et economisez jusqu'à 80% de dataLes déplacés sont toujours nombreux dans l'est de la RDC

Selon les deniers chiffres de ces organisations humanitaires, environ 40.000 déplacés sont arrivés à Mambasa depuis le début des violences sur l'axe routier Mambasa-Komanda.  

Pour le seul mois d'août, près de 20.000 déplacés sont arrivés dans la cité de Mambasa. La plupart sont concentrés dans treize camps de fortune. Les autres sont hébergées dans des églises, écoles et autres édifices publics. Aucune autre assistance n'a été mise à leur disposition jusqu’à ce jour. 

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